Vous rappelez-vous du phénomène qu’a été le hand spinner ? Et plus récemment des Pop it ? Alors, vous avez déjà entendu parler des fidgets. Le fidget peut se présenter sous la forme d’un objet encourageant la manipulation et répondant à plusieurs types de besoins : un besoin sensoriel, moteur ou d’autorégulation. Plus globalement, on pourrait traduire le fidgeting par «remuer», «gigoter», «bouger». Ce sont des mouvements que nous faisons sans même nous en rendre compte (triturer son stylo, tapoter du pied ou des doigts…). Que dit la science à ce sujet ? Retour sur quelques études. 

« Avoir la bougeotte » ?

Le fidgeting désigne des gestes que nos mains ou nos pieds font, sans forcément en avoir conscience : tapoter du pied, des doigts sur son bureau, grattouiller la peau autour de ses doigts… Ces mouvements sont encore parfois considérés comme distrayants ou énervants. Cependant, il est important de prendre du recul sur cette pensée : qu’est-ce qu’indiquent ces mouvements ? En quoi sont-ils utiles pour les personnes concernées ? Au fil du temps, plusieurs théories ont émergées.

La régulation du stress

En 2012, une étude1 menée auprès de 42 hommes a montré un lien entre des gestes comme se toucher le visage, se mordre la lèvre… et une tentative de pallier des états émotionnels négatifs et de réguler son stress. Il a été demandé aux participants de cette étude de faire du calcul mental à voix haute devant un groupe d’inconnus. Les scientifiques ont étudié leur niveau de stress avant, pendant et après l’activité.

Plusieurs observations ont été faites :

  • Les personnes qui se disaient les plus anxieuses avant l’étude ont montré plus de signes d’agitation (se gratter, se toucher le visage…) durant le test.
  • Ces mêmes personnes ont toutefois déclaré qu’elles avaient trouvé l’expérience moins stressante dans sa globalité, signifiant ainsi que, face à cette situation, elles avaient régulé leur niveau de stress.

Une femme triture la peau autour de ses ongles

Maintenir son attention

La communauté scientifique s’est notamment interrogée sur le fidgeting chez les personnes ayant un Trouble Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH) et les effets sur leur attention.

Par exemple, en 2015, l’UC Davis MIND Institute publiait les résultats d’une étude2 menée auprès de 26 enfants et d’adolescents (entre 10 et 17 ans) ayant un TDAH. L’étude s’est penchée sur le mouvement – dans son intensité et sa fréquence – et sa corrélation avec l’amélioration des performances cognitives chez les personnes TDAH. Un groupe « témoin », composé de 18 enfants n’ayant pas de TDAH a également participé au test.

Le test se déroulait comme suit :

  • Les participants complètent un flanker test, qui nécessite une grande attention et qui demande d’ignorer les distractions alentours. Le test consiste à se concentrer sur la direction vers laquelle pointe une flèche au milieu d’une série d’autres flèches. On va donc devoir ignorer ces autres flèches pour ne se concentrer que sur celle que l’on doit suivre.
  • Les mouvements des participants durant le test ont été mesurés avec un dispositif mesurant leur niveau d’activité.

L’étude a révélé que la précision des participants ayant un TDAH s’améliorait lorsqu’ils étaient en mouvement. Les bonnes réponses étaient associées à plus de mouvement que les mauvaises réponses.

Aider à l’autorégulation

Le stimming se réfère à l’autostimulation en français. On parle aussi de stéréotypie. Ce sont des mouvements, des utilisations d’objets ou du langage stéréotypés ou répétitifs.

C’est un comportement commun dans l’autisme, qui varie en type et en intensité. Le stimming peut signifier une incompréhension, exprimer un bien-être, un mécontentement ou une gêne, rechercher un simple plaisir sensoriel, exprimer une douleur physique, du stress ou encore un ennui.

D’une étude3 sur le lien entre anxiété et stéréotypies menée auprès de 19 familles concernées par l’autisme, il ressort que le stimming peut aider à organiser ses pensées, à se concentrer ou à se débarrasser de l’excès d’énergie. Il vient aussi aider à se réguler dans une situation de surcharge sensorielle.

