Pour célébrer la Journée européenne de l’orthophonie le 6 mars, c’est pendant toute la semaine qu’Hop’Toys a souhaité mettre ces professionnel·le·s à l’honneur. Tous les jours du 4 au 10 mars, un·e « ortho », de France, de Belgique, de Suisse (un·e logopède, donc ;-)) nous parle d’un aspect précis de son métier, des prises en charge spécifiques qu’elles/ils sont quotidiennement amenés à mettre en place.

Je m’appelle Anne Besin, j’exerce le métier de logopédiste (en Suisse) depuis dix ans et je travaille exclusivement avec des enfants et adolescents. Je prends principalement en charge les troubles du langage écrit (dyslexie-dysorthographie) et du langage oral (retard de parole, troubles articulatoires, retard de langage). Je suis spécialisée en bégaiement puisque j’ai obtenu mon Diplôme universitaire « Bégaiement et troubles de la fluence » et j’ai fait de nombreuses formations dans ce domaine. Je vois donc de nombreux enfants et adolescents qui bégaient. Récemment, je me suis formée aux troubles de l’oralité alimentaire chez l’enfant et j’aimerais effectuer d’autres formations dans ce domaine pour me spécialiser davantage.

Pourquoi j’ai eu envie de devenir orthophoniste

Ayant fait un stage chez une orthophoniste lorsque j’étais en troisième, il m’était devenu évident que c’était LE métier que je voulais faire. Tout me semblait tellement sympa et facile ! Dans mon petit monde merveilleux, l’orthophoniste était bien habillée, coiffée, maquillée (mais du coup, c’est quoi cette tête que j’aperçois dans le rétro à 8h du matin ?), faire son emploi du temps était un avantage indéniable. (« Désolée mais nous ne pouvons venir qu’à 18h le vendredi ! »), le bureau était un véritable petit cocon tout bien rangé (mince deux piles de dossiers à archiver, une pile de bilans à rédiger, rendre les jeux à ma collègue…) et on gagnait très bien notre vie (QUOI ? Tout ça pour les impôts ??). Bon voilà, vous avez un petit aperçu de notre réalité et du rythme effréné de nos journées !

Mais peu importe la fatigue, le stress, les petits aléas de la vie, il y a toujours nos petites têtes blondes qui nous redonnent le sourire avec leurs petits soucis bien différents (« zé mal à la tête », « mais je ne comprends rien quand je lis ! », « attendre, tu l’écris avec un ou deux t », « je je je suis contente de venir te voir, « … », « la petite garçon a donné moi un ballon », « tu m’as dit quoi déjà ? », « nan, je ne mangerai pas ça ! »…). Alors oui, il faut jongler d’un patient à l’autre, d’un matériel à l’autre mais aussi faire avec les humeurs des patients et surtout celles des parents. Si vous voulez visualiser mon cerveau, il faut imaginer des tonnes de post-it avec les gens à rappeler, les mails à traiter, les réunions à assister, les questions à poser, les idées de nouvelles formations à avoir et puis…. Ah mais ouiiiiii ma vie de famille ! Quoi ? Vous ne voulez plus faire ce métier ? Vous avez tort car c’est le plus beau métier du monde…

Mes techniques pour mettre en confiance les patients

Pour mettre en confiance les patients, il me semble important de mettre en place des petits rituels, de les rassurer et de proposer un matériel très ludique. Il est important aussi qu’ils soient installés de façon confortable, soit par terre soit sur une petite chaise selon leurs envies. Avec les plus grands et les adolescents, on se fixe des petits challenges, des défis afin de les rendre plus autonome dans leurs apprentissages mais aussi afin de permettre un transfert dans le quotidien. L’humour est un formidable atout avec les adolescents afin de créer un climat de confiance.

La prise en charge du bégaiement

Il est important qu’un enfant soit pris en charge le plus tôt possible dans les cas de bégaiement. L’idéal est de se rapprocher d’un(e) orthophoniste spécialisée dans ce domaine. Je suis moi-même titulaire du DU (Diplôme universitaire) bégaiement et troubles de la fluence et j’ai effectué de nombreuses formations en parallèle. Il est intéressant de se rapprocher de l’Association Parole et Bégaiement pour aider les parents à trouver un orthophoniste formé près de chez eux. Sur le site bégaiement.org, ils trouveront aussi de nombreuses informations.

Comment traitez-vous le bégaiement ?

Il y a autant de prises en charge pour le bégaiement que de patients… c’est pour cela que ce n’est pas évident mais pour autant passionnant.

Dans les prises en charge des enfants tout petits, je peux proposer le PCI (méthode basée sur les interactions parent-enfant) ou le programme Lidcombe où le parent va prendre le relais du thérapeute à la maison pour un entraînement (basé sur des jeux) quotidien. Pour les enfants plus grands, il est possible d’adapter ces programmes, de travailler sur les techniques de fluence (le ralentissement, la parole douce…) et sur les habiletés de communication. Pour les adolescents, j’utilise le programme Camperdown et travaille aussi à partir de jeux de rôle. Je mets systématiquement en place des groupes qui vont consister en un espace privilégié où les enfants ou adolescents pourront utiliser les techniques avec leurs pairs.

Je consulte aussi fréquemment des blogs ou des groupes d’échanges sur les réseaux sociaux afin d’avoir la vision des personnes concernées. C’est toujours très riche. J’adore le blog de Laurent Lagarde intitulé « Goodbye-bégaiement »! C’est une personne qui apporte énormément tant aux orthophonistes qu’aux patients.

Avec les enfants, je me rends généralement dans leur classe (s’il le souhaitent bien sûr) pour parler du bégaiement et l’expliquer aux camarades. Je leur montre la campagne de prévention autour du bégaiement que l’on trouve sur Youtube ainsi qu’un dessin animé et nous échangeons ensuite sur les différences de chacun. Un chouette moment!!

Le bégaiement de l’enfant peut être transitoire mais nous n’avons pas les moyens de dire s’il est transitoire ou pas. Il est donc vraiment important de se rapprocher d’un orthophoniste au plus tôt et d’éviter d’attendre trop longtemps en se disant « ça va passer… ».

Nous remercions Anne Besin orthophoniste suisse qui a rédigé cet article. Vous pouvez retrouver Anne sur son compte Instagram Anne-a-rose

 

est chargée des partenariats influenceurs et rédactrice d'articles sur le blog

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