Cléa Secci est kinésithérapeute pédiatrique. Elle exerce en libéral dans le cabinet Ortho-Pedia, à orientation neuro-orthopédique, et a également une activité hospitalière en réanimation néonatale / néonatologie et de consultations pluridisciplinaires dédiées à la plagiocéphalie. Dans cet article, elle nous parle de la kinésithérapie pédiatrique et de l’accompagnement de l’enfant et des familles, du retard au handicap moteur. 

Évaluer la motricité : spécificités de la kinésithérapie pédiatrique

Le développement moteur se définit comme l’apparition et l’évolution des fonctions de mouvement au cours de la croissance de l’enfant. Chaque expérience que vit l’enfant génère une collection d’informations sensitives, sensorielles et de mouvements lui permettant petit à petit d’acquérir de nouvelles compétences motrices. Chaque acquisition motrice sert de base à la construction de l’acquisition suivante. La sensibilité génère un retour d’informations important pour la régulation du mouvement.

Le développement moteur suit donc un processus d’acquisition globalement similaire d’un enfant à l’autre. L’analyse de ce fonctionnement a permis d’identifier une chronologie particulière des acquisitions, des étapes clés, et des caractéristiques spécifiques pour chaque acquisition (la façon de se retourner, d’apprendre à s’asseoir, de ramper…).

De cette manière, on propose des échelles d’évaluations de la motricité en fonction de l’âge de l’enfant, afin de situer son évolution par rapport à la norme. Elles peuvent concerner différents champs la motricité, en fonction de l’âge :

  • la motricité spontanée du nourrisson (General Movement Assessment),
  • la motricité globale (Alberta Infant Motor Scale),
  • le tonus (HINE), la motricité fine,
  • être une évaluation combinée (Brunet Lézine),
  • etc.

La réalisation de bilans définis permet d’étudier l’évolution dans le temps de l’enfant de façon objective et donc de proposer, d’ajuster la rééducation si nécessaire.

Un bébé sur une couverture

Du retard à la notion de handicap moteur

Certains enfants manifestent des particularités dans la réalisation d’acquisitions, ou bien ils ne les réalisent simplement pas à l’âge attendu. On identifie dans un premier temps cela comme un retard moteur. Cette notion de « retard » implique une possibilité pour l’enfant de rattraper ce décalage en quelques mois, et de finalement arriver à réaliser les mêmes activités motrices que les autres enfants, avec l’aide plus ou moins importante d’une intervention en kinésithérapie motrice. Ce retard peut être lié à un contexte pathologique, mais aussi à un environnement inadapté à l’émergence des compétences motrices. Il peut par exemple s’agir d’un enfant peu sollicité, peu installé sur un tapis d’éveil, passant beaucoup de temps dans le transat.

Toutefois, en fonction du mécanisme qui sous-tend ses difficultés motrices, l’enfant peut accumuler du retard. L’écart avec les autres enfants de son âge se creuse. Les acquisitions se font tardivement et d’une façon anormale. Des régressions peuvent même être observées. Un suivi pluridisciplinaire se met alors en place afin de comprendre ce qui cause ces troubles moteurs et d’accompagner l’enfant et sa famille. Lorsque l’altération des fonctions physiques, sensorielles, mentales et/ou cognitives est caractérisée définitive ou durable et qu’elle entraîne une limitation dans la réalisation des activités présentes et futures de l’enfant, on parlera alors de handicap. Les enfants porteurs de handicap bénéficieront d’un suivi et d’un accompagnement en rééducation tout au long de leur croissance.

Rééduquer

Dans le cas où l’évaluation a mis en évidence que l’enfant ne manifeste pas les comportements moteurs attendus pour son âge ou ne les réalise pas de la façon normale, quel qu’en soit la cause, une rééducation doit être débutée. Le kinésithérapeute pédiatrique réalise donc un bilan global de l’enfant, prenant en compte le niveau moteur et la croissance orthopédique à partir duquel il tire les axes de travail pour la rééducation. Ainsi, on établit les objectifs de rééducation. Il sera donc proposé à l’enfant, sous forme de jeux, des exercices décomposant l’acquisition motrice ciblée, afin de faciliter sa mise en place.

