La puberté est une étape importante dans la vie de tous les jeunes. Entre les changements physiques, les bouleversements hormonaux, les nouvelles attentes sociales et la construction de l’identité, cette période peut être source d’interrogations, d’émotions intenses et parfois de stress. Pour les adolescents autistes, ces transformations peuvent être vécues avec une intensité particulière. Les changements de routine, les nouvelles sensations corporelles, les relations sociales qui évoluent ou encore la découverte de la vie affective peuvent représenter de véritables défis. Heureusement, avec de l’anticipation, des outils adaptés et beaucoup d’écoute, il est possible d’accompagner son adolescent sereinement dans cette transition vers l’âge adulte.
Comprendre les changements liés à l’adolescence
L’adolescence est une période de grands changements
Souvenez-vous de votre propre adolescence. Entre les hormones, les changements physiques, les questionnements sur soi et les relations avec les autres, cette période n’était pas toujours simple.
Pour un adolescent autiste, ces changements peuvent être également très déroutants. Certains jeunes ont besoin de davantage de temps pour comprendre ce qui leur arrive, mettre des mots sur leurs émotions ou s’adapter à de nouvelles situations.
Chaque adolescent vivra cette période à son rythme.
>> À télécharger aussi : « Expliquer la puberté en pictogrammes ».
Les émotions peuvent devenir plus intenses
La puberté s’accompagne souvent de variations émotionnelles importantes.
Votre adolescent peut devenir plus irritable, plus sensible ou avoir davantage de difficultés à gérer sa frustration. Certains jeunes peuvent également sembler régresser temporairement dans certaines compétences.
Ces réactions sont fréquentes pendant l’adolescence.
Pour aider votre adolescent :
- maintenez autant que possible des routines prévisibles ;
- proposez des outils d’identification et d’expression des émotions ;
- valorisez les temps de récupération après les journées chargées ;
- gardez à l’esprit que certains comportements peuvent être l’expression d’un stress ou d’une surcharge.

>> À télécharger aussi : » C’est quoi une consultation gynécologique ? ».
Les particularités sensorielles peuvent évoluer
À l’adolescence, le corps change rapidement et de nouvelles sensations apparaissent. Pour les jeunes autistes présentant des particularités sensorielles, ces changements peuvent parfois être déstabilisants.
L’arrivée des règles, la pousse des poils, le besoin de se raser, l’utilisation de déodorant ou encore le port de nouveaux vêtements peuvent générer des sensations inhabituelles qu’il faudra apprivoiser progressivement.
Lorsque cela est possible, anticiper ces changements peut aider votre adolescent à se sentir plus en confiance. Lui permettre de découvrir certains produits ou certaines routines avant qu’ils ne deviennent nécessaires peut faciliter leur adoption par la suite. Tester différents types de protections menstruelles, explorer plusieurs textures de produits d’hygiène ou encore se familiariser avec les gestes liés au rasage sont autant de moyens de rendre ces nouveautés plus prévisibles.
Comme toujours, il n’existe pas une seule bonne façon de faire : l’essentiel est de respecter le rythme et les préférences sensorielles de chaque jeune.
Accompagner son adolescent au quotidien
Anticiper les changements
Comme pour de nombreuses situations du quotidien, la préparation peut faire une réelle différence. N’attendez pas les premiers signes de la puberté pour commencer à en parler. Introduisez progressivement les sujets liés au corps, à l’hygiène, aux émotions ou encore aux relations sociales.
Vous pouvez également échanger avec les professionnels qui accompagnent votre adolescent : médecin, psychologue, ergothérapeute, orthophoniste ou enseignants. Ils pourront vous aider à anticiper certaines difficultés et à mettre en place des stratégies adaptées.
Prenez également le temps de réfléchir aux habitudes de votre adolescent. Certains comportements qui étaient acceptables lorsqu’il était plus jeune peuvent nécessiter un accompagnement spécifique à l’adolescence.
Maintenir le dialogue
La puberté soulève souvent de nombreuses questions. Même lorsque certains sujets semblent délicats à aborder, il est important que votre adolescent sache qu’il peut s’adresser à vous.
