Entre 1 et 10 enfants sur 1 000 sont atteints du Syndrome Gilles de la Tourette. Touchant environ 4 garçons pour une seule fille, l’idée du Syndrome Gilles de la Tourette surprend et impressionne. Mais qu’est-il vraiment ? Quels sont ses symptômes et comment un élève porteur de SGT peut-il vivre sa scolarité ? Hop’Toys vous en dit plus dans cet article !

Le Syndrome Gilles de la Tourette, qu’est-ce que c’est ?

Décrit pour la première fois au XIXème siècle par le neurologue français Gorges Gilles de la Tourette, le SGT est un trouble neuropsychiatrique chronique n’a pas d’origine clairement identifiée. Il est caractérisé par la présence de tics moteurs et/ou de tics sonores.

Simples ou complexes, ces tics ne sont pas contrôlables par l’enfant et surviennent parfois en rafale. L’arrivée des tics est généralement précédées par un sentiment de tension ou de désagrément physique ou psychique – que les tics peuvent soulager. Fatigue, stress, anxiété et excitants favorisent la fréquence et l’intensité des tics ; le sommeil, les sensations et situations de bien-être ainsi que des activités de concentrations peuvent diminuer les atténuer. Par ailleurs, le Syndrome Gilles de la Tourette peut éventuellement générer un ou plusieurs autres troubles du comportement, à savoir des troubles du sommeil, des TDA/H, des TOC, des crises de panique et/ou rage mais aussi des troubles de l’apprentissage.

Les tics moteurs sont liés à des contractions musculaires involontaires. Simples, ce sont des mouvements brusques, tels que des crispations de la bouches, des secousses de tête, clignements des yeux et des haussements d’épaules. Complexes, ils s’apparentent à des mouvements plus coordonnés et compliqués, comme toucher, frapper, sentir. Les porteurs de SGT peuvent également faire de la copropraxie, à savoir la réalisation de gestes obscènes, ou de l’échopraxie soit l’imitation d’autrui.

Les tics sonores simples peuvent être des reniflements, des grognements, des cris, des rires ou des clappement de langue. Les tics sonores complexes peuvent se caractériser de palilalie (répétitions des sons et des mots), d’écholalie (imitation de ce que dit autrui) ou de coprolalie (langage obscène et/ou grossier).

Les enfants porteurs de SGT sont souvent particulièrement distraits et lunatiques. Il est difficile pour eux de se focaliser et d’être attentifs.

Il n’est parfois pas banal que l’enfant effectuent des actes d’automutilations sous le coup de la colère. Il peut se frapper ou se précipiter volontairement vers un obstacle. La colère lui est difficile à gérer, et il peut développer de nombreux troubles anxieux. De ce fait, une prise en charge rapide est nécessaire pour le bien-être de l’enfant.

Être enseignant d’un élève porteur du Syndrome Gilles de la Tourette

Vous êtes enseignant et le comportement de l’un de vos élèves fait echo aux actes précédemment cités ? Hop’Toys est là pour vous donner quelques conseils – non exhaustifs.

  • Restez attentif à cet élève et à ses besoins. Observez-le et prenez éventuellement des notes pour comprendre en quelles situations se déclenchent ses tics, à quelle fréquence et, ainsi, essayer de déceler les éléments/moments qui provoquent ses tics.
  • N’hésitez pas à discuter avec les parents pour en savoir plus. Exposez-leur vos observations et interrogez-leur sur le comportement de l’enfant à la maison. Généralement, les parents vous en apprendront plus sur la situation. Mais, parfois, les parents n’auront pas encore eu l’occasion de notifier les tics de leur enfant, et vous leur permettrez d’être mis au courant.
  • Si aucun diagnostic n’a été posé jusqu’ici et/ou que les parents n’ont aucune idée de ce qui peut provoquer le comportement de l’enfant, n’hésitez pas à les informer des services de prises en charge existant. Et, surtout s’ils ne savent pas comment gérer la situation, encouragez-les à consulter un professionnel. Peut-être que l’enfant souffre seulement de quelques tics transitoires, que ce n’est qu’une période… Quoi qu’il en soit, il est nécessaire de savoir ce qu’il en est.

  • Si un diagnostic STG a été posé, prenez le temps d’en parler avec l’enfant. Évitez à tout prix de n’évoquer le sujet qu’avec ses parents et de le laisser à l’écart ; il est le premier concerné par les évènements. Si l’enfant ne souhaite pas en discuter, respectez ce choix. L’enfant est le premier à souffrir de la situation et peut se retrouver dépasser par le syndrome. Ne lui en tenez pas rigueur et, surtout, faites-lui savoir qu’il peut compter sur vous.
  • Avec l’accord de l’enfant, prenez le soin d’informer la classe de la situation. Ses camarades sont également concernés ; il est important qu’ils soient au courant et sensibilisé au syndrome de l’élève porteur. Soyez pédagogue, expliquez les choses avec précision, répondez aux questions. Dites très clairement à vos élèves que leur camarade ne peut pas contrôler ses tics et qu’il est primordial de leur part qu’ils ne le rejettent pas et qu’ils restent bienveillants à son égard.
  • Prônez la bienveillance et le respect. Rappelez à votre classe que toute imitation des tics de l’enfant serait un acte hostile et irrespectueux.
  • Avec l’accord des parents de l’enfant, n’hésitez pas à organiser une réunion de parents d’élèves. Le but est de leur faire part de la présence d’un élève STG au sein de la classe pour les inclure à la situation et, surtout, les informer, les rassurer et les sensibiliser. Insistez sur le fait que, non, l’enfant n’est ni dangereux, ni violent, ni malintentionné. Laissez-les s’exprimer et poser des questions. Évoquez – et développez si besoin – les notions de d’acceptation, de bienveillance et d’inclusion.

  • Prévenez vos collègues enseignants. Peut-être pourront-ils parler du syndrome Gilles de la Tourette et sensibiliser leurs propres élèves à la différence et au handicap. Il est très important que la globalité des gens entourant l’enfant soit mise au courant et sensibilisée autant que possible. En effet, la prévention et la sensibilisation permettra de limiter les risques de harcèlement.
  • Parlez avec le chef de l’établissement scolaire. Tâchez de trouver des solutions inclusives et bienveillantes avec lui. Avec lui et vos collègues, imaginez  la possibilité d’aménagement pour les examens (temps supplémentaire, etc),  et autres idées permettant le bien-être de l’enfant. Envisager, peut-être, le projet de développer des espaces dédiés au calme – cela pourrait servir à tous les enfants porteurs de troubles et/ou handicaps sensoriels et psychiques par exemple.

Il est primordiale de sensibiliser ses élèves et d’inclure la personne porteuse du Syndrome de Gilles de la Tourette. Bienveillance et adaptabilité sont les notions phares de cet accueil. 

Sources :

Le syndrome de Gilles de la Tourette. Encyclopédie Orphanet Grand Public. Philippe Damier. Orphanet. 2007

Docteur Arnault Pfersdorff, Syndrome de Gilles de la Tourette: qu’est-ce que c’est?, Pediatre-online, 17/01/2017

Association Française du Syndrome de Gilles de la Tourette

Passionnée d'art et d'écriture, Audrey est assistante digital content manager et créatrice de contenus visuels et rédactionnels sur le blog.

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