Différentes techniques de guidage et de facilitations peuvent être proposées et enseignées aux parents pour poursuivre l’entraînement au quotidien et optimiser la rééducation. Le cabinet de kinésithérapie regorge de matériel adapté aux plus petits et aux plus grands, pour les accompagner dans leur développement. Le kinésithérapeute conseille également les parents sur le choix des jeux et installations, afin d’être en adéquation avec les besoins développementaux de l’enfant au quotidien et de poursuivre la rééducation à la maison lorsque c’est possible. Le choix des jeux mis à disposition et présentés à l’enfant, le mode d’installation et les sollicitations apportées régulièrement mettent en place un environnement favorable à l’éveil de l’enfant et à l’acquisition de nouvelles compétences.

N’hésitez pas à demander conseil à votre kinésithérapeute pédiatrique !

Les outils Hop’Toys

Voici les outils que j’utilise en rééducation, notamment neurologique.

Balles et cocon sensoriels

Maxi kit de 9 balles sensorielles : Les 9 balles de ce kit offrent chacune une forme, couleur et sensation différentes.

Cocon sensoriel : Pratiquez les exercices de rééducation habituels avec plus de stabilité grâce au cocon sensoriel reconnaissable par sa forme «cacahuète ».

Grande pierre hérisson : Cette pierre hérisson s’incorpore très bien dans tout type de parcours de motricité apportant une stimulation tactile.

Des éléments pour un parcours moteur

Plaques tactiles en silicone : Ces 5 grandes plaques offrent chacune des sensations distinctes au toucher grâce à leurs différentes surfaces.

Pierres de rivière : Ce jeu est un outil ludique permettant de développer la coordination, la maîtrise des mouvements et l’équilibre en s’amusant.

Collines : Ces collines permettent de développer le sens visuel de la distance et l’équilibre.

Magpad et planches à loquets

Magpad : Cette planche de graphisme permet de développer l’interprétation spatiale des enfants et leur imagination de manière simple et amusante.

Planches à loquets : 6 ouvertures différentes pour faire travailler la motricité fine, la concentration mais aussi l’apprentissage des couleurs, des nombres…

Des pierres précieuses à trier et une boîte à secret

Pierres précieuses à trier : 200 pierres précieuses colorées pour réaliser des activités de tri !

Boîte à secrets : Il suffit de refermer le couvercle pour deviner du bout des doigts ce qui est caché ou retrouver les paires.

>> Lire aussi : « La kinésithérapie pédiatrique »

Merci à Cléa Secci pour son témoignage sur la kinésithérapie pédiatrique ! 


Une photo de Cléa SecciCléa Secci est kinésithérapeute pédiatrique. Elle accompagne bébés, enfants et adolescents porteurs de troubles neurologiques, orthopédiques, respiratoires et de l’oralité dans leur rééducation. Passionnée par le développement des enfants, elle a suivi de nombreuses formations courtes après l’obtention de son diplôme de kinésithérapeute. Des formations enrichissantes et lui permettant de proposer les prises en charge les plus complètes aux patients. Elle a également obtenu deux diplômes universitaires de spécialité : en kinésithérapie pédiatrique et en troubles de l’oralité alimentaire. 
Sur son compte Instagram, elle fait découvrir différentes facettes de son métier et diffuse des messages pour sensibiliser les parents. Elle intervient aussi dans la formation en pédiatrie d’étudiants kinésithérapeutes.
Vous pouvez suivre Cléa sur Instagram et la retrouver sur le site ortho-pedia.com

Céline est assistante communication chez Hop'Toys.

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