L’IEF (Instruction en famille) concerne des familles qui ont choisi la scolarisation à la maison, que ce soit dans une continuité d’un cheminement parental ou pour le bien-être de leur enfant, l’école ordinaire ne pouvant accueillir leur enfant. Il y a autant de façons de scolariser à la maison qu’il y a de familles et autant de raisons de le faire. Nous avons discuté avec deux mamans qui pratiquent l’instruction en famille, toutes les deux pour des raisons différentes. 

Jessie a décidé de pratiquer l’IEF par choix, parce que la maternelle du quartier où devait aller sa fille ne lui convenait pas du tout, avec le temps elle a décidé de la garder avec elle puisqu’il y a 4 ans l’instruction en maternelle n’était pas obligatoire. En découvrant l’univers de l’IEF toute la famille y a pris goût et ne s’est plus arrêté. Sara est la maman de deux enfants de 2 et 6 ans dont Roméo, un petit garçon autiste. Elle pratique l’IEF depuis les 3 ans de Roméo. L’école de son quartier refusait régulièrement Roméo en classe, qui était mis à part par les maîtresses, punis sans arrêt, il errait seul dans les couloirs, son comportement s’est aggraver et Roméo avait fini par être complètement stressé. Nous leur avons posé à toutes les deux les mêmes questions afin de voir les similitudes et différences de l’IEF lorsqu’il est pratiqué par choix, ou plutôt lorsque c’est une nécessité pour un enfant porteur de besoins spécifiques.

Maman et professeur à la fois, comment faire cohabiter ces deux rôles en tant que mère ?

Jessie : Ici c’est assez naturel. Je ne me sens pas illégitime ou moins écouté parce que je suis leur maman. Et j’aime énormément ça, donc ça fait partie intégrante de ma vie, je ne me vois pas sans l’IEF !
Sara : Ça a été très spontané. Roméo disait a tout le monde maintenant, c’est maman ma maîtresse.

Quelle est votre organisation pour l’IEF ?

Jessie : Nous travaillons essentiellement dans le coin IEF de mon appartement qui est en réalité, le coin repas de ma cuisine (et qui plus est ouvert sur le salon.). Mais nous travaillons également parfois dans le salon, au sol ou sur la table basse. En général, nous travaillons en fin d’après-midi pour le formel. Les activités créatives, nous les faisons dans la matinée ou en début d’après-midi si nous ne sommes pas dehors. Je n’ai pas d’objectifs établis par période. Je travaille par planification à la semaine, en ayant en tête le programme sur l’année.
Sara : Nous faisions l’école le matin. À peine le petit-déjeuner fini, les enfants vont spontanément dans notre classe et commencent leurs activités. Je suis attentive à ce que Roméo est prêt à recevoir. Je ne force pas. Dans notre classe, nous avons tout à disposition, je propose, il apprend.
Le coin IEF de Jessie

Quels sont les outils nécessaires pour pratiquer l’IEF ?

Jessie : Dans l’absolu, aucun. On peut très bien faire l’IEF avec quelques feuilles blanches et des feutres. Mais si je dois donner des outils, je dirai l’imprimante et la plastifieuse.
Sara : Ce qui a été « vitale » dans les apprentissages pour Roméo se sont les lettres gravées et les pistes graphiques. Il refusait le simple fait de tenir un stylo. Il passait sont doigt dans les lettres puis les reproduisait dans la semoule. Ça été magique. Les feutres, la craie grasse ont beaucoup aidé aussi car ils marquent facilement pas besoins de force.

Comment encouragez-vous les intérêts de votre enfant pour les intégrer à l’IEF ?

Jessie : Leurs intérêts influencent le choix des supports, mais je les intègre vraiment quand je réalise les supports moi-même.
Sara : C‘est toujours plus simple de travailler avec des choses qu’il aime. Par exemple pour les algorithmes, j’avais plastifié des voitures du dessins animé cars. Pareil pour travailler la mémoire, nous avons un mémoire du même dessin animé. Roméo aime bien faire des expériences donc j’essaie d’en proposer souvent. Le mélange des couleurs par exemple avec une seringue, de l’eau et des colorants alimentaires.
Roméo, le fils de Sara en plein apprentissage des chiffres

Quelle est la chose la plus marquante que vous ayez vécu en pratiquant l’IEF avec votre enfant ?

