Stéphanie Hernandez et Dorine Berton sont deux orthopédagogues qui accompagnent régulièrement des apprenants dys et leur famille à comprendre leur fonctionnement pour apprendre plus sereinement. Elles leur proposent des stratégies compensatoires pour leurs apprentissages, qui sont transférables au quotidien. Elles ont construit cet article à partir de leurs échanges et en imaginant les pensées et les ressentis des enfants dys lorsqu’est abordé le sujet de la confiance en soi avec eux. Bonne lecture !

Que veut dire « avoir confiance en soi » ?

« Fais-toi confiance », « Aie confiance en toi » agissent comme des expressions positives censées motiver l’apprenant vers une meilleure gestion de ses forces et possibilités. Néanmoins, ce concept demeure si subjectif que l’on ne pourrait le définir en une seule phrase, comme nous le propose le dictionnaire en psychologie : « Avoir confiance en soi, c’est avant tout se connaître, c’est croire en son potentiel et en ses capacités. »

Comme le disait Socrate : « Connais-toi, toi-même ! » C’est donc tout un processus de familiarisation avec soi qui engendrerait la meilleure compréhension de son propre fonctionnement. C’est en activant nos propres ressources que nous accédons à un bien-être en accord avec ce que nous sommes vraiment.

>> À lire : Construire la confiance et l’estime de soi à tout âge

Des enfants déguisés en super-héros

Dans la peau d’un enfant DYS

Paul, 10 ans, vient d’être diagnostiqué DYS. Voici son récit :

Je sors d’un diagnostic pour des troubles des apprentissages. Un drôle de moment. Depuis le temps que je me disais « Qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez moi ?». Finalement, CE N’EST PAS MA FAUTE !

Je fonctionne différemment, mais je refuse d’être différent des autres. Du jour au lendemain, j’ai répondu aux questions de divers spécialistes qui m’ont fait passer des tests, ont parlé d’aménagements… J’ai compris, on m’a expliqué que les apprentissages seront plus compliqués pour moi, que j’y arriverai avec des efforts, des compensations, du temps.

Je vais chez l’orthophoniste, le psychologue, l’ergothérapeute ou le psychomotricien, j’ai droit à une AVS, un PAP ou autre acronyme, tout le monde se mobilise pour et avec moi. Pourtant, même si je fais tout mon possible, je suis fatigué, je passe du temps à faire et refaire. Mes résultats ne sont pas à la hauteur de mes investissements. Parfois, on me griffonne quelques annotations telles que : « n’a pas travaillé » ou « vous y arriverez avec des efforts » ou « peut mieux faire ».

Au lieu de rentrer à la maison pour jouer, je vais voir un ou des spécialistes des apprentissages. Je me décourage, je ne me sens pas capable, j’ai peur, je suis triste de ne pas pouvoir faire plaisir à mes parents ou à mes profs, d’être différent, je m’inquiète…

Je perds confiance, je suis frustré, tout tourne autour de ce que je ne réussis pas ou ne peut pas faire. Pourtant, en sport, dans la pratique de mes loisirs, je suis comme les autres, ce trouble ne se voit pas… Certains pensent même que je fais semblant, que je profite de la situation et ça, j’ai du mal à le supporter…

Un enfant tient un crayon

L’analyse de Stéphanie et Dorine

Les apprenants ayant un trouble dys, tels que les dyslexiques, se sentent parfois en retrait, dévalorisés ou encore stigmatisés. Ils ont le profond sentiment de ne pas être « normaux » et d’être en incapacité d’agir comme leurs camarades. Faire des fautes d’orthographe, inverser des syllabes ou lire lentement sont autant d’épreuves qui jalonnent leur quotidien et créent de l’angoisse.

En réhabilitant le droit à l’erreur et en encourageant la diversité, l’apprenant serait en mesure d’honorer sa particularité. En effet, les élèves dyslexiques ont de multiples qualités à faire valoir : sens de l’observation avec une visualisation en 3D, communication orale, créativité, curiosité…

Comment aider les enfants dys à reprendre confiance ?

Pour aider les enfants dys à reprendre confiance, il suffit de noter ce qu’ils réussissent, de les féliciter pour leurs progrès. Lorsqu’ils sont critiques envers eux-mêmes, rappelez-leur ce qu’ils ont déjà réussi ou fait. Quand ils ont terminé, dites-leur de se féliciter. Donnez-leur quelques heures pour développer leurs qualités et leurs talents hors des apprentissages, juste pour leur prouver qu’ils sont uniques et qu’ils doivent être fiers d’eux-mêmes !

Apprenez-leur à être capable différemment et à reprendre confiance petit à petit, pour faire d’eux des adultes dys et confiants qui sauront prendre leur place, assumer leur différence pour apprendre.

Pour renforcer la confiance en soi, il existe diverses méthodes et activités issues de la psychologie positive, de l’intelligence émotionnelle, de la respiration en cohérence cardiaque, des techniques psychocorporelles. Ces pratiques quotidiennes créent des automatismes qui contribuent à renforcer l’image positive que l’on a de soi.

Enfant confiance

S’accepter avec ses qualités et ses imperfections est tout simplement parfait. L’authenticité est libératrice, car elle implique d’être soi sans aucun artifice. Comme apprendre, c’est aussi à prendre, il faut se planter plusieurs fois pour récolter les fruits du succès. Cultivez votre personnalité, vos atouts et vos objectifs ! 

Article publié le 16 janvier 2021. Mis à jour le 8 octobre 2021.


Stéphanie Hernandez (à gauche), orthopédagogue dans la région de Toulouse, et Dorine Berton (à droite), orthopédagogue et praticienne en Epikinergy sur Bayonne, accompagnent régulièrement des apprenants dys et leur famille à comprendre leur fonctionnement pour apprendre plus sereinement. Elles leur proposent des stratégies compensatoires pour leurs apprentissages qui sont transférables au quotidien. 

Les retrouver sur Internet : Facebook : Stéphanie Hernandez Orthopédagogie ou leurs sites respectifs : stephanie-hernandez.fr et dorine-berton.fr

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