Le schéma corporel est la prise de conscience par l’enfant de son corps et de la place qu’il occupe dans l’espace. Il donne au corps une image concrète de ses possibilités d’action, un contrôle plus précis de ses mouvements et donne à l’enfant un sentiment de sécurité dans ses activités motrices. Découvrez dans cet article comment ce schéma corporel se développe chez l’enfant, mais également des pistes pour aider les enfants présentant des troubles du schéma corporel.

Un apprentissage essentiel

Dès la naissance, cette image du corps va se constituer à partir de données sensorielles multiples pouvant se classer en deux catégories distinctes :

  • Celles qui résultent des perceptions internes. Il s’agit des informations provenant de l’activité propre de certains organes, des sensations musculaires et articulaires. Elles apportent à l’enfant des renseignements sur son propre corps.
  • Celles qui résultent de perceptions externes. Il s’agit d’informations provenant des stimulations du milieu extérieur se produisant grâce aux sens de l’enfant. Elles permettent une meilleure situation du sujet par rapport à l’espace et aux objets.

Tous nos sens entrent en jeu dans la construction du schéma corporel : visuel, auditif, tactile, olfactif, gustatif, mais également proprioceptif et vestibulaire. Il se construit et évolue tout au long de la vie, mais plusieurs étapes ont lieu durant l’enfance.

Le corps subi : de 0 à 3 mois

À sa naissance, l’enfant n’a pas conscience de son corps comme d’une entité à part entière. Il ne se différencie pas de sa mère ou du monde qui l’entoure. Ses mouvements sont des réponses réflexes à ses besoins : téter, respirer…

Le corps vécu : jusqu’à 3 ans

Le système nerveux du nourrisson se développe. En vivant de nombreuses expériences sensorielles, il développe progressivement la conscience de son corps et son action sur l’environnement. À ce stade, l’enfant développe ses compétences motrices. C’est pourquoi il est important de lui apporter des stimulations variées et faisant appel à tous ses sens.

Le corps perçu : de 3 à 7 ans

Sa motricité s’améliore, sa posture se stabilise et il intègre la latéralité. La latéralité est le fait d’utiliser plus facilement une moitié du corps : la droite ou la gauche. Cette prédominance fonctionnelle apparaît souvent et clairement pour l’usage de la main directrice. Cependant, elle peut aussi s’exprimer pour les yeux, les oreilles, les jambes, les pieds et encore d’autres organes ou membres du corps.

Le corps connu : de 3 à 12 ans

Cette étape se construit en parallèle de l’étape du corps perçu. En effet, en améliorant la conscience perceptive globale de son corps, l’enfant apprend à nommer les différentes parties de son corps. Il peut alors les reconnaître et développe également la représentation mentale du corps.

Les conséquences d’un schéma corporel mal structuré

La construction du schéma corporel repose sur des apprentissages cognitifs et psychomoteurs. La prise de conscience des possibilités de son corps influence directement « l’image du corps ». En effet, parallèlement au schéma corporel, un aspect psychologique important se construit : c’est l’image que l’enfant aura de son propre corps et de ses capacités. Ainsi, un schéma corporel mal structuré aura des incidences directes sur la confiance et l’estime de soi de l’enfant.

>> À lire : construire la confiance et l’estime de soi à tout âge.

D’autre part, un schéma corporel mal structuré peut développer :

  • Du côté de la perception, un déficit de la structuration spatio-temporelle (difficultés d’adaptation, difficultés d’apprentissage : structuration, rythme, écriture, mathématique)
  • Au niveau de la motricité, maladresse et incoordination (production orale, écrite)
  • Du côté de la relation avec autrui, l’inhibition, l’insécurité et l’agressivité (difficultés de construction des connaissances, difficultés dues à l’absence d’interaction avec les autres).

Schéma corporel et handicap

Pour l’enfant en situation de handicap, la construction de ce schéma corporel sera forcément plus difficile. En effet, comme expliqué plus haut, cette construction corporelle repose en premier lieu sur l’expérience des sens. Or, si l’un d’eux ne peut être exploité à cause d’un handicap, la stimulation sensorielle sera plus complexe. L’enfant devra donc être plus spécifiquement accompagné.

Prenons l’exemple d’un enfant non-voyant. Il subit une privation de stimulations sensorielles liées à sa vue. Son développement psychomoteur sera plus lent qu’un autre. Il marchera plus tard, vers 22 à 25 mois, car son schéma corporel se développe plus lentement en raison des stimuli moins importants. Il n’a pas cette envie de découverte de l’environnement qui pousse le nourrisson à se lever. L’espace est pour lui plutôt source d’angoisse. Cependant, si l’on reprend ce même exemple, un enfant aveugle ne peut pas être autonome sans avoir de bonnes compétences psychomotrices telles que la latéralisation, la motricité fine, le toucher efficace, l’organisation dans l’espace… D’où l’importance d’une prise en charge précoce non seulement pour les enfants non-voyants, mais pour tous les enfants porteurs de handicap.

