« On a essayé les pictos. Ça n’a pas marché. »
Combien de fois a-t-on entendu cette phrase ? Les familles et les équipes qui accompagnent une personne autiste peuvent en témoigner.
Et si le problème ne venait pas des pictogrammes eux-mêmes? Et si la clé est dans la façon dont nous les utilisons ?
Dans cet article, nous explorons les dernières recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS 2026) sur l’autisme et la Communication Alternative et Améliorée ( CAA). Notre objectif ? Comprendre ce que c’est, et comment la mettre en place de façon vraiment individualisée. Etes-vous prêts ? C’est parti !
La CAA, c’est quoi exactement ?
La communication alternative et améliorée (CAA), c’est l’ensemble des outils qui viennent soutenir ou remplacer la parole quand elle est difficile, absente, ou insuffisante.
Supports visuels, pictogrammes, photos, mots écrits, appareils vocaux… Il en existe pour tous les profils, tous les âges, toutes les situations.
Ce que les recommandations HAS 2026 rappellent clairement : la CAA n’est pas réservée aux situations les plus complexes. Elle fait partie du socle de l’accompagnement dans le TSA, dès le départ.
Et surtout — c’est là que tout se joue — elle doit être adaptée à chaque personne.

>> Infographie : « Qu’est-ce que la Communication Alternative Améliorée ( CAA)?
>>Télécharger le livre blanc : »Comment réussir son projet CAA ?
Ce que disent les recommandations HAS 2026
Les textes officiels sont rarement simples à lire. Voici l’essentiel, traduit concrètement.
La HAS rappelle que la CAA peut être mise en place sans aucun prérequis de langage oral. On n’attend pas que l’enfant « soit prêt » ou qu’il ait déjà quelques mots. On commence, et on adapte.
Autre point important, qui rassure beaucoup de familles : la CAA ne freine pas le développement verbal. Et bien, c’est le contraire ! La compréhension facilite l’expression. Mieux on comprend, mieux on peut s’exprimer. Les études vont dans ce sens, et les recommandations le confirment.
Concrètement, quelles sont les recommandations de La HAS? :
le support doit être adapté au fonctionnement cognitif et sensoriel de la personne.
il doit être généralisé dans tous les lieux : maison, école, soins, loisirs.
il ne doit pas être retiré trop rapidement, même quand les premiers progrès apparaissent.
Plus qu’un outil, c’est un projet individualisé. La CAA efficace nécessite une cohérence et coordination entre tous les partenaires : professionnels, famille, AESH, enseignants. Cette coordination est clé pour la réussite !
>> Lire les recommandations HAS
Pourquoi « mettre des pictos » ne suffit pas
Dans l’autisme, les difficultés de communication ne concernent pas uniquement la sphère orale, c’est à dire, parler. Elles impactent à d’autres compétences comme la compréhension implicite, la gestion des transitions, l’expression des émotions ou la régulation du stress.
Un support visuel bien choisi peut rendre le monde plus lisible. Moins anxiogène. Plus prévisible.
Un support mal adapté ne sert pas à grand-chose. Si c’est trop chargé, pas assez compris, utilisé seulement « quand ça va mal » l’outil ne sera pas utile.
La bonne question n’est pas : « avons nous des pictos ? » La question est : « est-ce que ce support correspond au fonctionnement de cette personne, aujourd’hui ? »
Comme indique la HAS, on construit un projet de communication individualisé. Nous ne « donnons pas des pictogrammes ».

CAA individualisée : qu’est-ce que cela signifie vraiment ?
Adapter le niveau. Certaines personnes comprennent mieux des photos réelles que des pictogrammes abstraits. D’autres préfèrent les mots écrits. Comment savons nous que c’est le bon niveau ? Tout simplement, quand les pictos sont faciles à comprendre et la personne peut les utiliser.
Réduire la charge cognitive. Un support peut être « bon » sur le papier et trop lourd dans la vraie vie. Combien d’informations à la fois ? Le message est-il clair au premier coup d’œil ? En TSA, la simplicité est souvent une condition de l’autonomie.
Rendre le temps visible. Le début et la fin d’une activité, les étapes, les changements de programme. Rendre explicite ce qui reste implicite. Ce n’est pas infantiliser — c’est sécuriser.
Assurer la continuité entre tous les lieux de vie. C’est souvent là que les projets CAA s’essoufflent. La personne doit utiliser de façon généralisé l’outil de CAA. Pour qu’un support ait vraiment de l’impact, il doit circuler avec les mêmes mots, les mêmes repères partout. Pas uniquement en séance.
Pas besoin de tout mettre en place en même temps. L’important, c’est de démarrer simple.
Une routine du matin. Une séquence pour aller aux toilettes. Trois icônes : « pause », « stop », « encore ». Un support pour dire « j’ai besoin d’aide ».
Et surtout : les adultes modélisent. On montre, on pointe et on utilise le support soi-même. Sans exiger que la personne le fasse tout de suite.
On observe, on ajuste et on enrichit quand c’est stable. Et on ne retire pas trop vite, même quand ça va mieux.
Par où commencer ?
TAKK un outil allié pour la individualisation et personnalisation de la CAA
Parmi les outils qui peuvent soutenir une démarche CAA individualisée, les supports visuels personnalisables ont l’avantage de s’adapter au rythme et aux besoins de chacun.
C’est ce que propose TAKK : un support concret, modulable, pensé pour le quotidien — à la maison, à l’école, en déplacement.
L’intérêt n’est pas d’avoir un outil de plus. C’est de pouvoir le configurer vraiment pour la personne : choisir six à huit items utiles au départ, construire une routine « matin » ou « devoirs », intégrer un espace pour exprimer un besoin ou demander une pause.
Quand une personne peut dire « j’ai besoin », « j’arrête », « je n’ai pas compris »… le quotidien change.

À retenir !
Les recommandations HAS 2026 nous invitent à :
– mettre en place la CAA précocement
– l’individualiser réellement
– ne pas la retirer trop vite
– assurer la cohérence entre environnements
– travailler en collaboration pros–familles
La question n’est pas : “A-t-on un support visuel ?”
La question est : “Ce support correspond-il au fonctionnement de cette personne, aujourd’hui ?”


