Le langage c’est un apprentissage qui passe par des compétences socles, des prérequis que l’on imagine pas aussi primordiaux dans les premières années d’un enfant. En effet, nous tentons d’apporter à notre enfant des apprentissages par le jeu et ce de différentes manières. Et c’est à travers toutes ces activités faites en famille, tous ces moments de partages, d’échange, et de découverte que le langage se crée avant même que l’enfant ne soit capable de s’exprimer. Dans cet article nous analyserons plus en détails ces indispensables prérequis au langage dans la vie d’un enfant.

La demande fait partie des intentions de communication. Elle peut être verbale ou non, selon le stade de développement du langage. Il est très important de reconnaître l’enfant, quel que soit son âge, ses besoins spécifiques ou non, ainsi que ses capacités comme un être communicant et pensant. La demande au départ ne va donc pas émaner de l’enfant lui-même mais des parents qui vont « montrer l’exemple ». Quand l’enfant est tout bébé on va lui demander des tas de choses, le fait qu’il ne soit pas doté de la parole ne change rien à l’importance de mettre en place cette demande dans la communication. Lorsque on va vouloir combler les besoins d’un bébé on va dès le départ lui poser des questions, est-ce-que tu as faim ? Ta couche est sale ? Tu veux que je te change ? Ces demandes faites directement à l’enfant lui permettent d’assimiler les intentions de ces questions. Il nous entend également au jour le jour faire différentes demandes que ce soit en famille, ou en extérieur lorsque nous demandons quelque chose à quelqu’un. La demande lorsqu’elle est non verbale peut se traduire par un geste, on va tendre un objet à quelqu’un, remercier par la main… Plus tard l’acquisition de la demande permettra à l’enfant de pouvoir initier et maintenir un acte de communication avec une personne.

C’est la clé de voûte de l’interaction : porter son attention avec une autre personne sur un même objet dans le but d’une observation partagée. Dans la pratique il est facile et à portée de tous de mettre en place l’attention conjointe. On peut commencer par utiliser un objet aimé de l’enfant, afin d’attirer son regard tout d’abord vers cet objet. Bien sûr, on va verbaliser autour de cet objet et de ces caractéristiques, en expliquant à l’enfant : « Tu as vu cet objet est rond, il est de telle couleur, il fait du bruit, il sert à ça on peut l’utiliser comme cela… » On met des mots pour décrire l’objet afin que l’attention de l’enfant comme la nôtre soit portée dessus. Par la suite on va tenter d’accroître cette attention vers l’objet en le mettant en situation. On va exposer l’objet dans un endroit visible et proposer avec l’enfant de le retrouver. On va faire cette activité ensemble et donc permettre à l’enfant d’exercer sa capacité à suivre du regard et travailler par la suite le pointage, la discrimination visuelle, la curiosité et l’imitation qui sont d’autres compétences clefs pour le développement du langage.

L’imitation qu’elle soit motrice, posturale, gestuelle, vocale ou verbale est un des moyens les plus importants de l’apprentissage, mais elle suppose une prise en compte de l’autre. L’imitation est un prérequis au langage essentiel car l’enfant apprend en imitant, il n’apprend pas seulement à parler mais il apprend de nombreuses compétences par l’imitation. Dans le cas plus précis du langage, l’imitation va aider l’enfant car on va commencer par l’imitation vocale. On va imiter les sons que fait l’enfant, on va reproduire les sons des animaux, les sons de ses jouets, des chansons… On va montrer à l’enfant que nous aussi nous imitons. Puis l’enfant peu à peu va nous imiter de façon gestuelle grâce aux gestes que l’on va lui montrer, bravo, coucou, au revoir. L’enfant va directement reproduire ce geste qu’il vient de voir. Le processus d’imitation verbal et gestuel commence en général dans la deuxième année de l’enfant, quand l’enfant va reproduire une action qu’il a vécue ou observée dans son quotidien. C’est ce que l’on appelle l’imitation différée, l’enfant va faire semblant de manger ou de boire, de se coiffer, de faire la cuisine… Cependant il évoque dans ce jeu symbolique quelque chose d’absent, cette imitation n’est possible que lorsque l’enfant a acquis la permanence de l’objet, c’est-à-dire lorsqu’il a pris conscience qu’un objet continuer d’exister même si il ne voit pas. Selon Jean Piaget,connu pour ses travaux en psychologie du développement, le langage émerge grâce à l’imitation différée.

