En cette année 2018, la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme se concentre sur l’empowerment des femmes et des filles avec autisme. Elles sont bien moins diagnostiquées tant elles ont une plus grande propension à internaliser leurs difficultés, par rapport aux garçons.

Les filles bien souvent sous-diagnostiquées…

Tous les garçons et les filles neurotypiques sont très différents dans leur comportement social, dans leur façon de communiquer, il est donc évident que les enfants neuroatypiques le soient aussi… Les filles qui présentent des symptômes évidents tels que des comportements stéréotypés, une absence ou un retard de langage, des difficultés dans les habilités sociales ou des troubles cognitifs importants sont généralement diagnostiquées dès le plus jeune âge. Mais les filles dont les symptômes sont plus subtils, ou dont le niveau d’intelligence leur permet de masquer les symptômes, peuvent être diagnostiquées seulement lors de la pré-adolescence, voir même pour certaines, à l’âge adulte. 

Notre vision des filles, notre culture, peut être à l’origine de certains diagnostics ratés. En général, on s’attend à ce que les filles soient plus calmes que les garçons. Une fille qui semble timide et renfermée peut être considérée comme typique des petites filles, tandis qu’un garçon ayant le même comportement sera considéré comme atypique. De même, une fille qui semble “dans les nuages” et timide sera souvent décrite comme étant une “rêveuse”, alors qu’un garçon ayant des comportements similaires peut attirer une attention plus négative.

Les filles moins bien diagnostiquées que les garçons

Quels sont les signes pouvant suggérer des troubles du spectre autistique chez une fille ?

Il n’y a pas de symptôme spécifique, en tout cas pas plus que l’accumulation des signes symptomatiques classiques, bien que certains puissent sembler de plus en plus évidents au fur et à mesure que votre fille grandit.

Les filles masquent plus facilement leurs comportements. Elles imitent ce que les autres enfants peuvent faire, ou dire, jusqu’à leurs accents, allant jusqu’à imiter la personnalité d’autres filles de son entourage. Elles jouent souvent avec des enfants plus âgées ou plus jeunes. Les difficultés de socialisation sont plus visibles à l’adolescence, les relations entre garçons et filles changent, et les attentes sociales augmentent.

Si vous observez plusieurs de ces signes chez votre fille, et qu’ils semblent de plus en plus fréquent au fil du temps, s’ils interfèrent avec sa capacité à réussir et à réaliser, vous pourriez envisager de faire diagnostiquer votre fille par le Centre de Ressource Autisme de votre région, ou par un professionnel de santé spécialisé dans le diagnostic des troubles du spectre autistique, chez l’enfant, notamment les filles :

1. Votre fille compte sur d’autres enfants (généralement ses amies) pour les guider et parler pour elle tout au long de la journée à l’école.

2. Votre fille a des intérêts “passionnés” et limités qui sont très spécifiques et restreints. Par exemple, alors que de nombreuses filles peuvent être fans d’une série de télévision particulière, une fille avec des troubles du spectre autistique peut rassembler des informations et parler sans fin des personnages, des lieux, ou des acteurs, mais ne va rien savoir de l’intrigue ou du type de série qu’il s’agit.

3. Votre fille a une hyper ou hypo-sensibilité. Elle réagit à certains bruits, aux lumières vives ou aux odeurs fortes. Les troubles sensoriels ne sont pas uniques à l’autisme, mais ils en sont un symptôme.

4. Les conversations de votre fille sont limitées à ses sujets d’intérêt. Elle peut partager sur ce qu’elle aime, mais n’aura aucun intérêt à entendre la réponse d’une autre personne. Cela peut interférer avec sa capacité à se faire des amis.

5. Votre fille a du mal à gérer ses émotions. Elle peut faire une crise inappropriée selon son âge. Cela peut interférer dans ses relations avec les enseignants, ou conduire à des sanctions scolaires.

6. Votre fille est anxieuse, stressée, a des sautes d’humeur et une tendance dépressive. Encore une fois, ces symptômes ne sont, en aucun cas, propres à l’autisme, mais l’autisme est associé à la fois aux troubles de l’humeur et aux troubles obsessionnels compulsifs.

7. Votre fille a des difficultés à se faire ou à garder ses amis. Elle peut également avoir de la difficulté à imiter les comportements sociaux, les choix de mode ou de coiffures par exemple, même si elle peut vouloir s’intégrer.

8. Votre fille trouve qu’il est de plus en plus difficile de communiquer avec les autres dès l’entrée dans l’adolescence, même si elle semble se développer de façon ordinaire comme toutes les autres jeunes filles (des études démontrent que les filles avec autisme peuvent trouver des façons de gérer et de masquer les difficultés d’interaction sociale).

Fille et trouble du spectre autistique

Si vous pensez que ces critères décrivent votre fille et que vous décidez d’établir un diagnostic,  assurez-vous de trouver un professionnel de santé ou une équipe médicale spécialisés dans les troubles du spectre autistique chez les filles. Comme mentionné plus haut,, il peut être difficile de diagnostiquer l’autisme chez une fille qui a appris à surmonter ses difficultés.

Si un diagnostic d’autisme est posé, il est important de savoir qu’il existe un large éventail de thérapies possibles. Aussi, en fonction de ses besoins et de ses difficultés, vous pouvez envisager des aménagements au niveau scolaire. Les Projets Personnalisés de Scolarisation (PPS) peuvent l’aider dans le public. Vous pouvez également envisager des écoles privées où les enfants par classe sont souvent moins nombreux.


L’Empowerment, qu’est ce que c’est ?

Le terme « empowerment », qui signifie littéralement « renforcer ou acquérir du pouvoir », est utilisé abondamment depuis la fin des années 1970 dans des champs divers comme le service social, la psychologie sociale, la santé publique, l’alphabétisation des adultes ou le développement communautaire. La notion d’empowerment, très approximativement traduite par les termes français d’« insertion » ou « autonomisation », est aujourd’hui au cœur de la rhétorique sur la « participation des minorités » au développement.

Sources : 

Caroline est content manager chez Hop'Toys. Sur ce blog, elle assure la rédaction d'article et traite des sujets d'actualité.

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