Festival inclusif : à UNIQUES, la régulation sensorielle partout
Le samedi 12 septembre, Hop’Toys revient au Festival UNIQUES, à la Cité du Cinéma de Saint-Denis. Pour cette deuxième participation, nous installons un espace calme de 45 m² ainsi qu’un bar sensoriel. Un festival inclusif se construit dès le départ : en pensant l’environnement pour que chaque personne puisse participer pleinement.
UNIQUES 2026 : rendez-vous le 12 septembre à Saint-Denis
L’association Diversidays organise UNIQUES, le festival de l’égalité des chances. Au programme : emploi, orientation, santé mentale, entrepreneuriat, tech et IA, transition écologique. Une journée entière de rencontres, d’ateliers et de job datings, entièrement gratuite et ouverte à tout le monde sur réservation.
Après le Parc Floral de Paris en 2025, l’événement s’installe cette année à la Cité du Cinéma, de 10h à 22h. Et nous y serons pour la deuxième année consécutive ! Plus d’informations sur le site du Festival UNIQUES.
Pourquoi un dispositif sensoriel dans un festival inclusif ?
Un festival, c’est un environnement riche en stimulations. Du son, de la lumière, du monde, de l’attente, des sollicitations qui s’enchaînent pendant des heures. Beaucoup de personnes apprécient cette énergie et ont aussi besoin de temps de récupération. D’autres ont besoin d’aménagements pour en profiter sereinement.
C’est notamment le cas des personnes neurodivergentes : personnes autistes, avec un TDAH, hypersensibles, ou ayant des particularités de traitement sensoriel. Or un festival de l’emploi offre de vraies opportunités. Un job dating, une conférence, une rencontre avec un recruteur : autant de moments qui gagnent à rester accessibles à toutes et tous.
L’accessibilité sensorielle est l’une des composantes d’un festival inclusif, aux côtés de l’accessibilité physique, auditive, visuelle et cognitive. Notre dispositif s’adresse donc en priorité aux personnes ayant des besoins sensoriels marqués. Et comme souvent, ce qui est indispensable à certaines personnes améliore l’expérience de beaucoup d’autres.
Adapter l’environnement, plutôt que demander en permanence aux personnes de s’adapter.
L’espace calme : 45 m² et plusieurs façons de se réguler
Nous installons sur le festival un espace dédié de 45 m², organisé en plusieurs zones. Chaque zone répond à un besoin de régulation différent.
Dans un festival inclusif, cette diversité compte. Car il existe autant de façons de se réguler que de personnes. Certaines ont besoin de réduire les sollicitations : moins de son, moins de lumière, moins de monde. D’autres préfèrent s’isoler quelques minutes avant de repartir. D’autres encore ont besoin de bouger pour se recentrer.
L’espace propose donc plusieurs configurations. Il met aussi à disposition des outils de régulation sensorielle à tester sur place. En circulant d’une zone à l’autre, on comprend très vite que la régulation prend des formes variées.
Sa fonction première reste l’accessibilité. Le confort qu’il apporte à l’ensemble du public constitue un bénéfice complémentaire, réel et précieux. Mais l’objectif premier consiste bien à permettre à des personnes de participer pleinement à la journée.
Cette approche rejoint d’ailleurs une annonce forte de la Conférence nationale du handicap 2026 : la création d’un guide sur les espaces sensoriels lors des événements. Autrement dit, ce type de dispositif entre désormais dans la doctrine publique. Ce qui relevait hier de l’initiative devient un standard que l’on peut documenter, outiller et partager.
Le bar sensoriel : ses outils partout dans le festival
Nouveauté de cette édition : un bar sensoriel installé au cœur du festival. Toute personne qui en ressent le besoin peut y emprunter un sensory bag. Ce sac regroupe les essentiels pour gérer les sollicitations sensorielles au fil de la journée.
L’idée paraît simple, et pourtant elle change beaucoup de choses. En effet, la régulation gagne à rester possible partout, et pas seulement dans l’espace calme. Sinon, il faut quitter la conférence ou interrompre l’entretien pour aller chercher ses outils.
Un festival inclusif rend donc la régulation possible partout. Avec le sac sensoriel, les outils accompagnent la personne tout au long de son parcours. On peut ainsi suivre un talk, participer à un job dating ou échanger sur un stand en gardant ce dont on a besoin. Les bons outils, au bon endroit, au bon moment.
