Une étude de l’Unesco estime qu’environ deux élèves sur dix subiraient le harcèlement scolaire – soit 246 millions d’enfants et d’adolescents dans le monde entier. Violences psychiques, verbales, physiques et/ou sociales, tel est le quotidien des victimes. Comment pouvons-nous prévenir, sensibiliser et mettre un terme au harcèlement scolaire ? Hop’Toys vous donne quelques inspirations issues de l’Europe, notamment en Espagne, Finlande, Canada et Royaume-Unis.

Espagne

En Espagne, la solution première est de développer deux notions humaines et sociales chez les élèves. Ces notions sont l’assertivité (la capacité à exprimer et à défendre ses droits) et l’empathie (la faculté à se mettre à la place d’autrui). Par ailleurs, le gouvernement espagnol a mis en place un numéro de téléphone (900 018 018) permettant aux victimes d’être écoutées et conseillées par des professionnelles de la psychologies, de la pédagogie et de la justice.

Au-delà de ses enseignements sociaux et de la mise en place d’écoute et de conseils téléphoniques, l’Espagne agit en connexion avec les nouvelles technologies pour toucher et impacter les élèves. En effet, la Communauté de Madrid a réalisé une campagne de prévention en réalité virtuelle. ByeByeBullying a été réalisée par la production GAZ, piloté par le conseil d’Éducation et produit en collaboration avec la marque Samsung. Il s’agit d’une vidéo – que l’on peut visionner avec des lunettes de réalité virtuelle – qui raconte une histoire de cyberbullying : deux amis utilisent les réseaux sociaux, et l’un d’eux devient victime de harcèlement à la suite de publications de son ami. L’expérience a pour but de donner des outils aux jeunes pour qu’ils puissent détecter et gérer le harcèlement scolaire.

Cette campagne de prévention a été réalisée dans 13 établissements scolaires ; près de 1500 élèves ont visionné la vidéo et semblent avoir été véritablement impactés.

Finlande

Depuis 2019, l’Université de Turku a mis au point le programme KiVa – un programme pour lutter contre le harcèlement scolaire. Avec l’adhésion d’environ 75% des établissements scolaires, le programme met en place des actions qui visent à prévenir, éviter et régler les cas de harcèlements scolaires. La volonté première est d’inviter les élèves témoins à briser le silence et à soutenir les victimes. Une jeune professeure d’une école de la banlieue d’Helsinki – capitale finlandaise – s’exprime sur le sujet :

« Parler ? Se taire ? Dénoncer ? J’incite mes élèves à réfléchir à ces questions, pour qu’ils comprennent que le harcèlement, ce n’est jamais un contre un, une seule victime face à un seul agresseur, mais un contre tous. (…) Il faut les amener à saisir que ceux d’entre eux qui savent qu’un camarade est harcelé, mais qui gardent le silence, ont leur part de responsabilité »

Le programme KiVa se base sur trois éléments clés :

Le jeu de rôle, l’empathie

Dès l’arrivée en maternelle, les enfants apprennent la notion d’empathie. Pour ce faire, il apprennent à se mettre dans la peau de chacun des rôles qui constituent le harcèlement scolaire : la victime, l’agresseur, le témoin. En se mettant à la place de chacun et en expérimentant chacun de ces rôles, l’enfant sait comment agir pour reconnaître et comprendre les agissements des autres.

La confrontation, le dialogue

En cas de problème, les professeurs interviennent pour organiser un dialogue encadré entre la victime et son harceleur. La victime est écouté, l’agresseur est confronté à la parole de sa victime mais également à celle d’un adulte.

Les films et les jeux vidéos, la sensibilisation

En dix séances environ, une fois par mois, les élèves regardent des films et jouent à des jeux vidéos ayant pour sujet le harcèlement. Ils sont alors éduqués par le biais de médias ludiques, et sont encore plus susceptibles de s’identifier aux personnages fictifs – à comprendre leur souffrance et à veiller à ne pas reproduire les actes qui les fait souffrir.

Depuis l’apparition du programme KiVa, 85 % des cas de harcèlement ont été résolus en Finlande.

Royaume-Unis et Canada

Depuis 1998, une loi britannique oblige les établissements scolaires à mettre en place des mesures de prévention et de sanctions contre le harcèlement. Il est courant que les écoles fassent d’ailleurs appel à un professeur dédié à la question du harcèlement. C’est ainsi que, depuis 2004, l’état organise, tous les ans, une semaine contre le harcèlement scolaire pour sensibiliser élèves, parents et professeurs. Éric Debarbieux, spécialiste de la violence scolaire évalue le Royaume-Unis :

Le harcèlement a été diminué par deux depuis qu’il y a eu des politiques publiques très volontaristes.

Par ailleurs, que ce soit au Canada ou au Royaume-Unis, le harcèlement scolaire est très sévèrement punis. Graduelles, les sanctions peuvent aller jusqu’à l’exclusion définitive.

Et en France, comment ça se passe ?

En France, il existe « Non au harcèlement », un site lié au Ministère de l’Éducation et de la Jeunesse, et dédié au harcèlement. Quelques outils de sensibilisation, plans de prévention et guides thématiques s’y trouvent.

« Non au harcèlement », c’est aussi un numéro vert destiné aux enfants, aux parents et aux professionnels de toute la France. Ouverte du lundi au vendredi de 9h à 20h et le samedi de 9h à 18h – à l’exception des jours fériés, cette ligne d’écoute est tenue par des psychologues et professionnels des sciences de l’éducation. L’appel peut être anonyme si le concerné le souhaite, ou rester nominatif si ce dernier désire donner son identité ainsi que l’établissement scolaire où il est harcelé. Le numéro ? C’est le 3220.

« Non au harcèlement » est la seule véritable initiative du gouvernement français en ce qui concerne le harcèlement scolaire et ce n’est, hélas, pas suffisant. Les élèves ne sont pas suffisamment sensibilisés au sujet, et les professeurs et les personnels des établissements scolaires ne sont pas formés à reconnaître, identifier et stopper le harcèlement. Pourtant, le nombre de victimes de harcèlement ne cessent de grimper et les conséquences en sont de plus en plus terribles : isolement, phobie scolaire, dépression, suicide. Nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir pour contrer le harcèlement.

Outils de communication de la campagne 2018 – 2019, « Non au harcèlement »

Et vous, quelles solutions imagineriez-vous pour mettre fin au harcèlement scolaire ? 

 

 

Passionnée d'art et d'écriture, Audrey est assistante digital content manager et créatrice de contenus visuels et rédactionnels sur le blog.

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