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Publié le 18 septembre 2017 / par Marianne / Temps de lecture estimé 11 min.

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Psychoquoi ? Psychomotricité ! Tout savoir sur les études de « psychomot »

A l’occasion de la Journée européenne de la psychomotricité, le 19 septembre, nous avons demandé à Zara Lassalette, étudiante en 2e année à l’ISRP (Institut Supérieur de Rééducation Psychomotrice) de Marseille, vice-Présidente en charge de la solidarité à l’international à l’ANEP (Association Nationale des Etudiants en Psychomotricité) de nous parler de la formation et des projets fous dans lesquels s’investissent les 2500 étudiants français en psychomotricité.
Témoignage passionné d’une future (super) psychomotricienne !

Pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous avez souhaité devenir psychomotricienne et nous présenter votre parcours ?

Le choix des études en psychomotricité a été comme une évidence. Je suis passionnée depuis toujours par le fait de « comprendre ». Comprendre le monde, les autres, les relations qui nous lient, ce qui nous fait grandir. J’ai besoin de sens dans mon quotidien, je voulais absolument exercer un métier qui servirait à quelque chose, qui servirait aux autres, tout en gardant cet aspect purement scientifique que je trouve passionnant.  En classe de 1e, ma professeure de biologie, alors directrice d’une prépa aux concours de santé, nous a présenté la psychomotricité. Ça a été une révélation, je tenais ma vocation ! Un métier où la routine n’a pas sa place, un métier où on apprend mais aussi où l’on s’apprend. Une profession qui évolue, en pleine expansion.
Après mon baccalauréat j’ai donc entamé une prépa aux concours de psychomotricité, passage quasi obligatoire pour toutes les écoles où l’entrée se fait sur concours. J’avais certaines craintes d’avoir un petit peu idéalisé le cursus, la psychomotricité est complexe à comprendre et à appréhender. Mais heureusement, je ne fais qu’aller de surprise en surprise depuis le début de cette aventure.

Quelle définition donneriez-vous de la psychomotricité ?

Je vous proposerais une définition issue d’une réflexion commune de ma classe :
« La psychomotricité est une discipline visant à rétablir une harmonie entre le corps et l’esprit, par l’intermédiaire de différentes médiations, en prenant l’individu dans sa globalité ». Elle considère que les fonctions motrices et l’état psychique, affectif et relationnel sont en lien et ont des effets mutuels.

Le psychomotricien passe par une médiation pour remédier à la difficulté ou au trouble. Il agit sur le corps pour harmoniser les fonctions motrices, intellectuelles et affectives. Une médiation peut être un objet, un jeu, une technique corporelle de stimulation, d’expression ou de relaxation, une activité artistique ou sportive…
Quelle qu’elle soit, la médiation met en jeu le corps. Le choix de la médiation corporelle se fait en fonction de la personne, de ses affinités et de ses difficultés.

Le psychomotricien aide son patient à trouver ou retrouver un équilibre psycho-corporel, à mieux prendre conscience de son corps, à le maîtriser, à en faire un instrument capable de s’exprimer et de communiquer. Ce qu’il y a de passionnant à mes yeux, c’est qu’un psychomotricien peut exercer dans n’importe quelle structure et dans n’importe quelle équipe. Ce qui est primordial, c’est de savoir s’adapter. L’apport théorique de notre formation vise à ce que nous puissions travailler aussi bien avec les personnes âgées, qu’avec les enfants présentant des troubles du spectre autistique ou psychotiques, ou encore un public polyhandicapé.
Le psychomotricien peut aussi travailler sur tout ce qui est trouble de l’apprentissage de l’écriture chez les jeunes enfants.

Il y a autant de psychomotricien qu’il y a d’individus.

 

Où exercent les psychomotriciens ?

Après notre diplôme, nous pouvons exercer en structure : IME (Institut médico-éducatif), CMPP (Centres Médico Psycho Pédagogiques), EHPAD (Etablissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), ITEP (Institut Thérapeutique Éducatif & Pédagogique), MAS (Maison d’accueil spécialisée), FAM (Foyer d’accueil médicalisé) ou en libéral. Au fil de nos études nous avons l’obligation d’effectuer des stages dans le plus de structures possibles, afin d’avoir une expérience plus riche. Nous avons énormément de cours pratiques afin d’expérimenter d’abord sur nous pour mieux transmettre les diverses médiations que nous serons amenés à faire.

De mon point de vue d’étudiante, j’ai l’impression que la profession est très controversée, et qu’il y a encore beaucoup d’ a priori. J’entends souvent « la psycho-quoi ? » ou encore « Ah mais vous ne faîtes que jouer avec les patients !».
Du fait de sa jeunesse, la psychomotricité n’est pas encore très reconnue. Chaque professionnel de santé a pour moi sa place dans une équipe et un regard différent, mais très important, sur les différents troubles que nous pouvons rencontrer. Nous avons tous à apprendre les uns des autres car nous sommes tous formés de manière différente. Toutes les professions paramédicales œuvrent pour le même but : que les patients vivent au mieux. Chacun à notre manière, nous pouvons y contribuer. Le « travailler ensemble » me semble presque vital pour une prise en charge optimale. C’est cette richesse qui m’apparaît comme notre plus grande force dans le monde médical.

J’aime à croire que le psychomotricien fait du lien entre toutes les spécialités, sans toutefois empiéter sur ces dernières.

Comment se déroulent les études de psychomotricité ?

