Depuis sa jeune enfance, Anaïs Lucot THQI (Très Haut Quotient Intellectuel) a été confronté à énormément de difficultés et elle a trouvé des stratégies pour les affronter. Aujourd’hui, elle accompagne les enfants HPI (Haut Potentiel Intellectuel) afin de leur rappeler que nous sommes tous différents et qu’il faut faire de cette différence une force, un atout. Découvrez son portrait !

Pouvez-vous vous présenter ?

J’ai été confronté à énormément de difficultés depuis ma jeune enfance et j’ai trouvé des stratégies pour les affronter. Aujourd’hui, à 20 ans, j’ai le recul nécessaire pour comprendre ce dont j’aurais eu besoin dans ces moments-là, ces moments où je ne me sentais comprise par personne autour de moi, même par mes parents… 

Je sais identifier comment parler à des enfants précoces, je sais comment communiquer avec vous, parents, pour que vous puissiez comprendre votre enfant et que votre enfant se sente compris. Étant THQI (Très Haut Quotient Intellectuel), j’ai la chance d’être autant HPI (Haut Potentiel Intellectuel) que HPE (Haut Potentiel Émotionnel) et je vis un équilibre harmonieux entre les deux. Je peux ainsi comprendre les deux modes de fonctionnement : c’est juste moi. Je suis capable de comprendre une personne haut potentiel, de lui décrire ce qui se passe dans son cerveau, comment elle fonctionne, et lui expliquer ce fameux « pourquoi ». 

Étant donné mon expérience, mon vécu, ma compréhension et mon introspection profonde qui m’ont construite, je suis en mesure d’avoir les mots sur les maux pour les parents d’enfants précoces, mais aussi pour les zèbres eux-mêmes. 

Anaïs Lucot THQI

>> À lire aussi : « EHP : Les élèves à Haut Potentiel ».

À quel âge avez-vous été diagnostiquée THQI ?  

J’ai d’abord eu un premier diagnostic à 15 ans qui a été confirmé par un second à 19 ans. À 15 ans, je n’avais pas été en mesure de l’accepter, étant donné que ce chiffre pour moi ne voulait rien dire. J’ai eu besoin d’avoir la confirmation à 19 ans pour mieux comprendre ce que je vivais et comment je fonctionnais. 

Aujourd’hui, quels conseils apporteriez-vous à des enfants qui viennent d’avoir le même diagnostic ?  

J’ai été cet enfantlà et je coache d’ailleurs des enfants. Je pense que leur expliquer simplement comment ils fonctionnent (comme décrit plus bas), leur permettra de se sentir compris. Et surtout, leur rappeler que leurs différences sont des vraies forces. Qu’ils doivent croire en eux et ne pas douter. Car c’est formidable d’être haut potentiel, c’est un vrai atout. Enfin, je pense qu’un enfant haut potentiel se sent souvent incompris par ses parents, tout comme les miens ont été dépassés. J’ai aussi en coaching des parents à qui j’explique simplement encore une fois comment nous fonctionnons. Une fois l’alliance enfant-parent faite, l’enfant se sent rassuré et compris, et ça, c’est vraiment important pour un enfant. 

Quelle est la différence entre THQI et HP ? 

Le Très Haut Quotient Intellectuel (THQI) se définit scientifiquement parlant quand le score de QI arrive au seuil de 145. 

A 130, on parle de Haut Potentiel. 

La grande différence, pas dans tous les cas, mais majoritairement, c’est que le THQI serait à la fois Haut Potentiel Intellectuel (HPI) et à la fois Haut Potentiel Émotionnel (HPE). Un HP ne sera souvent que l’un des deux. Après, ce n’est pas une science exacte, mais en principe, c’est le cas. 

Haut Potentiel Intellectuel

Le HPI se caractérise par une pensée rapide et en arborescence (mille pensées en même temps). Je suis autodidacte dans tout et j’ai une énorme mémoire. J’ai une grande créativité, beaucoup d’imagination. Et je suis très rapide pour réaliser des tâches. Je suis également très perfectionniste envers moi-même. J’ai une analyse fine des choses, et pour moi, un problème égale une solution. Dans ma tête, tout est équation.  

Haut Potentiel Émotionnel

Le HPE se caractérise, lui, par une grande hypersensibilité du monde : tous ses sens sont hyper développés. Je suis par exemple très sensible aux bruits, à la lumière, etc. Mon cerveau capte le moindre détail même au sein d’une conversation. Les mots sont très importants, et peuvent avoir de lourdes répercussions. Avoir une intelligence émotionnelle, c’est être connecté profondément à son cœur, à ses émotions. Je suis également très empathique et globalement, tout est dans les extrêmes chez moi. Pas de demi-mesure. Je ressens les émotions des autres comme si elles étaient les miennes. Je sais très bien gérer des conflits internes et être le « modérateur » pour apaiser une situation tendue. La parole suffit à résoudre tout dans ce genre de situation.   

