Aujourd’hui, nous donnons la parole à Natalie Indélicato, @natclasseetdirection, directrice d’école élémentaire et ancienne coordinatrice ULIS. Elle partage son expérience de terrain et les ajustements concrets mis en place dans son établissement pour favoriser le bien-être et l’inclusion de tous les élèves.
Quand on change l’environnement, on change aussi les possibles
Dans ma pratique d’enseignante spécialisée puis de directrice d’une école élémentaire de 8 classes, j’ai pu observer que les élèves n(ont pas les mêmes besoins pour être disponibles aux apprentissages. Ce n’est pas un manque de motivation, mais plutôt une question d’environnement, qui ne permet pas toujours de réguler ce qu’ils ressentent ou ce dont ils ont besoin.
Certains ont besoin de bouger, d’autres de s’isoler quelques minutes, d’autres encore d’avoir les mains occupée pour pouvoir se concentrer. Et très souvent, ces besoins concernent l’ensemble des élèves, à différents moments de la journée.
C’est à partir de ces observations, partagées avec mon équipe, que nous avons commencé à modifier progressivement nos espaces en ajustant ce qui pouvait l’être.
Des espaces pour souffler, se réguler
Dans notre école, nous avons mis en place plusieurs espaces de retour au calme accessibles aux élèves lorsqu’ils en ressentent le besoin.
Il peut s’agir d’un coin dans une salle, de la bibliothèque ou d’un espace partagé. Ces lieux sont pensés comme des zones de pause et de régulation.
On y trouve par exemple :
- un tipi, une tente ou un espace semi-fermé pour se sentir en sécurité,
- des coussins et tapis pour s’installer confortablement,
- un ballon de gym pour répondre au besoin de mouvement,
- des casques antibruit pour s’isoler du bruit ambiant,
Il s’agit d’espaces permettant aux élèves de s’éloigner temporairement du groupe lorsqu’ils en ressentent le besoin, afin de retrouver du calme et de revenir ensuite aux apprentissages dans de meilleurs conditions.

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Dans chaque classe : des coins bien-être accessibles en toute autonomie
Dans les classes, chaque enseignant a également mis en place un coin bien-être pensé comme un outil de régulation autonome.
On y retrouve des assises variées, des coussins, parfois des doudous, ainsi que des outils de manipulation comme des fidgets ou des objets sensoriels.
Ces objets sont introduits et présentés aux élèves comme des outils pour aider le cerveau à se concentrer, à canaliser l’agitation ou à se recentrer.
Les utilisations sont explicitées en amont. Un élève peut s’en servir lorsqu’il en ressent le besoin pour rester disponible aux apprentissages.
Progressivement, les élèves apprennent à identifier leurs besoins et à choisir les outils ou les espaces qui leur font du bien.
Ce qui change ici, c’est que ces choix leur appartiennent.
Des ajustements qui changent la dynamique de classe
Avec le temps, ces aménagements ont eu un impact visible sur le quotidien :
- les situations de surcharge émotionnelle sont plus facilement régulées,
- les élèves parviennent plus rapidement à retrouver leur calme,
- les tensions diminuent,
- les élèves développent davantage d’autonomie dans la gestion de leurs besoins,
- ces espaces offrent de véritables sas de décompression,
- le climat de classe devient plus apaisé et plus propice aux apprentissages.
Un élève qui sent qu’il peut se réguler, peut agir avant d’être débordé.

Ce que disent les élèves
Le plus parlant reste souvent leurs mots :
Ça me calme.
Je me sens bien assis sur le gros ballon.
Avec le casque, je suis dans ma bulle et je peux me concentrer sur mon activité.
Avec les fidgets, mes mains sont occupées et je peux écouter.
Quand je ne peux plus travailler, je vais m’asseoir au coin bien-être avec un jeu.
Les élèves savent souvent très bien ce dont ils ont besoin, quand on leur donne la possibilité.
Une autre façon de penser la classe
Ces solutions ne demandent pas forcément de grands moyens. Elles reposent surtout sur l’idée d’adapter l’environnement pour rendre l’école plus accessible à tous et toutes.
Un coin calme, quelques outils sensoriels, une organisation plus souple des espaces… ces petits ajustements transforment progressivement la manière dont les élèves vivent leur journée d’école.
Ils permettent à chacun de trouver sa place, sans devoir s’adapter en permanence à un cadre unique.
Ces petits ajustements permettent à chaque élève d’apprendre dans de meilleures conditions, en respectant ses besoins et son rythme.


