Les VEO, acronymes des violences éducatives ordinaires, sont tous les actes empreints de violence à différents degrés, perçues comme des méthodes éducatives par ceux les appliquant sur leurs enfants. Ce sont des violences qui peuvent être physiques (tapes, fessées, bras ou oreilles tirées…), psychologiques (menaces et chantages, moqueries et humiliations, amour conditionnel…), ou être le fruit de négligences et de privations (privation de repas, non prise en compte des émotions ou besoin de l’enfant…). Dans notre infographie, retrouvez des phrases alternatives qui vous permettront de prendre du recul face à une situation en l’analysant du point de vue de l’enfant, et en apprenant à relativiser la colère qui monte en vous.

La parentalité est la première fois où la plupart des personne se doivent de réfléchir sérieusement à la manière dont leurs paroles et leurs actions peuvent avoir un impact puissant sur un autre être humain. La parentalité est une responsabilité et sans en avoir forcément conscience, c’et un grand rôle qui nous ai donné par la vie.  Comment pouvons-nous transformer un petit bébé qui ne comprend pas le monde en un adulte capable de contribuer positivement à la société ?

Beaucoup de parents, ne sachant pas quoi faire, prennent exemples sur la façon dont ils ont été éduqué et élevé lorsqu’ils étaient enfant. Sur les réseaux sociaux, lorsque le sujet est abordé, c’est assez visible :

J’ai pris des fessées quand j’étais plus jeune, et je n’en suis pas morte… ! Au contraire, je suis droit dans mes bottes désormais !

Quand je disais des gros mots, mon père me lavait la bouche au savon. Je suppose que c’est donc ce qu’on est censé faire lorsque notre enfant fait de même.

VEO et bienveillance

Vous souvenez vous des fois où vous vous faisiez gronder par vos parents, de leurs paroles ? N’avez vous jamais ressorti presque mot pour mot ce qu’ils vous disaient lorsque vous étiez enfant ? Il faut dire que cela conditionne beaucoup nos propres réponses et aussi notre comportement envers nos enfants.

Il n’y a rien d’anormal à réagir à une situation émotionnelle (et la frustration parentale peut être très émotionnelle) par réflexe. Nous sommes des êtres humains, et nous avons appris tout un répertoire de réponses à des situations par l’observation. Inconsciemment, une partie de notre cerveau interprète notre environnement et crée des associations qui pourraient être activées ultérieurement. Ce réseau d’associations pourrait fonctionner de la manière suivante: répondre = manquer de respect = crier. Un jour, après une journée de travail fatigante, notre enfant ne va pas dans notre sens et « répond ». Sans réfléchir, on estime qu’il nous manque de respect et qu’il est insolent, alors nous commençons à crier après notre enfant, souvent avec les mêmes mots que nos parents…

Cette tendance à reproduire l’approche adoptée par nos parents pour nous élever est ce que les chercheurs ont appelé « la transmission intergénérationnelle du modèle éducatif ».  Il n’y a rien d’anormal à avoir recours à des pratiques que nous avons observées lorsque nous étions plus jeunes. Cependant, ce n’est pas parce que les humains ont tendance à faire quelque chose que nous ne pouvons pas utiliser nos cerveaux supérieurs pour contrôler cette tendance. Mais alors comment réagir face aux comportements non adapté de notre enfant ? Comment ne pas reproduire ces schémas ?

Nous avons réuni en une infographie les situations les plus courantes face auxquelles un parent et son enfant peuvent se retrouver.

>> Téléchargement : Les 10 phrases alternatives et positives ! 

Lorsque l’enfant tape

Ceux qui pensent qu’éduquer en tapant est une bonne chose ne comprennent pas les enfants. Lorsque nous tapons, frappons, giflons ou donnons une fessée à des enfants, nous leur enseignons que la violence est un moyen acceptable de régler les différents. Ils apprennent également que les plus grands sont autorisés à frapper les plus petits, et que les plus petits ne sont pas autorisés à riposter contre ça. Cela peut leur apprendre à devenir des « victimes ». Les jeunes enfants sont dans un schéma d’imitation du comportement des adultes. Un parent qui tape son enfant pour le punir d’avoir taper quelqu’un est totalement incohérent, en plus d’être contre-productif.

