Le titre de cet article aurait pu être : Résolution 2026 : faire du sport à son rythme, selon ses capacités et s’y tenir avec le sourire !
Moins de 50 % de personnes en situation de handicap font du sport au moins une fois dans l’année et seulement 32 % une fois par semaine. C’est 2 fois moins que la moyenne nationale ! Et si le début d’année était le moment parfait pour faire mentir ces chiffres ? Car, oui, ce n’est un secret pour personne : une pratique sportive régulière apporte de nombreux bienfaits. Et pas la peine de viser les Jeux olympiques pour constater les effets positifs. Bien-être physique et mental, inclusion, plaisir, longévité… autant de bénéfices que relèvent celles et ceux qui ont mis l’activité physique handisport (sport et handicap) dans leur vie ou celle de leurs enfants. Il en faut plus pour vous convaincre ? Vous ne savez pas par où commencer ni vers qui vous tourner ? Témoignages, solutions, structures et idées pratiques : Hop’Toys vous aide à y voir plus clair.
1- Le sport, ce n’est pas qu’une question de performance
« Je ne suis excellente nulle part, mais bonne dans toutes les disciplines auxquelles je m’entraîne. » C’est ainsi que Caroline Fruchaud, 32 ans, paraplégique complète T6 T7, décrit sa pratique sportive. Car quand on parle de sport, handicap ou non, il n’est pas seulement question de gagner des compétitions et de battre des records. Faire du sport, c’est avant tout s’adonner à une activité physique pour le jeu et l’effort, selon ses envies et ses capacités. Il n’existe pas une seule manière de bouger, pas plus qu’il n’existe un seul corps « sportif » ou une liste de prérequis indispensables avant de démarrer. Le sport peut se pratiquer assis, debout, allongé, seul, en famille, dans un club ou chez soi. Il peut être intense ou plus doux, structuré ou improvisé. Ce qui compte, ce n’est pas la forme qu’il prend, mais le plaisir qu’on y trouve et la fierté d’avoir essayé.

Héloïse de Battisti, 22 ans, atteinte de tétraparésie, s’est entraînée à la danse et la natation de 8 à 12 ans. « J’ai appris à bouger sans fauteuil. J’ai travaillé ma souplesse, mon équilibre et la coordination de mes mouvements en autonomie de façon ludique. Ces deux activités ont rendu possible ce que je pensais impossible. » Ces gestes répétés, séance après séance finissent toujours par faire la différence pour le corps et pour le moral.
2- Un corps qui bouge, c’est un corps qui sourit
Bouger et produire un effort, c’est offrir à son corps ce dont il a besoin pour bien fonctionner. Les bienfaits du sport sont les mêmes pour tout le monde :
- faire circuler le sang ;
- assouplir les articulations ;
- entretenir les muscles ;
- favoriser la concentration ;
- améliorer le sommeil ;
- oxygéner le cerveau.

Et ce n’est pas Sophie Loubet, 38 ans, amputée fémorale, qui dirait le contraire : « Le snowboard m’a permis de retrouver une activité physique que j’adore, mais il a joué un rôle essentiel dans ma rééducation. J’ai renforcé ma musculature, amélioré mon équilibre et gagné en confiance. Aujourd’hui, je me sens en bien meilleure santé. » Situation de handicap ou non, les bienfaits corporels du sport ne sont plus à prouver. « Il apporte une saine fatigue qui apaise les douleurs neurologiques, musculaires ou articulaires. Quand elle rentrait de la piscine, elle s’endormait vite. Et elle dormait bien, d’une seule traite. », confie Bérengère, maman d’Héloïse et infirmière. En plus de ses avantages sur la santé, l’activité physique régulière permet de mieux se connaître, de décharger un trop-plein d’énergie, de comprendre ses limites et ses forces et sa manière de s’adapter.
3- Muscler son mental : quand le mouvement allège l’esprit
« Grâce au sport, Rafael a acquis une mégaconfiance en lui, physique et morale. Il ose se montrer avec sa prothèse, et même sans. Il accepte bien mieux le regard des autres. C’est très positif et c’est un moteur pour lui. » Confie Rudy, papa de Rafael Selingue, 14 ans, amputé tibial à 8 mois suite à une agénésie du péroné. Bouger aide à se détendre, à mieux gérer les émotions et à canaliser l’énergie. C’est précieux quand la concentration ou l’impulsivité font partie du quotidien. Pour les personnes concernées par un trouble du spectre de l’autisme, un TDAH ou un trouble DYS, l’activité physique devient souvent un outil d’autorégulation[2] . Oui ! Bouger est un moyen concret de se recentrer, d’apaiser les tensions, de retrouver un rythme et de changer de cadre. Caroline vient de découvrir le tir sportif et pour elle « ce n’était pas un vrai sport. Mais en fait, je trouve ça vraiment cool. C’est ludique, il y a du challenge et ça m’oblige à un réel travail mental, car ça joue beaucoup sur la respiration. »