>> À lire aussi : « Focus sur la douance avec Alexandra du blog « Les tribulations d’un petit zèbre ». 

Pouvez-vous nous parler de votre scolarité ?

Ma scolarité… peu commune pour une surdouée. Tout commence quand je suis en maternelle. Je remarque déjà ma différence, je ressens que je ne fonctionne pas comme les autres enfants, et surtout je suis seule. Je ne connais pas les codes sociaux et il me faut beaucoup d’observation pour être capable de m’intégrer. Arrivée au collège, je subis un harcèlement physique et moral qui se poursuit pendant ma première année de lycée. Les relations sociales à cet âge-là, c’est compliqué. Personne ne me comprenait, même pas les adultes. Je décide de changer de lycée, de passer double BAC, à la fois scientifique et littéraire. Je suis à la fois sportive de haut niveau en patinage artistique et détectée parmi les jeunes espoirs de ma génération, je patine 25h par semaine en plus des cours. 

Baisse des résultats scolaires

À 15 ans, mes notes chutent brutalement. Personne ne comprend et c’est dans ces circonstances que le premier test de QI se déroule, réalisé par une neuropsychologue. Je suis en classe scientifique et les professeurs ne comprennent pas pourquoi une surdouée a 3 en maths. À titre d’exemple, pour une équation j’ai directement la solution sans savoir les étapes d’avant. Alors, j’accepte les 3/20, les critiques des professeurs et des élèves. Je finis par obtenir mes deux BAC. 

Non, une personne avec Haut Potentiel Intellectuel n’est pas forcément celle qui réussit à l’école, pas toujours.  

Depuis le lycée, j’ai tenté la faculté de philosophie et j’ai vraiment compris que les chemins académiques n’étaient pas faits pour moi. Alors, je me suis formée en hypnose, EFT, magnétisme, sophrologie, massage, et 3 ans plus tard, Victoires de Zèbres est né. J’accompagne les hauts potentiels, les parents d’enfants précoces, mais aussi les adultes et les hypersensibles sur différentes problématiques. 

Aujourd’hui, j’ai fait de mon passé une véritable force. Il m’a fallu faire une énorme introspection, comprendre qui j’étais. Le fruit de mes expériences passées fait que j’ai pu faire de ma particularité un atout.  Le vrai combat, c’est que nous soyons reconnus. Peu nous connaissent, car nous sommes une minorité. Et je ne veux plus que des zèbres, peu importe leurs âges, soient en souffrance. Je suis justement là pour ça : apporter de vraies solutions. 

Infographie "EHP : Les élèves à haut potentiel"

>> À télécharger aussi : « Infographie : Les Élèves à Haut Potentiel ».

Comment diriez-vous que vous apprenez et que vous progressez le mieux ? 

Ma méthode d’apprentissage ne rentre dans aucune case, car je ne rentre dans aucune case sociétale. J’ai tout appris en autodidacte, au contact de la vie, en expérimentant, en contact avec des professionnels. La meilleure école est l’école de la Vie. C’est en empruntant des chemins non standards que je progresse le mieux. J’en apprends tous les jours et chaque coaching me nourrit à l’intérieur. 

Auriez-vous quelques anecdotes à nous raconter sur votre enfance en lien avec votre THQI ? 

Depuis petite, dès la maternelle, j’ai senti une différence remarquable avec les autres enfants. Mes parents ne savaient plus quoi faire de moi… 

En maternelle, lorsqu’on nous demande de transformer un bonbon bleu en bonbon blanc, tous les enfants ont l’idée de le peindre et je me souviens avoir été la seule à penser à enlever le colorant. En CP, alors qu’on apprend à nous servir d’un ordinateur, je fais semblant de chercher les touches tout doucement ! La vérité, c’est qu’à cet âge, je savais déjà me servir d’un ordinateur, mais aussi pirater les systèmes informatiques sans que l’institutrice s’en doute… J’ai été confronté à énormément de difficultés depuis ma jeune enfance et j’ai trouvé des stratégies pour les affronter. 

Qu’est-ce qui a été le plus difficile pour vous ?  

Le plus difficile et la première étape est d’accepter sa différence alors que les THQI, il y en a peu. Le système scolaire actuel n’est absolument pas adapté à des personnes atypiques et c’est ce qui a été le plus dur. L’incompréhension des professeurs, de mes camarades et de mes parents, et aussi l’immense solitude de ne jamais se sentir comprise. Mais une fois les bonnes personnes trouvées pour nous accompagner, la vie devient merveilleuse et prend sens. 

Enfin, si des parents d’enfants précoces me lisent, je tiens à leur dire qu’être hyperactif et avoir des troubles de la concentration, c’est fréquent chez des enfants précoces, tout comme certains troubles du spectre autistique.  

Retrouver Anaïs sur Instagram : @victoires_dezebres 

 

Alexandra est chargée des partenariats influenceurs et rédactrice d'articles sur le blog.

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