Jessie : Voir les différences entre mes enfants. Leur façon d’évoluer et de comprendre/résoudre les choses de manière différente. Je constate vraiment les spécificités de chacun grâce à l’IEF.
Sara : Nous avons vu Roméo se métamorphoser. Il était renfermé, paralysé à l’idée de faire faux ou pas assez bien. Il ne parlait que très peu.
En 6 mois, il s’est révélé. À tel point qu’il a pu réintégrer l’école à temps partiel. Le plus marquant ca à été l’apprentissage de la parole grâce à la LSF. On nous disait que si je lui apprenais la LSF il ne ferait plus d’effort pour parler. Lorsque j’ai enfin décidé de m’écouter et de signer ca à été magique. Les premiers mots sont apparus très rapidement. Les crises de colère se sont espacées.

Êtes-vous entouré par d’autres familles pratiquant l’IEF, organisez-vous des rencontres ?

Jessie : Oui, j’ai des amies que je connaissais avant d’avoir commencé l’IEF qui elles aussi sont dans l’aventure, mais également d’autres mamans que nous avons rencontré grâce aux réseaux sociaux. Nous organisations des rencontres et pique-niques de temps en temps avec d’autres familles de la région notamment grâce à un groupe Whatsapp, mais sinon nous avons formé avec mes amies un groupe IEF avec lequel nous organisons des activités thématiques tous les mois chacune notre tour.
Sara : Je ne suis pas entourée.

Quelle chose ne referiez-vous pas dans la pratique de l’IEF ?

Jessie : Je ne sais pas. Je ne regrette aucun de mes choix en IEF jusqu’à présent.
Sara : Aucun regrets

Que pensent les personnes autour de vous de l’IEF et quels sont les mythes que vous combattez sur le sujet ?

Jessie : Côté familial je n’ai pas eu de mauvaises remarques. Au contraire, ma famille constate d’elle-même que mes enfants progressent, sont épanouis et cultivés. Ils voient également que je m’investis beaucoup dans ce mode d’instruction et m’encouragent. Sinon, au niveau des rencontres occasionnelles, j’ai plutôt des réactions de surprise et de curiosité. Mais aucune méchanceté ou animosité jusqu’à présent.
Sara : Si je suis fatiguée et que ma maison est mal rangée c’est parce que je fais l’école à la maison. C’est impossible, je ne tiendrais pas dans le temps, je n’y arriverai pas. Mon fils n’apprendra jamais à vivre avec les autres. Je suis égoïste de refuser une vie sociale à mon fils. J’ai envie de le garder pour moi…

Quel conseil ultime donneriez-vous aux parents souhaitant faire de l’IEF ?

Jessie : Lancez-vous ! C’est vraiment formidable de pouvoir profiter de l’évolution de son enfant et de contribuer à son instruction. On rate énormément de choses quand ils sont à l’école. N’écoutez pas les personnes négatives. Bien souvent, elles ont cette attitude uniquement parce qu’elles ne connaissent pas. L’inconnu fait peur. Et l’excuse de la socialisation est de plus en plus vite balayée avec tout ce que les enfants ont à disposition actuellement. On a qu’une vie et nos enfants aussi ! J’ajouterai que j’ai écrit un ebook disponible gratuitement sur mon blog www.objectif-ief.com pour les personnes qui souhaitent se lancer dans l’aventure de l’IEF. Et que j’ai publié des tas d’articles pratique sur l’IEF pour partager mon expérience :D
Sara : Allez y ! Inscrivez votre enfant à une activité pour qu’il voie autre chose, mais foncez !
Un grand merci à Jessie et Sara pour leurs contributions à cet article. Pour plus d’inspirations dans la pratique de l’IEF, vous pouvez retrouver Jessie sur son compte Instagram Objectif_ief  et Sara sur con compte cest.maman.ma.maitresse

est assistante marketing en alternance chez Hop'Toys et rédactrice d'articles sur le blog

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