Dans le cas d’un handicap moteur, les premières expériences motrices de l’enfant sont altérées. Il peut rencontrer des difficultés de préhension (pour attraper des objets), de mise en verticalité (se lever), d’équilibration ou de déplacement. Ainsi, la psychomotricité sera plus complexe pour les enfants en situation de handicap moteur.

Personne en fauteuil roulant.

Comment aider son enfant à développer son schéma corporel ?

Les troubles du schéma corporel sont notamment pris en charge par un psychomotricien. Ce dernier propose des séances d’approche corporelle à visée ré-éducative et thérapeutique. Il travaille avec les particularités et les difficultés de chaque enfant, en le prenant en compte dans sa globalité.

>> Pour aller plus loin : comment développer la psychomotricité des enfants ?

Nous vous proposons d’autre part, des activités et des outils pour vous aider à développer, à la maison, la conscience du corps de votre enfant.

Le miroir

Vers 8 mois, survient une évolution psychique du petit-enfant que l’on nomme « le stade du miroir ». Devant le miroir, il va progressivement identifier son corps et prendre conscience de lui-même.

Au début, il ne se reconnaît pas dans son reflet et pense qu’il s’agit d’une autre personne. Il aura tendance à toucher le miroir, lui faire des bisous afin d’interagir avec cet autre que lui. Peu à peu, il prendra conscience de son reflet. Il pourra alors toucher une partie de son propre corps en se référant à son image dans le miroir, cependant ses gestes sont beaucoup plus maladroits et imprécis que dans une situation normale.

Vous pouvez tenter vous-même de faire l’expérience avec votre enfant en lui montrant une première fois son reflet dans le miroir, puis en lui montrant une seconde fois son reflet dans le miroir après avoir déposé une pastille de couleur sur le bout de son nez. Vous découvrirez avec surprise à quelle étape votre enfant se situe, quand il appréhendera son image et pourra enlever la pastille.

miroirs

Miroir d’éveil : Ce miroir est en acrylique. Utilisez-le pour la découverte de soi, notamment lors du stade du miroir, mais aussi pour des exercices de motricité bucco-maxillaire. Dim. 36 x 25,8 cm. Dès la naissance.

Miroirs incassables : Lot de 5 grands miroirs incassables de formes géométriques différentes. A poser contre un mur ou au sol pour encourager la découverte et l’exploration de soi. Ils sont faciles à manipuler car légers et flexibles. Dim. de 24 à 33 cm. Ep. 2 mm. En polystyrène. Dès 3 ans.

>> À lire : les miroirs en petite enfance.

Les figurines AniMate

AniMate est une figurine aimantée sur laquelle on dispose des pictogrammes aimantés. C’est un outil concret, très apprécié des enfants, et surtout polyvalent ! En effet, les possibilités d’utilisation sont multiples. Il est notamment possible de travailler le repérage du schéma corporel et de développer le vocabulaire corporel.

Animate schéma corporel

AniMate – schéma corporel enfant : Ces 24 pictogrammes AniMate permettront de reconstituer un corps humain enfant sur la figurine et ainsi faciliter la découverte du corps. La figurine étant recto/verso, il est possible de représenter le corps de devant et de dos ! Pour les adultes ou adolescents qui présentent des troubles cognitifs ou des déficiences intellectuelles, ces pictogrammes seront particulièrement adaptés et pourront faciliter la compréhension des transformations du corps et de la sexualité. Les applications sont multiples : schéma corporel, personnalisation, visuo spatialisation, organisation, développement du vocabulaire. Le pack contient des éléments filles et garçons. Figurine non incluse.

>> Pour aller plus loin : comprendre le corps et ses transformations avec AniMate

Article publié le 30 mars 2017, mis à jour le 9 mars 2021.

Perrine est chef de projet multimédia chez Hop'Toys. Elle réalise aussi les différentes infographies, illustrations et activités créatives que vous pouvez télécharger gratuitement sur ce blog.

2 Commentaires

  • Mel dit :

    Connaissez-vous un test ou plusieurs test pour évaluer le schéma corporel et la prise de conscience de son corps chez des personnes présentant un handicap mental?

    J’en aurai besoin pour mon mémoire
    Merci beaucoup

  • Bonjour,
    Nous ne connaissons pas de tests pour évaluer le shéma corporel, mais voici ce que nous avons trouvé sur le web : http://www.er.uqam.ca/nobel/r12110/

    A la fin du document, vous trouverez une échelle d’évaluation de comportement qui pourra vous être utile.

    Je reste à votre disposition si besoin et vous souhaite une très belle journée.

    Caroline

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