Pour célébrer comme il se doit la Journée européenne de l’orthophonie le 6 mars, c’est pendant toute la semaine qu’Hop’Toys a souhaité ces professionnel·le·s à l’honneur. Tous les jours du 4 au 10 mars, un·e « ortho », de France, de Belgique, de Suisse (un·e logopède, donc ;-)) nous parle d’un aspect précis de son métier, des prises en charge spécifiques qu’elles/ils sont quotidiennement amené·e·s à mettre en place.   Dans cet article on parle de dyspraxie verbale.

Pour parler, nous avons besoins de coordonner différents mouvements de la langue, des lèvres et des cordes vocales. L’enfant présentant une dyspraxie verbale a des difficultés à planifier et à programmer tous ces mouvements nécessaires pour émettre les sons correctement. La cause principale est que le cerveau n’envoi pas les bonnes instructions à la bouche pour que les bons mouvements puissent se réaliser. 

C’est quoi la dyspraxie verbale ?

Concrètement la dyspraxie verbale est un e trouble spécifique du développement du langage qui se caractérise par un déficit dans plusieurs niveaux du traitement de la parole : déficit de la planification phonologique, de la planification phonétique et de l’exécution motrice de la parole.

La dyspraxie verbale partage des caractéristiques avec d’autres troubles du développement du langage et il ressemble à d’autres diagnostics, par conséquent, il convient de distinguer les enfants ayant des difficultés au niveau phonologique. La dyspraxie verbale étant davantage un problème moteur. Les muscles travaillent, car l’enfant avec dyspraxie verbale n’a pas de problèmes de réflexes, de paralysie ou de faiblesse musculaire, cependant ils ne fonctionnent pas comme ils le devraient.

Quelles sont les causes de la dyspraxie verbale ?

La cause exacte de la dyspraxie verbale n’est pas connu pour le moment. Cependant nous savons que c’est un trouble neurologique. Acquis avant la naissance, durant l’accouchement ou en raison de lésions cérébrales durant l’enfance.

La dyspraxie verbale n’est pas causée par un manque de stimulation ou parce que l’enfant est paresseux. Il est possible que ce soit génétique car il est plus fréquent chez les enfants qui ont l’un des parents dyspraxiques verbaux.

Les caractéristiques de la dyspraxie verbale

Dans la dyspraxie verbale il existe différentes alertes qu’il faut connaître pour pouvoir arriver à un bon diagnostic. Dans de nombreux cas, on confond la dyspraxie verbale avec d’autres troubles de l’apprentissage du langage. C’est pour cela qu’il est important de prendre en compte plusieurs facteurs lors du diagnostic comme l’environnement, l’éducation… Les principales caractéristiques de la dyspraxie verbale sont :

  1. Intelligibilité appréciable
  2. Erreurs dans les sons de la parole (distorsion d’un grands nombres de sons) et dans l’articulation des voyelles
  3. Des efforts, des essais et des hésitations dans la production de certains voire de tous les phonèmes
  4. Difficulté pour produire volontairement des phonèmes isolés et des séquences de phonèmes produits correctement dans d’autres occasions
  5. Des échecs d’exécution, d’isolement et de séquencement des mouvements de la bouche
  6. Difficulté à exécuter des tâches avec des sons qui, pris isolément sont produits correctement
  7. Augmentation du nombres d’erreurs avec l’augmentation de la longueur de l’énonciation
  8. Forte incidence d’erreurs liées au contexte
  9. Incohérence dans les modèles d’erreurs d’articulation
  10. Modèles déviants au cours du développement de la parole
  11. Evolution très lente pendant la rééducation

Dyspraxie verbale et orthophonie

La majorité des observations cliniques  indiquent que la réponse à tout type de rééducation chez les enfants atteints de dyspraxie verbale est très lente. Il existe plusieurs programmes d’intervention en orthophonie consistant à améliorer le problème de la motricité de la parole. Ces programmes travaillent sur :

  • L’amélioration du contrôle volontaire des mouvements articulatoires pour arriver à les automatiser
  • La prononciation des phonèmes qui ne pourraient être résolus avec les techniques habituelles de stimulation auditive ou visuelle
  • L’amélioration des aspects du séquençage des syllabes pour former des mots
  • L’amélioration de la prosodie

Le premier programme se base sur le contrôle moteur et pour cela l’accent est mis sur les activités massives de répétitions volontaires, conscientes et précises de syllabes et séquences de syllabes. Cette rééducation permet d’améliorer les programmes neuromoteurs de la parole grâce aux exercices intensifs de contrôle volontaire d’émission de séquences.

Le second programme d’intervention se base sur les systèmes augmentatifs. Cela provient des recherches de Monfort et Juárez. Leur idée se  base sur augmenter les canaux d’entrée du langage. Pour cela, des gestes de soutien au phonème similaires à ceux utilisés avec des enfants sourds doivent être utilisés lorsque vous souhaitez travailler la prononciation. Un geste est associé à chaque phonème et des aides pictographiques rappelant le geste associé sont fournies. Ces pictogrammes peuvent même être réalisés entre le patient et l’orthophoniste.

>> Découvrez notre rubriques sur les pictogrammes 

Le troisième programme est basé sur les mélodies que l’orthophoniste émet et que le patient doit répéter. C’est ce que l’on appelle la Melodic Intonation Therapy (MIT). Normalement, dans le chant des phrases, les syllabes toniques sont marquées de manière exagérées et le rythme s’adapte à l’enfant en ralentissant au besoin, mais en maintenant la transition entre les phonèmes grâce à la mélodie.

>> Connaissez-vous le programme ACRAP ? Un programme permettant de rééduquer l’oralisation , le regarde, la gestuelle et le ton de la voix

Le quatrième programme correspond à l’utilisation d’un langage écrit pour améliorer la prononciation. L’écriture reproduit, dans l’espace de la feuille, la séquence de la parole produit dans le temps. L’écriture apporte la stabilité à l’enfant dyspraxie. En effet, grâce à l’écriture,  l’enfant voit clairement de manière écrite la séquence de phonème qu’il ne trouve pas ou perd constamment.

Les problèmes de l’acquisition du langage cependant sont très complexes qu’un simple trouble moteur et nécessitent une approche thérapeutique globale.

Sources :

« Intervención logopédica en la dispraxia verbal ». María del Pilar Jiménez Hornero, septiembre 2011

« Dispraxia verbal: características clínicas y tratamiento logopédico ». A Ygual-Fernández, J.F Cervera-Mérida 

AMERICAN SPEECH-LANGUAGE-HEARING ASSOCIATION. Childhood Apraxia of Speech www.asha.org

est assistante marketing chez Hop'Toys et rédactrice sur ce blog ! :)

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