Le pointage est le signe de l’entrée de l’enfant dans la communication référentielle, c’est un support indispensable à l’interaction et à l’attention conjointe, il est lié aux acquisitions lexicales ultérieures. Dans les étapes de développement de bébé le pointage est une étape importante. Réalisé généralement partir de 9 mois, le geste de pointage est un acte de communication non verbal. il est un geste précurseur du langage car il permet aux bébés d’entrer en interaction avec les personnes, d’établir une attention conjointe et/ou d’obtenir des informations sur un objet, un événement ou une personne et surtout de montrer leur intérêt. Ce pointage de l’enfant lui donne la possibilité de désigner un objet en tant que lieu d’attention partagée et d’échange avec l’adulte. Le pointage est accompagné d’autres éléments verbaux et vocaux tels que des regards et des vocalisations qui vont encourager l’expression de l’enfant, la demande et l’attention conjointe comme on en parlait précédemment.

Alternance d’actions et d’attentions, de production et de réception, le tour de rôle est indispensable à l’imitation, à l’interaction et au jeu symbolique. En tant qu’adultes lorsque que l’on entame une conversation avec quelqu’un il faut respecter le « tour de rôle »  de chacun. C’est primordial dans la communication et le concept du tour de rôle est développé très tôt chez l’enfant en tout premier par le jeu. Bien sûr, pour un très jeune enfant cet apprentissage peut s’avérer compliqué au départ, l’enfant n’ayant pas les capacités de patienter de par le développement de son cerveau encore trop immature pour gérer la patience, cela va donc prendre du temps et être le résultat de plusieurs petits exercices et défis ludiques à mettre en place avec votre enfant. Pour encourager l’enfant dans l’apprentissage du tour de rôle il est efficace de commencer dès qu’il va montrer de l’intérêt pour les autres et pour ce qu’ils font. Comme pour beaucoup de compétences et d’apprentissages, lui montrer l’exemple est un bon moyen, faites-lui remarquer les moments où vous aussi vous devez attendre votre tour, par exemple à la caisse au super marché, ou encore dans une salle d’attente. Ensuite mettez en pratique : le sport est un bon moyen de jouer à tour de rôle avec votre enfant, une partie de foot ou encore de raquettes lui permet de comprendre qu’avant de recevoir la balle vous devez lui envoyer et qu’ensuite cela sera son tour.

Apprentissage clé pour s’adapter à la société, le respect des consignes passe nécessairement par la compréhension de celles-ci. Au départ afin que l’enfant comprenne une consigne celle-ci se doit d’être accompagnée par un geste explicatif qui permet par exemple de montrer l’objet que vous voulez qu’il prenne, ou l’endroit où il peut s’asseoir… Par la suite il ne sera plus nécessaire d’associer un geste et la consigne. Pour un enfant le respect des consignes est important car elles indiquent ce qui est attendu de lui et ce qui lui est permis ou non de faire. Cependant il faut que l’enfant comprenne ces consignes. L’utilisation de consignes positives est une bonne façon d’aider votre enfant à respecter les règles, car elles sont plus faciles à comprendre que les consignes négatives. Par ailleurs, la consigne positive dit à l’enfant ce qu’il doit faire alors que la consigne négative ne lui indique que ce qu’il ne doit pas faire ou ce qui est interdit, mais sans mentionner ce qui est attendu de lui.

>> Téléchargez notre infographie : « Bienveillance : Les 10 phrases alternatives et positives »


Source : 

https://lesprosdelapetiteenfance.fr/eveil-activites/jouer-pour-grandir/le-processus-dimitation-chez-lenfant-passe-par-le-jeu/le-jeu-dimitation-determinant-dans-le-developpement-de-lenfant

https://journals.openedition.org/aile/4515

https://www.persee.fr/doc/enfan_0013-7545_1972_num_25_5_2552

https://naitreetgrandir.com/fr/etape/1_3_ans/jeux/fiche.aspx?doc=apprendre-attendre-son-tour

est assistante marketing en alternance chez Hop'Toys et rédactrice d'articles sur le blog

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