Les enfants qui subissent des VEO se sentent blessés, humiliés, en colère et impuissants. Afin de tenter de reconstruire leur estime de soi, ils rechercheront une personne plus petite qu’eux et le harcèleront ou le taperont. Les témoins de ces violences entre enfant diront  : « Ce que ce petit tyran a besoin, c’est d’une bonne fessée ». Le problème, c’est que c’est probablement exactement ce qu’il reçoit déjà…

Si l’enfant est petit, on stoppera le geste en lui indiquant que la main est faite pour faire des « tout doux », en associant la parole au geste. Le manque de coordination motrice et le fait qu’il ne sache pas encore mesurer sa force (ou au contraire qu’il essaie de la jauger et de voir les réactions en retour) ne lui permettent pas de comprendre que son geste initial n’est pas adapté. Au fur et à mesure que vous lui répèterez, l’enfant l’intègrera. Cela prendra peut être plus de temps que vous le l’espériez, mais il faut que l’enfant puisse intégrer ce processus.

Si l’enfant est plus grand et mesure la portée de son acte, il faudra alors plutôt chercher à comprendre ce qui l’a mis dans une si grande colère pour qu’il arrive à ce geste. Lui apprendre à gérer sa colère et son impulsivité peuvent

Lorsque l’enfant fait un « caprice »

Et si on vous disait que les caprices n’existent pas ? Effectivement, c’est un mot de parent, d’adulte, qui sert à mettre un nom sur une situation que nous ne comprenons pas chez l’enfant. Derrière chaque « caprice » se cache un réel besoin. Le cerveau d’un petit enfant est immature et avant l’âge de 5 ans, c’est le cerveau archaïque et émotionnel qui domine. Même lorsque vous lui demandez de se calmer, il continue de crier, et va parfois même jusqu’à se rouler par terre ! Sachez que ce n’est pas parce qu’il ne veut pas se raisonner qu’il agit ainsi, c’est simplement qu’il ne le peut pas car son cerveau ne lui permet pas. Ses émotions le submergent sans qu’il ne puisse les maitriser !

Une scène que beaucoup de parents redoutent est celle d’un jeune enfant contrarié qui commence à piquer une crise dans un supermarché. Les magasins regorgent de friandises que les enfants peuvent désirer, mais qu’ils ne sont pas autorisés à avoir. Les bonbons et autres tentations sont souvent placés de manière stratégique lorsque les clients font la queue à la caisse, à un moment où les tout-petits peuvent être fatigués, agités et stressés. Ils peuvent commencer à chercher des barres de chocolat, des bonbons et à pleurer s’ils n’ont pas ce qu’ils souhaitent. Nous mêmes, en tant qu’adulte, sommes sur-stimulés en permanence dans les grands magasins afin de générer des comportements d’achats compulsifs, imaginez un enfant en plein apprentissage de ses émotions… !

Donc, si votre tout-petit a un « effondrement » au supermarché et que vous vous sentez horriblement gêné, il est utile de vous rappeler que la santé émotionnelle de votre enfant est plus importante que les regards désapprobateurs que vous pourriez recevoir de la part de personnes non-informées. Il est important de ne pas frapper, crier, négocier, ou punir votre enfant. Restez calme, et dès que vous le pouvez, emmenez le dans un endroit plus accueillant. L’environnement de l’hypermarché ou des grands magasins n’étant pas favorable aux enfants, essayez au possible de limiter les sorties avec eux dans ces lieux.

>> À lire : Comment commence le harcèlement dès l’école maternelle ? 

Et vous, quels seraient vos conseils pour apprendre à relativiser cette colère qui monte en vous ? Retrouvez nos autres conseils dans notre prochaine de série sur les alternatives aux violences éducatives ordinaires. 

Infographie - Les 9 alternatives aux VEO


 Infographie à télécharger et à imprimer sur 3 feuilles A4.

Corinne est graphiste. Elle vient tout juste d'intégrer la grande famille HOPTOYS.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Taper la réponse pour valider votre commentaire * Time limit is exhausted. Please reload the CAPTCHA.