Les crises de colère à coups de hurlements et de cris stridents, on en a tous déjà vu, et en tant que parents, on en a tous déjà connu au moins une fois… Ces crises de colère font partie du développement normal de l’enfant, surtout à l’âge où il commence réellement à développer son autonomie, vers 18 mois. De plus, les enfants atteints de troubles du spectre de l’autisme ou encore les enfants atteints de TDAH peuvent faire face à des crises et leur seule façon de s’exprimer va être de crier.

Quelques pistes pour adopter une réaction adaptée quand votre enfant crie :

Ne pas crier plus fort que lui

Les enfants apprennent par imitation et vont adapter leur comportement en fonction du modèle que nous leur donnons. De fait, il est important de ne pas réagir aux cris de votre enfant en criant à votre tour. Adopter une voix douce et apaisée permettra à votre enfant de s’adapter et de se concentrer sur celle-ci afin d’arriver petit à petit à se calmer.

Lui permettre de nommer ses émotions

Il est important que votre enfant puisse mettre un nom sur ses émotions. Rappelez-vous que chaque « caprice » cache un besoin. Le cerveau d’un petit enfant est immature et avant l’âge de 5 ans, c’est le cerveau archaïque et émotionnel qui domine. Même lorsque vous demandez à l’enfant de se calmer, il continue à crier, et va parfois jusqu’à se rouler par terre ! Un jeune enfant ne peut tout simplement pas maîtriser ses émotions, des émotions qui parfois le submergent.

Dans les moments de crise, commencez par reconnaître sa colère, par lui affirmer que vous avez compris quelle émotion l’habitait à ce moment précis : « Je vois que tu es en colère, tu as le droit, je peux le comprendre ». L’enfant a le droit de se sentir en colère, mais il n’a pas le droit de l’exprimer d’une manière agressive ou violente. Cette nuance est importante. Tout l’enjeu est de lui permettre de l’exprimer, de l’extérioriser autrement et de parvenir à en exprimer la cause.
Et apprenez-lui à reconnaître et à extérioriser autrement sa colère.

roue des émotions et éventail des émotions

La roue des émotions : plus nous sommes à même d’identifier facilement nos émotions, mieux nous sommes armés pour gérer la situation ! Cette roue permet d’aider les enfants, mais aussi les plus grands à prendre conscience de ce qu’ils ressentent (météo intérieure, sensations physiques…), à mettre des mots sur les émotions qui y correspondent et à exprimer leurs besoins.

L’éventail des émotions : cet outil très ludique et pratique par sa forme sera parfait pour aider les enfants à identifier leurs propres sentiments. Il pourra également être utilisé dans le cadre scolaire après des incidents, lors de récits sociaux ou lors de discussions sur les émotions.

L’inciter à exprimer sa colère autrement

Pour commencer, vous pouvez l’inviter à respirer en inspirant et expirant profondément pour, petit à petit, retrouver son calme. Vous pouvez également lui proposer une box de retour au calme remplie d’objets qui lui permettront d’exprimer sa colère autrement. Par la suite, vous parviendrez également à identifier une activité (le dessin, une pratique sportive, le yoga…) qui lui permet de se changer les idées et de s’apaiser.

Box anti colère

Faire abstraction du regard des autres

On a tous en tête l’image de l’enfant qui hurle et se roule par terre à la caisse du supermarché et tout autour une dizaine de personnes scrutant ce comportement. Gardez en tête que pour chaque personne qui semble critique à votre égard, il y en a (au moins) une qui vous comprend et compatit, ne serait-ce que parce qu’elle a déjà vécu cette situation. Donc, si votre tout-petit a un « effondrement », au supermarché par exemple, et que vous vous sentez horriblement gêné·e, rappelez que la santé émotionnelle de votre enfant est plus importante que les regards désapprobateurs que vous pourriez sentir sur vous. Il est important de ne pas frapper, crier, négocier, ou punir votre enfant. Restez calme, et dès que vous le pouvez, emmenez-le dans un endroit plus adapté. L’environnement de l’hypermarché ou des grands magasins n’est de toute façon pas favorable aux enfants.

Après la crise, essayer de discuter

Une fois que votre enfant est parvenu à se calmer, essayez de prévoir un temps pour discuter de la crise qui vient de se produire. Veillez à le faire dans un environnement calme. L’objectif n’est en aucun cas de punir votre enfant, mais bien de comprendre ce qui a provoqué ce comportement inapproprié, cette crise. Plus vous êtes ouvert et honnête dans la discussion, plus votre enfant sera à l’aise pour admettre la raison de son comportement.

Mettre en place un plan pour gérer et comprendre les prochaines crises

Lorsque votre enfant se met à crier, utilisez ce moment comme une occasion d’apprentissage pour comprendre pourquoi certains comportements se déclenchent et comment vous pourriez les empêcher de se reproduire. C’est également conseillé pour un enfant ayant des besoins spécifiques, TDAH ou troubles du spectre de l’autisme. En fait, chaque fois qu’un comportement indésirable se produit, on va prendre le temps d’écrire le ABC de ce comportement spécifique :

(A) Antécédent : les événements survenus avant le comportement.
(B) Comportement (Behaviour en anglais ) :  la réponse de l’enfant à l’antécédent.
(C) Conséquence : que s’est-il passé après le comportement pour encourager / empêcher une répétition de la situation ?

L’idée de cette méthode est d’analyser un même comportement plusieurs fois pour déterminer s’il existe des circonstances. Puis, de formuler un plan pour modifier l’antécédent et/ou la conséquence afin que le mauvais comportement cesse. Vous pouvez également utiliser cet outil pour déterminer si l’antécédent et/ou la conséquence échappe(nt) au contrôle de votre enfant (dans le cas d’une hypersensibilité sensorielle par exemple) ou si votre enfant est en train de passer à l’acte.

Si votre enfant « fait une crise » en public, ne prenez pas les choses trop à cœur et n’ayez pas recours à des VEO (Violences éducatives ordinaires). En effet, lui crier dessus à votre tour ou utiliser le chantage n’arrangera en rien les choses. Bien au contraire.

Infographie - Les 9 alternatives aux VEO


 Infographie à télécharger et à imprimer sur 3 feuilles A4.

est chargée des partenariats influenceurs et rédactrice d'articles sur le blog

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