Publié le 27 mars 2018, mis à jour le 11 octobre 2019

Chaque année le 11 octobre, c’est la Journée internationale des droits des filles. L’occasion de se pencher sur une différence persistante entre elles et les garçons : le diagnostic des troubles du spectre de l’autisme. En effet, à ce jour, les filles sont encore beaucoup moins diagnostiquées, tant elles ont une plus grande propension que les garçons à intérioriser, à camoufler leurs symptômes.

Les filles bien souvent sous-diagnostiquées…

Les garçons et les filles neuro-typiques sont très différents dans leur comportement social, dans leur façon de communiquer. Il n’est donc pas étonnant que les enfants neuro-atypiques le soient aussi ! Les filles qui présentent des symptômes évidents de trouble du spectre autistique (TSA), tels que des comportements stéréotypés, une absence ou un retard de langage, des difficultés dans les habilités sociales (savoir-faire comportementaux) ou des troubles cognitifs importants sont généralement diagnostiquées dès le plus jeune âge. Mais les filles dont les symptômes sont plus subtils, ou dont le niveau d’intelligence leur permet de masquer ces derniers, peuvent être diagnostiquées seulement à la pré-adolescence, voire, pour certaines, à l’âge adulte. 

Notre vision des filles, notre culture, peuvent être à l’origine de certains diagnostics ratés. En général, on s’attend à ce que les filles soient plus calmes que les garçons. Un comportement timide et renfermé peut être considéré comme typique des petites filles, tandis qu’un garçon ayant le même comportement sera considéré comme atypique. De même, une fille qui semble “dans les nuages” et timide sera souvent décrite comme une “rêveuse”, alors qu’un garçon ayant des comportements similaires peut attirer une attention plus négative.

Les filles moins bien diagnostiquées que les garçons

Quels sont les signes pouvant suggérer des troubles du spectre de l’autisme chez une fille ?

Il n’y a pas de symptôme spécifique, en tout cas pas plus que l’accumulation des signes symptomatiques classiques, bien que certains puissent sembler de plus en plus évidents au fur et à mesure que la petite fille grandit.

Les filles ont une plus grande tendance à adapter leur comportement. Elles imitent ce que les autres enfants peuvent faire, ou dire, allant jusqu’à imiter la personnalité d’autres filles de leur entourage, leurs accents… Pour masquer leurs difficultés, les palier même inconsciemment, elles vont souvent jouer avec des enfants plus âgés ou plus jeunes.
Les difficultés de socialisation deviennent plus visibles à l’adolescence, lorsque les relations entre garçons et filles changent, et que les attentes sociales augmentent.

Si vous observez plusieurs des signes suivants chez votre fille, et que ceux-ci semblent de plus en plus réguliers, s’ils interfèrent avec la capacité de votre enfant à se réaliser, vous pourriez envisager de la faire diagnostiquer par le Centre de Ressource Autisme de votre région, ou par un professionnel de santé spécialisé dans le diagnostic des troubles du spectre autistique, chez l’enfant, notamment chez les filles :

1. Votre fille compte sur d’autres enfants (généralement ses amies) pour la guider et parler à sa place tout au long de la journée à l’école.

2. Votre fille a des intérêts “passionnés” et limités qui sont très spécifiques et restreints. Par exemple, alors que de nombreuses filles peuvent être fans d’une série de télévision particulière, une fille avec des troubles du spectre autistique peut rassembler des informations et parler sans fin des personnages, des lieux ou des acteurs, mais ne va rien savoir de l’intrigue ou du type de série dont il s’agit.

3. Votre fille a une hyper ou hypo-sensibilité. Elle réagit à certains bruits, aux lumières vives ou aux odeurs fortes. Les troubles sensoriels ne sont pas spécifiques à l’autisme, mais ils peuvent en être un symptôme.

4. Les conversations de votre fille se limitent à ses sujets d’intérêt. Elle peut partager sur ce qu’elle aime, mais n’aura aucun intérêt à entendre la réponse d’une autre personne. Cela peut interférer avec sa capacité à se faire des amis.

5. Votre fille a du mal à gérer ses émotions. Elle peut faire une crise inappropriée selon son âge. Cela peut interférer dans ses relations avec les enseignants ou conduire à des sanctions scolaires.

6. Votre fille est anxieuse, stressée, a des sautes d’humeur et une tendance dépressive. Encore une fois, ces symptômes ne sont en aucun cas propres à l’autisme, mais l’autisme est associé à la fois aux troubles de l’humeur et aux troubles obsessionnels compulsifs.

7. Votre fille a des difficultés à se faire ou à garder ses amis. Elle peut également avoir des difficultés à imiter les comportements sociaux, les choix de mode ou de coiffure par exemple, même si elle peut vouloir s’intégrer.

8. Entrée dans l’adolescence, votre fille trouve qu’il est de plus en plus difficile de communiquer avec les autres, même si elle semble se développer de façon ordinaire comme toutes les autres jeunes filles (des études démontrent que les filles avec autisme peuvent trouver des façons de gérer et de masquer les difficultés d’interaction sociale).

Fille et trouble du spectre autistique

Si vous reconnaissez votre fille dans ces comportements et que vous décidez de demander un diagnostic, assurez-vous de trouver un professionnel de santé ou une équipe médicale spécialisée dans les troubles du spectre de l’autisme chez les filles. Comme mentionné plus haut, il peut être difficile de diagnostiquer l’autisme chez une fille qui a appris à surmonter ses difficultés.

Si un diagnostic d’autisme est posé, il est important de savoir qu’il existe un large éventail de méthodes d’interventions. En fonction de ses besoins et de ses difficultés, des aménagements au niveau scolaire pourront également être mis en place. 


L’Empowerment, qu’est ce que c’est ?

Le terme «empowerment», qui signifie littéralement «renforcer ou acquérir du pouvoir», est utilisé abondamment depuis la fin des années 1970 dans des champs divers comme le service social, la psychologie sociale, la santé publique, l’alphabétisation des adultes ou le développement communautaire. La notion d’empowerment, très approximativement traduite par les termes français d’«insertion» ou d’«autonomisation», est aujourd’hui au cœur de la rhétorique sur la «participation des minorités» au développement.

Sources : 

Caroline est content manager chez Hop'Toys. Sur ce blog, elle assure la rédaction d'article et traite des sujets d'actualité.

2 Commentaires

  • Klariel dit :

    Il faudrait que les CRA soient formés pour diagnostiquer sur les filles, aussi. Souvent, ils ont plus l’habitude des garçons, ou des autistes plus lourds, alors une personne qui a l’habitude de compenser, ils vont passer totalement à côté. Malheureusement.

  • Caroline dit :

    Bonjour Klariel,

    Je suis tout à fait d’accord avec vous… Comme dans bien des domaines, les jeunes filles et les femmes sont sous diagnostiquées car les symptômes sont différents, ou comme vous le dites, les filles compensent bien plus que les garçons. Souhaitons que les professionnels soient mieux formés sur ces points !

    Belle journée,

    C.

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