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Publié le 06 avril 2016 / par Sébastien / Temps de lecture estimé 5 min.

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Tout savoir sur les différents types de dyspraxie

La dyspraxie est connue depuis fort longtemps dans le cadre des enfants infirmes moteurs cérébraux ou dans celui des grands prématurés. Depuis quelques années on repère les mêmes difficultés chez des enfants en dehors de toute pathologie néonatale. On connaît aussi maintenant le risque de troubles praxiques chez les enfants présentant un trouble envahissant du développement ou les enfants précoces. Cette dyspraxie est souvent associée à d’autres troubles tels que la dyslexie, dyscalculie, troubles de l’attention…On parle de la « constellation des dys ».

Qu’est ce que la dyspraxie ?

La dyspraxie est un trouble qui touche la mise en place des habiletés motrices et gestuelles. L’apprentissage puis la réalisation d’un geste implique :

  • De bonnes compétences motrices,
  • Un système sensoriel intègre et performant,
  • La bonne planification du geste à accomplir : elle va devenir efficiente par l’apprentissage et va aussi se moduler à chaque nouvelle expérience par le feed- back.

Il existe deux phases lors d’un apprentissage du geste :

  • Une phase intentionnelle, où le sujet exerce un contrôle volontaire sur l’ensemble des processus de régulations nécessaires ;
  • Une phase d’automatisation où le système consolide les programmes nouvellement élaborés puis les exécute à moindre coût attentionnel.

On peut normalement s’attendre à ce que les praxies soient fonctionnelles dans l’ensemble des Activités de la vie quotidienne et scolaires vers l’âge de 11 ans. Les enfants dyspraxiques ne passent pas à la phase d’automatisation, ils exercent donc toujours un contrôle volontaire extrêmement coûteux entraînant une fatigue qui n’est pas toujours reconnue.

Les différents types de dyspraxie

Elles sont le plus souvent imbriquées les unes entre les autres et on retiendra comme terme pour le diagnostic celle qui est la plus marquée.

  • La Dyspraxie gestuelle: Elle peut toucher les gestes globaux (marche, vélo, natation..) ou fins (ustensiles de cuisine, ciseaux, collage, trombone…).
  • La dyspraxie bucco-faciale: elle ne permet pas l’imitation ou l’exécution d’un geste de la bouche ou du visage. Ces enfants mangeront salement, auront des difficultés à se moucher…
  • La dyspraxie constructive qui concerne les activités où l’on doit assembler plusieurs éléments en 3 D (construction avec des cubes mais aussi remonter un mixer, monter un meuble en kit…).
  • La dyspraxie visuo-spatiale avec ou sans trouble du regard: L’enfant aura du mal dans les reproductions des relations spatiales en 2 D (puzzles, dessins, géométrie, coloriage puis graphisme).
  • La dyspraxie oculo-motrice : l’enfant présente des troubles de la fixation, des poursuites oculaires…
  • La dyspraxie de l’habillage: elle est rarement isolée. L’enfant est lent pour s’habiller, il n’arrive pas à ajuster correctement ses vêtements. L’utilisation des boutons, des fermetures à glissière et le laçage est un calvaire.

Cadres d’habillage Montessori pour s’exercer 

cadre-habillage-montessori

Retrouvez dans notre rubrique Dyspraxie l’ensemble des outils et jeux qui pourront être votre enfant.

La prise en charge en ergothérapie

Les objectifs peuvent être les suivants :

  • Favoriser l’autonomie dans les gestes du quotidien en utilisant des techniques particulières d’apprentissage ou des mises en place de moyen de compensation
  • Mettre en place de nouvelles stratégies fiables tout particulièrement dans le traitement des informations spatiales
  • Revaloriser l’enfant et sa famille
  • Rôle de guidance

Les séances sont basées sur l’utilisation de jeux ou d’activités sollicitant tout particulièrement les manipulations, les préhensions fines, les notions spatiales et le regard. Le travail est verbalisé. En fonction des demandes du patient, des  mises en situation de la vie quotidienne (lacer, éplucher un fruit, plier un vêtement, balayer, conduire, repasser…) peuvent être proposées.

Dans le cas des dysgraphies dyspraxiques nous pouvons être amenés à proposer des moyens de compensation tel que l’apprentissage du clavier informatique. C’est un outil uniquement palliatif qui ne peut pas être considéré comme une baguette magique, et tout particulièrement dans le cas des TED, car l’intensité des autres paramètres peut remettre en cause son utilisation.

L’écriture manuelle n’est jamais totalement abandonnée et la mise en place de photocopies ou l’intervention d’une AVS à l’école sont souvent nécessaires.

Le rôle de guidance prend une place primordiale dans la prise en charge de l’ergothérapeute. Elle peut aussi bien être au niveau de la famille que des enseignants ou des AVS. L’ergothérapeute va pointer et expliquer les difficultés et les décomposer, afin d’offrir des pistes pour des   adaptations pédagogiques possibles.

En fonction de l’intensité du trouble, et des moyens de compensation mis en place spontanément par l’enfant, les répercussions fonctionnelles et psychologiques seront plus ou moins visibles. Les prises en charge proposées par l’ergothérapeute ne font pas disparaître le trouble mais permettent à l’enfant de mettre en place des stratégies de compensation. En outre le rôle de guidance tant au niveau familial que scolaire est indispensable pour adapter les exigences et proposer des aménagements pédagogiques ou dans la vie quotidienne qui limiteront la souffrance de l’enfant.

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A propos de l'auteur

Sébastien est webmaster au sein de la société Hop'Toys. Il est chargé du développement, du référencement et de l'intégrité des sites et des blogs de la société.



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