Là encore, le calendrier national suit le même chemin. La CNH 2026 annonce en effet l’expérimentation de l’autorégulation dans l’enseignement supérieur. Elle prévoit également la poursuite du programme Atypie Friendly, destiné aux étudiantes et étudiants ayant un trouble du neurodéveloppement. L’autorégulation entre donc dans le vocabulaire officiel, avec elle l’idée que chacun dispose de ses propres stratégies, là où il se trouve.
Ce que le partenariat avec l’URRH nous a appris
Ce dispositif s’inscrit dans une démarche plus large. En mars dernier, nous étions à Orléans pour l’Université du Réseau des Référents Handicap, le rendez-vous annuel organisé par l’Agefiph. Nous y avons conçu un espace sensoriel de répit de 70 m², structuré en zones correspondant aux moments clés d’une journée de travail : décompression, régulation, concentration, recharge mentale et pause active.
Cette expérimentation nous a appris quelque chose d’essentiel. La conception de l’espace compte autant que les outils qui s’y trouvent. Concrètement, un espace bien pensé devient intuitif et s’intègre naturellement dans les routines. La manière de le présenter fait donc toute la différence.
C’est pourquoi nous soignons la lisibilité des zones et l’explication des usages, et restons présents pour accompagner. Et c’est aussi de là que la pertinence du bar sensoriel prend tout son sens : puisque les outils gagnent à être compris, ils gagnent également à rester disponibles là où la personne se trouve
UNIQUES consacre sa journée à l’emploi et à l’égalité des chances. Notre dispositif porte donc aussi une vocation de sensibilisation auprès des entreprises présentes.
Un environnement de travail est également un environnement sensoriel. Le niveau sonore d’un open space, l’éclairage, la densité des espaces ou encore les possibilités de bouger : tous ces éléments influencent la concentration et l’énergie disponible au fil de la journée.
Les principes déployés sur le festival se transposent directement. Il s’agit de travailler le confort acoustique, de rendre la lumière modulable et d’ouvrir des possibilités de mouvement. Il s’agit également de proposer des assises variées, des espaces de retrait librement accessibles et des outils de régulation faciles à prendre en main.
L’enjeu dépasse donc largement la présentation de produits. Il consiste à montrer qu’un environnement peut s’aménager pour répondre à une plus grande diversité de besoins.
Un sujet que la CNH 2026 place en haut de l’agenda
La Conférence nationale du handicap s’est tenue le 4 septembre 2026 au Prisme de Bobigny. Elle fixe le cap des trois prochaines années autour de 16 engagements et 65 mesures. L’un de ces engagements porte sur l’emploi et les compétences professionnelles. Le ministère y met en avant trois leviers : l’aide aux entreprises pour la mise en accessibilité de leurs locaux, le dispositif d’emploi accompagné et le soutien à l’apprentissage des jeunes reconnus travailleurs handicapés.
Plusieurs éléments chiffrés accompagnent ces annonces. Une enveloppe Agefiph doit ainsi cibler l’accessibilité des locaux des entreprises de 250 à 500 salariés. L’emploi accompagné vise de son côté 20 000 bénéficiaires d’ici 2028. Quant à l’aide à l’embauche d’un apprenti reconnu travailleur handicapé, elle peut atteindre 6 000 €. Une mission interministérielle sur les environnements de travail accessibles doit également associer l’Agefiph et le FIPHFP.
Le détail des 65 mesures et des plans d’action sera présenté le 29 septembre 2026, lors d’un comité de suivi. Vous pouvez retrouver les annonces et le dossier de presse sur le site du ministère.
Ces orientations portent sur l’environnement de travail dans son ensemble, au-delà des seuls accès physiques. L’environnement sensoriel en fait partie : niveau sonore, éclairage, densité des espaces, possibilités de retrait. C’est cet aspect que nous documentons, à UNIQUES comme à l’URRH.
Les référents handicap accompagnent ces évolutions au sein des entreprises. Leur travail s’appuie sur des ressources concrètes : retours d’expérience, données de terrain et supports pédagogiques. Nous cherchons à contribuer à ces ressources.
Vous êtes concerné à titre personnel, parent, professionnel de l’accompagnement, référent handicap ou responsable RH ? Venez tester l’espace, emprunter un sac sensoriel et échanger avec l’équipe. Nous serons présents toute la journée pour expliquer le fonctionnement de ces aménagements. Nous vous aiderons aussi à les adapter à votre propre contexte : bureau, salle de pause, école, lieu d’accueil du public ou événement.
Festival UNIQUES — samedi 12 septembre 2026, Cité du Cinéma, Saint-Denis. Entrée gratuite sur réservation.