Notre cursus se déroule en 3 ans. Etant donné la jeunesse de la profession, les cursus ne sont pas encore uniformisées. Selon les écoles, les modalités d’entrée sont très différentes (concours, 1e année de médecine, STAPS ou biologie ou encore licence en STAPS ou en psychologie). Les prix aussi varient ; de 450 à 10 000 € l’année. Nous sommes 2500 étudiants chaque année en France. Marseille, en termes d’effectifs, est la 3e école de France, avec à peu près 120 élèves par promotion. Mais généralement les classes sont beaucoup plus restreintes, allant de 20 à 70 élèves.
La psychomotricité reste malheureusement une discipline très féminine. Mais, ce qui fait notre force, à mon sens, c’est la variété des profils.
Si majoritairement nous avons 21 ans et avons réalisé un parcours « classique », de lycée-prépa-concours, il y a des étudiants de 19 à 46 ans, des reconversions professionnelles, des gens qui étaient déjà dans la santé ou pas du tout. C’est une réelle richesse, les échanges n’en sont que plus intéressants. A Marseille nous avons la chance d’avoir énormément de pratiques par groupe de 25. J’ai l’impression que nous sommes plus à l’aise avec nous-mêmes et le reste du monde, ça a quelque chose de très galvanisant. D’une manière générale, je pense que notre formation ne s’arrête pas après l’obtention de notre diplôme d’état et que nous ne cessons d’apprendre. Nous avons à apprendre de tout patient et de toute personne, quelle qu’elle soit. Notre devoir est de nous former continuellement.

La réalisation de projets concrets est également un aspect important de votre formation. Pouvez-vous nous expliquer ce que sont les PEA ?

Chaque année à Marseille, nous devons faire partie d’un PEA (Projet Extra Académique) afin de promouvoir la psychomotricité et de faire connaître notre métier, mais aussi afin d’apprendre à travailler en équipe, à résoudre des problématiques… De nombreuses actions ont déjà vu le jour. Chaque année un PEA récolte des fonds pour le Téléthon, un autre sensibilise au don du sang. Certains étudiants s’impliquent dans des projets musicaux avec une association, ou encore dans une grande course annuelle réunissant des personnes en situation de handicap et des personnes valides. Une équipe fait partie de la 4L Trophy, une autre organise des rencontres avec des enfants à haut potentiel, ou encore organise un week end ski avec des enfants déficients visuels… et j’en passe ! Le plus gros projet reste néanmoins celui organisé avec l’association Psychotrot, qui organise des voyages en solidarité à l’étranger (projet au Pérou, au Guatemala ..). Ces PEA insufflent un réel dynamisme aux étudiants.

Les liens entre écoles semblent également très forts, comme en témoignent les WEIEP (Week end Inter Ecole en Psychomotricité). Pouvez-nous en dire plus sur ces week end ?

Cette année est particulière pour Marseille, car nous accueillons le WEIEP (Week-End Inter Ecole en Psychomotricité) fin mars 2018. Depuis 11 ans maintenant et chaque année, une école accueille à peu près 350 étudiants de toute la France le temps d’un week end. Au programme, présentation de chaque Institut, visite de la ville hôte, moment festif et échanges de pratique. La tradition veut que les 3e année présentent une pratique de leur école en rapport avec le thème annuel. Nos cours pratiques diffèrent en effet énormément selon les écoles, c’est un moment parfait pour avoir une vision d’ensemble de ce qui se fait un peu partout ! C’est un moment très authentique qui marque notre cursus. Le temps est à la rencontre, à l’échange et à la camaraderie. Nous réalisons que nous ne sommes pas seuls à vivre cette incroyable aventure.
Nous sommes une équipe de 9 étudiants en deuxième année à nous être engagés à accueillir nos pairs du 31 mars au 2 avril 2018. Nous aimerions ouvrir l’échange de pratiques au public, afin de faire connaître notre profession. Nous sommes très motivés pour faire de cette rencontre une réussite et avons hâte d’accueillir les étudiants !

Vous faîtes également partie de l’Association Nationale des Etudiants en Psychomotricité, l’ANEP. Pouvez-vous nous éclairer sur les missions de cette association ?

Ce bureau national, qui change chaque année, a pour vocation de traiter tout ce qui touche aux problématiques étudiantes actuelles. J’en fais partie en qualité de Vice-Présidente en charge de la Solidarité à l’International. Mon rôle consiste à être présente pour les étudiants souhaitant monter des projets de solidarité, mais aussi à me tenir informée de ce qui se fait nationalement.
Cette année, l’ANEP et deux psychomotriciennes ont mis en place une carte interactive sur laquelle on peut trouver toute les informations concernant la psychomotricité à l’international.
Plus généralement, l’ANEP est présente pour les étudiants, mais surtout elle leur donne une voix. Nous sommes 12 en France, dans des écoles différentes, et organisons plusieurs week end aux thèmes différents pour informer les étudiants des nouveautés et pour les réunir.

Comment voyez-vous votre avenir de praticienne ?

J’aimerais, après mon diplôme, partir un an ou deux autour du monde pour faire de la solidarité. Après quoi je pense travailler deux trois ans en France avant de possiblement faire un master en Amérique latine. Mon projet, sur le long terme et après quelques années en institution, serait de créer une compagnie de plusieurs psychomotriciens où l’on retrouverait toute les formes d’art. L’improvisation théâtrale a toujours fait partie de ma vie et j’aimerais l’associer à la psychomotricité.

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A propos de l'auteur

Marianne est chargée de communication chez Hop'Toys et rédactrice sur ce blog.



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