Le mouvement agit comme une soupape : il libère le corps, vide la tête, réduit le stress. Et quand on réussit un geste, quand on constate un progrès, aussi minime soit-il, c’est toute la confiance en soi qui se reconstruit. D’après Rudy, les bienfaits éclaboussent même l’entourage. « Le sport est un vecteur d’assurance et de bien-être pour la personne qui pratique et pour ses proches. Il nous montre, à chaque fois, que tout est faisable avec un peu de volonté et d’énergie. »
5- Bouger ensemble, c’est encore mieux
La force du collectif pour se dépasser
Basket fauteuil, handibike, ski, course, hyrox… Caroline a essayé beaucoup de disciplines et son exploration est loin d’être terminée. Ce qui détermine son choix d’activité, c’est le collectif. « Dans tous mes défis, j’embarque une équipe. Je viens de finir un trail de 30 kilomètres et je ne l’aurai jamais fait toute seule. Être accompagnée rend l’expérience vivante et conviviale. Et en basket fauteuil, les différences sont gommées. On a besoin de tous types de profils sur le terrain. » Le sport, c’est aussi un formidable vecteur de lien. Bouger à deux, à trois, ou au sein d’un groupe, revient à partager l’effort, les rires et les réussites. L’activité physique devient alors un moment d’entraide et de motivation. Dans un club, une association ou une structure inclusive, chacun trouve sa place, quels que soient son rythme ou ses capacités. Sophie l’illustre parfaitement : « les stages de snowboard m’ont permis de créer des liens sociaux, de rencontrer d’autres personnes handicapées qui ont trouvé des solutions pratiques à certains de nos obstacles du quotidien. Échanger sur nos problématiques et nos difficultés nous aide à avancer. »

Pour les personnes neuroA, présentant un handicap cognitif ou des troubles de l’attention, cette dimension collective est souvent précieuse. Elle favorise la communication, la confiance en soi et le sentiment d’appartenance. Et pour beaucoup, ces temps d’activité sont aussi des moments de répit, de plaisir simple, sans contrainte ni regard jugeant.
En famille ou dans un autre cadre : un choix personnel
Faire du sport donne à l’enfant en situation de handicap l’opportunité de sortir de son entourage proche. « C’est à nous, parents, de le laisser vivre ses expériences sans ses aidants habituels, dit Bérengère. C’est une parenthèse pour eux. Ce n’est pas la peine de se mettre de barrière en pensant que notre enfant n’est pas capable. Il faut essayer, voir si ça leur plaît et adapter tout ce qui peut l’être. Ils vivent des moments forts sans nous et c’est très bien. »

