Une petite fille passe d’une plaque sensorielle à l’autre, pieds nus, pendant que son papa souffle deux minutes sur un pouf à côté d’un plaid lesté. À côté, une maman tourne et retourne entre ses doigts un objet dont elle ignorait l’existence cinq minutes plus tôt. Place du Peyrou, fin juin. Voilà à quoi ressemblaient les pauses entres deux ateliers pendant What A Trip! 2026.

Cap sur le festival inclusif de Montpellier.

L’inclusion en festival avance — et c’est une superbe nouvelle

L’inclusion progresse, et vite. Selon la fondation Malakoff Humanis, plus de 15 600 personnes en situation de handicap ont participé en 2025 à un festival qu’elle soutient, et près de neuf sur dix en gardent une expérience positive. De plus en plus de festivals s’équipent et innovent : gilets vibrants, boucles magnétiques, plateformes surélevées, audiodescription, interprétation en LSF. Des collectifs et des outils structurent le mouvement, du Collectif des festivals au Fonds d’accessibilité des œuvres du ministère de la Culture. Chapeau à toutes celles et ceux qui font bouger les lignes comme l’association régie acces.

Notre pierre à l’édifice, à nous, c’est le sensoriel. À côté du handicap moteur, auditif ou visuel, il y a des besoins plus discrets : la surcharge sensorielle, l’autisme, le TDAH, l’hypersensibilité. Pour ces publics, un festival peut vite devenir intense — la foule, les basses, la lumière qui ne retombe jamais. Leur offrir un espace pour se réguler, se poser ou se défouler, c’est une dimension de plus qu’on adore construire main dans la main avec les festivals.

Chez Hop’Toys, c’est notre terrain de jeu. Pas une infirmerie, pas un coin « réservé » : un espace ouvert à tous, où chacun peut souffler sans avoir à se justifier. C’est ça, pour nous, un festival inclusif.

what a trip festival inclusif

Deux espaces, deux façons de souffler

Cette année encore, on remettait deux espaces complémentaires. Parce que se réguler ne veut pas dire la même chose pour tout le monde.

D’un côté, l’espace dynamique, pour décharger. Agathe, l’une de nos bénévoles, résume l’ambiance : « Ça a été très apprécié. Beaucoup de parents amenaient leurs enfants. » Un coin coloré, un peu excentré, qui intriguait — et où les enfants venaient toucher à tout, explorer, découvrir un par un les éléments. Et pendant ce temps ? « Les parents étaient contents, ça leur permettait de souffler un peu, eux aussi. »

De l’autre, l’espace calme, pour se poser. Un papa venu avec sa fille le dit sans détour : « Ça a très bien plu à ma fille. » Les couleurs, les éléments lumineux, les coins détente. Et quand on lui demande si ce genre d’endroit devrait exister ailleurs, dans la vie de tous les jours, la réponse ne traîne pas : « Oui, tout à fait. Surtout pour nos enfants. » Agathe confirme côté coulisses : c’est sur les couleurs et les émotions qu’elle a recueilli le plus de retours.

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Ce qui nous a le plus marqués dans ce festival inclusif

Deux mamans, croisées le même jour. La première, enthousiaste : « C’est formidable d’avoir des espaces comme ça dans les festivals. » Découvrir des objets qu’on ne connaissait pas, voir son enfant se détendre ou se défouler. « On est enchanté. » La seconde embraye : « On a découvert des outils vraiment utiles, pour l’enfant comme pour l’adulte. C’est une super rencontre — certainement, on viendra vous visiter au showroom. »

Et le détail qui dit tout : des familles sont reparties avec des fiches, des petits carnets, pour reproduire tout ça à la maison.

Au fond, une même idée revient dans presque toutes les bouches — comme l’an dernier, quand un festivalier nous lâchait que « ce genre d’endroit, ça devrait être obligatoire dans tous les festivals ». Et si ces espaces n’étaient plus l’exception, mais la norme ?

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On progresse — et on sait déjà ce qu’on veut améliorer

Un mot d’honnêteté, parce que c’est comme ça qu’on avance vraiment. Cette année, on avait mieux placé nos espaces : plus visibles, mieux intégrés au cœur du festival, là où l’an dernier ils restaient un peu excentrés. Ça a payé — les familles nous ont trouvés plus facilement.

Mais on est loin d’avoir tout réglé, et c’est tant mieux : ça nous donne un cap. La signalétique, d’abord, peut encore gagner en clarté, pour que personne ne passe à côté d’un espace dont il aurait eu besoin. Et surtout, on veut aller plus loin sur la formation des bénévoles. Aujourd’hui, ils accueillent et orientent très bien celles et ceux qui poussent la porte. Demain, on veut qu’ils sachent aussi repérer, dans la foule, les personnes en train de basculer en surcharge — et aller les guider vers l’espace avant que ça déborde. Passer d’un accueil qui attend à un accompagnement qui va au-devant : voilà notre prochaine marche.

On n’avance pas seuls

Si on milite pour que le sensoriel devienne un réflexe, on n’est pas les seuls à pousser. On a été partenaires d’EVOL Festival, qui a fait de l’inclusion une ligne de conduite dès sa première édition. D’autres acteurs défrichent : des collectifs comme 10 Doigts en Cavale qui chansigne les concerts en LSF, ou des plateformes comme YOOLABOX qui référencent les sorties accessibles. On a réuni nos bonnes pratiques et ces initiatives dans notre dossier Rendre les festivals d’été plus accessibles.

Notre conviction : un festival devient pleinement inclusif quand l’accessibilité motrice, sensorielle et cognitive avancent ensemble. Et tout prend son sens quand le matériel rencontre des équipes formées et des espaces pensés de l’intérieur. C’est ce qu’on a la chance d’installer, festival après festival.

Cap sur Les Déferlantes — et on vous fait gagner vos places

On ne s’arrête pas à Montpellier. Du 11 au 13 juillet, on pose nos valises aux Déferlantes, au Barcarès, avec Régie Accès et La Frontera Production. Là encore, un espace calme accueillera les festivaliers qui ont besoin d’un sas pour se ressourcer au milieu des concerts.

Et pour fêter ça, on vous fait gagner 2 pass pour la journée du samedi. Rendez-vous sur notre dernier post instagram participer.

On se voit là-bas

Je suis Aude, cheffe de projet inclusion chez Hop’Toys, et moi-même TDAH. Je ne conçois pas ces espaces au hasard : je les pense de l’intérieur, pour des besoins réels et collés au terrain. Voir les familles repartir avec le sourire et des idées plein la tête, c’est la meilleure preuve qu’on est sur la bonne voie.

Alors cet été, venez nous voir aux Déferlantes. Posez vos questions, testez le matériel, faites une pause. Et si vous organisez un événement, parlons-en : on accompagne festivals, collectivités, écoles et entreprises dans la création d’espaces sensoriels vraiment inclusifs.

Aude Habert est chargée de communication et d'événementiel chez Hop'Toys.

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