Le fidgeting serait donc une forme de stratégie d’autorégulation, qu’il s’agisse de maintenir son attention, réguler son stress et même, selon une étude4 publiée en 2000, son poids. 

>> Lire aussi : « 10 conseils pour aider à l’autorégulation »

Le fidget en quelques mots

Comme expliqué précédemment, il existe des outils se présentant sous plusieurs formes et répondant à des besoins divers, selon les utilisateurs. Ils s’adressent principalement aux personnes ayant un TDAH ou TSA, et peuvent aussi être un substitut au rongement des ongles, au cliquetis des stylos dans des situations stressantes. Tout le monde peut être intéressé !

Il existe de nombreux outils, silencieux ou non, et cette variété de choix de fidgets pourra correspondre aux préférences et aux besoins de chacun. Jetez par exemple un œil à notre infographie pour trouver des conseils dans le choix d’un fidget ou d’un bijou à mordiller.

Infographie Comment choisir son fidget ?


Infographie au format A4

>> Infographie : « Comment choisir son fidget selon son comportement ? »

Dans tous les cas, pensez à des critères tels que les préférences sensorielles : « Y a-t-il des textures, sensations à éviter ? » Des questions autour de la prise en main, de la force nécessaire à l’utilisation, du contexte d’utilisation… sont également à poser.

Le fidget sous tous les angles

Parmi les fidgets les plus communs, on pense par exemple à la balle anti-stress, au Tangle ou encore au fidget cube. Bien sûr, il existe plusieurs types de fidgets : offrant un certains poids ou une certaine résistance, un mouvement apaisant à observer… Certains font du bruit, d’autres sont parfaitement silencieux. Voici un aperçu de notre sélection !

Le fidget Twiddle : Le Twiddle se manipule et se tord facilement dans tous les sens. Il se compose de chaînons qu’on peut désimbriquer afin de créer des formes (un cœur, une étoile…).

Ark Wingamajigs : Ce fidget tournoyant se glisse sur un crayon ou un stylo ou s’utilise seul. Il se glisse facilement dans la trousse ou dans la poche. Parmi les designs proposés, on retrouve les ailes d’un dragon, d’un papillon, d’une chauve-souris ou encore d’une libellule.

Découvrez le reste de notre sélection

Utilisez-vous des fidgets ? Parlez-nous de votre expérience dans les commentaires !


Notes :
1 C. MOHIYEDDINI, S. SEMPLE. Displacement behaviours regulates the experience of stress in men. 1er octobre 2012.
2 P. BROWN. Fidgeting may help children with ADHD perform better in school. 10 juin 2015.
C. JOYCE, E. HONEY, S. R. LEEKAM, S. L. BARRETT et J. RODGERS. Anxiety, Intolerance of Ucertainty and Restricted and Repetitve Behaviour: Insights Directly from Young People with ASD. 25 février 2017.
4 J. A LEVINE, N. L. EBERHARDT et M. D. JENSEN. Role of Nonexercice Activity Thermogenesis in Resistance to Fat Gain in Humans. 8 janvier 1999.

Sources :
K. ISBISTER. Fidget toys aren’t just hype. Scientific American. 18 mai 2017.
H. DEMPSEY-JONES. The surprising science of fidgeting. The Conversation. 24 mai 2017.
Meredith J. MCCARTY, Audrey C. BRUMBACK. Rethinking stereotypies in autism. Juillet 2021

Céline est chargée de webmarketing et communication chez Hop'Toys.

1 Commentaire

  • Claire dit :

    Maintenant, j’utilise presque systématiquement des fidgets lors des test psychométriques avec les enfants dys. J’explique leur utilité et les laisse à disposition de l’enfant, selon ses besoins. Mes HPI sont bien contents de les trouver aussi et au final, j’étends de plus en plus la proposition, jusqu’aux adultes… Par contre l’utilisation en classe en primaire est toujours compliquée car cela devient bien souvent un projectile ou un objet de convoitise! On y travaille!

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