De son côté, Rafaël pratique le triathlon et la natation en club, handisport ou non, et le padel en famille. Et quand Rudy fait du sport avec son fils, il « ressent une fierté décuplée. Jamais je n’aurais imaginé que ce serait possible à sa naissance. » Alors, pourquoi se priver d’une activité qui procure du plaisir, créé du lien et de la valorisation ?
6- Où et comment se lancer ? Ressources et bonnes adresses
Pas toujours facile de savoir par où commencer pour se (re) mettre en mouvement. Alors voici 3 pistes :
Les Maisons Sport-Santé : un dispositif national
Les Maisons Sport-Santé, présentes partout en France, aident les personnes en situation de handicap ou les seniors à identifier une activité adaptée à leur profil, leur rythme et leur environnement. Elles peuvent aussi orienter vers des professionnels de santé ou des associations locales. La liste complète est disponible sur le site du ministère des Sports.
Les sections handisport ou les clubs de sport adapté
Sophie l’a expérimenté : « beaucoup d’associations et de fédérations s’engagent dans le handisport et nous permettent de nous déplacer, de voyager et de pratiquer certains sports en toute sécurité avec l’aide de leurs bénévoles. » C’est ce qu’elle fait avec Anices. Pour trouver les clubs près de chez vous, le site HandiGuide des sports recense toutes les structures parasportives de France par zone géographique et par type d’activité. Une vraie bible ! Parfois la distance avec les clubs peut être un frein, mais il ne faut pas hésiter à contacter une structure ou une association « classique » de votre secteur. Car on n’est jamais à l’abri de rencontrer des personnes de bonne volonté prêtes à adapter leur pratique.
Les solutions individuelles
Comme de nombreux parents, Rudy considérait que savoir nager et faire du vélo sont deux apprentissages indispensables pour son fils. Pourtant, le parcours vers la natation ne fut pas si simple. Et les parents d’Héloïse ont rencontré les mêmes obstacles. Problèmes d’assurance et de responsabilité : dans les deux cas, il a fallu recourir à des cours particuliers pour apprendre l’autonomie dans l’eau. Certains préfèrent aussi bouger seuls à l’extérieur ou à domicile et c’est tout aussi valable. Pour vous y aider l’option Handi Spot du site On piste vous indique si le parcours que vous envisagez à pied, à vélo ou autre est adapté au handicap. Si vous voulez faire du sport depuis votre salon, vous pouvez utiliser l’application Kunto. Et si vous préférez rencontrer quelqu’un avec qui partager une séance de sport, testez Binomes, la plateforme de mise en relation entre personnes en situation de handicap et bénévoles.
7- Bien s’équiper pour mettre du mouvement dans le quotidien
Pour participer à des trails, Caroline a eu la chance de bénéficier d’un partenariat pour disposer d’un fauteuil tout terrain. C’est le seul matériel qui rend les chemins accidentés accessibles pour elle. « À plat et en descente, je suis autonome et je suis vraiment dans l’effort. Mais dans les zones de sable ou les montées avec fort dénivelé, une personne peut tirer devant et l’autre pousser derrière. » Un vrai travail d’équipe ! Pour Rafaël et Sophie, des prothèses adaptées sont indispensables et une association les aide à les financer.
Pour se jeter à l’eau en confiance, parfois, il suffit d’un maillot grâce auquel l’incontinence n’est plus un sujet. Et pour profiter des plaisirs de la piscine et se libérer du poids du corps, pensez au pouf donut. Pas d’équipement qui entrave les membres. Il faut juste se laisser flotter. Détente assurée. Toujours sous surveillance évidemment !

Concrètement
Le catalogue motricité d’Hop Toy’s vous propose un large choix de petit matériel pour démarrer simplement une nouvelle activité. Voici une courte sélection :
- un kit de yoga permet de s’initier à cette pratique de détente pour un rituel bien-être partagé en famille ;
- un ruban, un peu d’espace et de musique suffisent pour se laisser aller à bouger son corps et s’exprimer par le mouvement ;
- gant géant et mégaraquettes de badminton offrent une familiarisation aux sports de balles facilitées pour les personnes à mobilité réduite ou dyspraxiques.
- Un pédalier Go Go pour explorer le monde en mouvements !

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Mais, il n’y a pas toujours besoin de matériel pour se mettre au sport. Aujourd’hui étudiante en licence, Héloïse n’a plus beaucoup de temps à consacrer à ses activités sportives d’enfance. « Mais j’aimerais reprendre la danse, je sais que j’en suis capable. Le hand fauteuil, le handitennis… ça ne me plaît pas, parce que c’est en fauteuil. On l’a toujours avec nous, alors si on peut s’en débarrasser de temps en temps pour faire du sport, ça fait du bien ! Moi, j’ai envie de bouger et de sentir le sol. Le fauteuil ne nous définit pas. »

Vous l’avez compris, pas besoin de grands objectifs, ni de programme strict pour se sentir bien. Alors, prenez une résolution réaliste et pleine de sens pour 2026 et mettez du sport dans votre vie ou celle de votre enfant. Car plus on bouge, plus on a envie de continuer. Et à vous les pauses plaisir et les victoires personnelles.
Sources
Article rédigé par Sophie Vasseur pour Hop’Toys – consultante SEO et rédactrice web – Association ALEFA : ne limite pas tes défis, défie tes limites.

Association de Rafaël : raf-atlon sports sur Facebook
Suggestion de maillage interne : Sport adapté et autorégulation : un levier d’inclusion 8/10 /2025[3]
Spécial Olympics : sport et loisirs pour l’intégration des personnes en situation de handicap mental 2014
Activité physique et polyhandicap 22/04/2022


