Aujourd’hui encore, beaucoup de familles sont confrontées aux refus de la part de centres de loisirs quant à une possible inclusion de leur enfant dans leur établissement. Pourtant, tout enfant a le droit de s’épanouir, de jouer, de découvrir ! Pour faire face à ce manquement, le centre de loisirs « Les enfants d’Hélène » a été créé en 2008 à Montpellier. Son objectif  ? Laisser une chance aux enfants porteurs de handicap de pouvoir s’épanouir aux côtés de leurs frères et sœurs et d’autres enfants non-porteurs de handicap. Ce centre prône la mixité et accueille à ce jour, et depuis 2009, une trentaine d’enfants dont 2 sur 5 sont porteurs de handicap. L’encadrement y est renforcé et individualisé grâce à un personnel sensibilisé, formé et bienveillant. 

Pourquoi avoir créé « Les enfants d’Hélène » ?

  • Pour les familles touchées par le handicap qui se sentent souvent ostracisées.
  • Parce qu’un enfant porteur de handicap a tout autant envie qu’un autre de jouer, de découvrir, de s’amuser.
  • Parce que ces enfants n’ont pas à être mis à l’écart.
  • Parce que la mixité apporte autant, sinon plus, aux enfants sans handicap qu’aux enfants avec handicap.
  • Parce que les fratries ont peu d’occasions d’être ensemble, quand un des enfants est porteur d’un handicap.

Noé, enfant extraordinaire du centre

Nous avons recueilli le témoignage de la maman de Noé, 15 ans, enfant extraordinaire qui a sa place, depuis des années maintenant, chez « Les enfants d’Hélène ». Elle nous dresse son portrait et nous raconte son histoire.

Mon fils Noé a 15 ans, a été diagnostiqué à l’âge de 4 ans. Noé ne parle pas, il utilise le PECS « Picture Exchange Communication System » pour communiquer. Il est accueilli en IME depuis qu’il a 8 ans et qu’il a arrêté l’école. Depuis qu’il a 7 ans, Noé va au centre de loisirs « Les enfants d’Hélène » ; quand je l’y ai inscrit, j’ai eu très peur qu’on me dise, comme si souvent :
« Désolée, il n’a pas sa place chez nous » ; mais pour la première fois, sa spécificité n’a pas posé de problème : qu’il ne parle pas, qu’il porte des couches, qu’il ait parfois des comportements surprenants n’était pas un frein à son accueil ! Au contraire, il était le bienvenu !

Catastrophe, en septembre 2011, les fondatrices ont voulu fermer le centre. Maman courage, la maman de Noé, ainsi que d’autres parents ont repris l’association et la gestion du centre pour contrer cette fermeture. À la même époque, la maman du petit Noé apprenait qu’il n’avait plus sa place à l’école et qu’il n’y avait pas de place en Sessad, Noé allait donc se retrouver à la maison.
Par chance, le centre de loisir continuait de l’accueillir. L’orage est passé lorsque le souci de l’école a été réglé. La maman de Noé lui avait trouvé une place au sein d’un IME. Les semaines de Noé étaient donc bien remplies désormais.

Quelle importance, quelle place a le centre de loisir dans la vie de Noé ?

L’accueil de Noé en IME a rendu encore plus important son accueil au centre de loisirs Les enfants d’Hélène. Enfants avec et sans handicap partagent les temps de la vie quotidienne et des activités : ils jouent ensemble, chacun à la mesure de ses possibilités ; les enfants sans handicap apprennent à attendre leurs camarades, à les aider et à s’adapter, et bien sûr pour les enfants ayant un handicap, c’est un formidable moyen de garder contact avec des enfants de leur âge, de se faire des copains en dehors de l’IME, de gagner en autonomie.

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L’inclusion et la mixité, les bienfaits

Les enfants porteurs de handicap s’épanouissent dans des lieux qui se veulent mixtes et inclusifs. Dans ces moments de bonheur, ils se sentent comme les autres et peuvent même en oublier leurs difficultés. La maman de Noé témoigne que son fils est bien la preuve de tous ces bienfaits sur les enfants porteurs de handicap.

On constate ces bienfaits sur la plupart des enfants porteurs de handicap qui viennent aux enfants d’Hélène : ils font des progrès ou montrent des compétences qu’ils ne montrent pas ailleurs ; quand Noé a arrêté de porter des couches, il y avait beaucoup d’accidents, que ce soit à l’IME ou chez nous ; et au centre aéré, jamais ou presque ! D’autres enfants, très timides à l’école, sont au contraire extravertis au centre de loisirs ; et parfois, on inscrit un enfant qu’on nous présente comme « très difficile » ; et puis tout se passe bien

« Il n’y a pas de place », une liste d’attente très longue

Aujourd’hui, le centre « Les enfants d’Hélène » met un point d’honneur à ce que les familles ne soient plus confrontées à cette phrase : « Il n’a pas sa place dans notre établissement ». Si un enfant porteur d’handicap n’est pas accepté dans le centre ce n’est pas parce qu’il n’a pas sa place mais c’est malheureusement parce qu’il n’y a pas de place ! Aujourd’hui, « Les enfants d’Hélène » sont « victimes » de leur succès et sont obligés de gérer une très longue liste d’attente qui est frustrante tant pour les familles que pour eux.

Des difficultés financières

Le centre « Les enfants d’Hélène » rencontre de grandes difficultés financières depuis quelques temps. Ensemble et grâce aux donateurs, ils se mobilisent pour garder ce centre ouvert tout en continuant à investir leur énergie dans de nouveaux projets pour voir le sourire sur les visages de tous ces enfants extraordinaires.
Pour les aider dans leur mobilisation, ils ont mis à disposition une récolte de fond avec une cagnotte en ligne. Celle-ci a déjà permis de recueillir plus de 8000 euros, mais une somme totale de 15000 euros serait nécessaire pour retrouver bon fonctionnement du centre.

Nous devons trouver d’urgence le moyen de passer les mois qui arrivent, pour continuer à payer nos salariés et donc accueillir les enfants.
Enfin, nous souhaitons aussi pouvoir sécuriser le financement de notre activité : chaque année, nous devons aller chercher 55% de notre budget en subventions (cela correspond à 60 000 à 80 000 euros). Nous regrettons le peu de mobilisation des pouvoirs publics autour de notre projet, pourtant unique sur le département et au-delà, et qui représente une véritable délégation de service public, car les enfants en situation de handicap ne doivent pas être des citoyens de seconde zone : leur accès aux loisirs est inscrit dans la loi de février 2005, et est si peu appliqué…

Menant le même combat pour une société plus inclusive et partageant les valeurs des enfants d’Hélène, Hop’Toys s’engage à leur venir en aide en leur faisant profiter d’une vente de ses produits déclassés… Mais nous vous en dirons plus très bientôt ! 

Doriane est assistante communication, en stage chez Hop'Toys. Elle écrit sur des sujets d'actualité et distille sa bonne humeur au sein de l'équipe !

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