Pour célébrer comme il se doit la Journée européenne de l’orthophonie le 6 mars, c’est pendant toute la semaine qu’Hop’Toys a souhaité ces professionnel·le·s à l’honneur. Tous les jours du 4 au 10 mars, un·e « ortho », de France, de Belgique, de Suisse (un·e logopède, donc ;-)) nous parle d’un aspect précis de son métier, des prises en charge spécifiques qu’elles/ils sont quotidiennement amené·e·s à mettre en place.   Ici on parle de CAA.

Commençons par une petite définition … par communication alternative on entend tout moyen de communication qui permet de remplacer le langage oral lorsqu’il est absent. Il en est de même pour la communication augmentée qui est utilisée lorsque le langage oral est présent mais pas suffisamment construit pour être totalement efficace dans la communication. Dans cet article on revient sur ce sujet passionnant avec Magalie, orthophoniste.

Quels sont les différents types de CAA ? 

Le plus courant est l’utilisation des pictogrammes (ou images) comme moyen de communication aussi appelé « communication par échanges d´images » – méthode PECS.  Les images peuvent être choisies en fonction du niveau de symbolisme de la personne. Souvent, un classeur avec intercalaires est utilisé afin de ranger les images par catégories sémantiques. L’objectif de cette méthode est de pouvoir adresser une demande à un interlocuteur en choisissant une image et en la lui donnant sur une bande phrase.

La méthode du MAKATON utilise quand à elle à la fois les signes et les pictogrammes. Les signes ne  sont pas utilisés comme dans la langue des signes françaises (LSF) même s’ils y ressemblent pour beaucoup. En effet, l’objectif premier est d’oraliser. Ainsi, les signes accompagnent systématiquement la parole : ce n’est pas une langue à part entière comme l’est la LSF avec sa propre grammaire ; on signe les mots « importants » de la phrase afin de soutenir le langage oral. Ces signes peuvent s’accompagner de pictogrammes. La différence avec le PECS est qu’ici les pictogrammes sont très symboliques d’une part et permettent de représenter chaque élément grammatical de la phrase d’autre part. 3 niveaux d’élaboration peuvent  être utilisés, du plus simple au plus complexe afin d’enrichir progressivement les productions orales.

Enfin, il existe plusieurs applications de synthèse vocale qui peuvent également être utilisées comme CAA. Ces applications permettent aux personnes de sélectionner une image et/ou plusieurs images afin de constituer une phrase : le logiciel produit la phrase oralement.

A qui s’adresse la CAA ?

Plus couramment les CAA sont utilisées avec les personnes ayant un trouble du spectre de l’autisme (TSA). Toutefois d’autres personnes peuvent bénéficier de ces méthodes qui peuvent devenir une aide précieuse au quotidien : pour les patients ayant un trouble spécifique du langage oral (dysphasie) ou ayant toutes pathologiques qui pourraient altérer le langage oral (syndrome épileptique, syndrome génétique, accident vasculaire cérébrale, tumeur cérébral, traumatisme crânien …).

La CAA et le travail de l’orthophoniste

Ces méthodes, bien qu’elle soit de plus en plus connues pour leur efficacité presque « miraculeuse » chez certains patients ne sont pas innées. Ainsi, l’orthophoniste a pour rôle, dans un premier temps, de les faire connaître à ses patients ou aux familles et de les introduire.

Dans le cas de l’utilisation du PECS par exemple, l’orthophoniste commence par introduire les premiers échanges par images avec son patient, une fois que le principe est compris il sera nécessaire de construire un classeur de communication et de le transmettre à la famille. En fonction des pathologies la compréhension du principe de communication peut être plus ou moins longue. L’objectif, quelle que soit la méthode utilisée, est de pouvoir obtenir une CAA efficace.

Par ailleurs il est indispensable que la méthode utilisée en prise en charge orthophonique soit maîtrisée par tous les intervenants. Ainsi l’orthophoniste accompagnera les parents ou la famille afin que la méthode soit transmise à la maison. La famille pourra ainsi faire le lien avec l’école, les instituts, éducateurs ou autres professionnels présents au quotidien autour du patient.

  Magalie Vicedomini est orthophoniste et auteure de cet article

 

est assistante marketing en alternance chez Hop'Toys et rédactrice d'articles sur le blog

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