Des échanges réguliers, simples et adaptés à son niveau de compréhension lui permettront de mieux comprendre les changements qu’il traverse. Certains jeunes apprécieront des explications verbales, tandis que d’autres bénéficieront davantage de supports visuels, de livres illustrés ou de scénarios sociaux.
N’hésitez pas à rappeler que les transformations liées à la puberté sont naturelles et concernent tout le monde, même si chacun les vit à sa manière.
Créer un climat de confiance aujourd’hui permettra également d’aborder plus facilement d’autres sujets importants comme les relations amicales, la vie affective, le consentement ou encore l’intimité.
Utiliser des scénarios sociaux
Les scénarios sociaux peuvent être de précieux alliés pendant l’adolescence. Ils permettent d’expliquer concrètement des situations parfois complexes à interpréter : respecter l’intimité de chacun, demander de l’aide, comprendre les changements du corps ou encore savoir comment réagir dans certaines situations sociales.
Ces supports offrent un cadre rassurant pour découvrir de nouvelles situations et développer progressivement des repères.
Ils peuvent également être personnalisés pour répondre aux questions spécifiques de votre adolescent et l’aider à gagner en confiance dans son quotidien.
Encourager l’autonomie, à son rythme
L’adolescence est une période où les jeunes cherchent progressivement à gagner en indépendance. Comme tous les adolescents, les jeunes autistes ont besoin de pouvoir faire des choix, prendre des initiatives et développer leurs compétences dans un cadre sécurisant.
Cette autonomie peut concerner de nombreux domaines : l’organisation du quotidien, les déplacements, l’hygiène, la gestion du temps libre ou encore les responsabilités à la maison.
Chaque progrès contribue à renforcer la confiance en soi et le sentiment de compétence. L’objectif n’est pas d’atteindre une autonomie parfaite, mais de permettre à chaque jeune de développer son pouvoir d’agir selon ses capacités et ses envies.

À lire aussi : » Parler de sexualité aux ados : conseils et ressources ».
Accompagner l’hygiène au quotidien
Avec la puberté apparaissent souvent de nouvelles routines liées à l’hygiène et aux soins du corps. Ces apprentissages peuvent demander du temps et nécessiter un accompagnement adapté.
Les supports visuels, les séquences illustrées ou les check-lists peuvent aider certains adolescents à intégrer plus facilement ces nouvelles habitudes.
Les particularités sensorielles peuvent également jouer un rôle important. Une odeur trop forte, une texture désagréable ou une sensation inconfortable peuvent rendre certains produits difficiles à utiliser. Dans ce cas, il peut être utile d’explorer différentes alternatives afin de trouver celles qui conviennent le mieux à votre adolescent.
Pour les jeunes filles, l’arrivée des menstruations peut soulever de nombreuses interrogations. Une préparation progressive, des explications adaptées et la découverte de différentes solutions de protection peuvent contribuer à rendre cette étape plus sereine.
>> À lire : Autisme et handicap, la puberté chez les filles
Parler de la vie affective, de l’intimité et du consentement
L’adolescence est aussi une période de découverte de soi, des autres et des relations.
Comme tous les jeunes, les adolescents autistes ont besoin d’informations claires concernant l’amitié, les relations amoureuses, l’intimité et le consentement. Ces sujets ne doivent pas être considérés comme secondaires : ils participent pleinement à leur construction et à leur épanouissement.
Parler du respect de son propre corps, du respect des limites des autres et du droit de dire oui ou non permet de développer des repères essentiels pour construire des relations saines et sécurisantes.
Là encore, les supports visuels, les livres adaptés ou les scénarios sociaux peuvent faciliter les échanges.
Soutenir le bien-être de toute la famille
Nourrir l’estime de soi
L’adolescence peut parfois mettre à l’épreuve la confiance en soi. Les différences deviennent souvent plus visibles, le regard des autres prend davantage d’importance et les comparaisons peuvent être nombreuses.
Dans ce contexte, valoriser les forces, les centres d’intérêt et les réussites de votre adolescent est particulièrement important.
Encouragez-le à développer ses passions, à participer à des activités qui lui plaisent et à fréquenter des environnements dans lesquels il se sent accepté et respecté. Se sentir compris, soutenu et valorisé contribue fortement à construire une image positive de soi.
Prendre soin de soi en tant que parents
Accompagner un adolescent dans cette période de transition demande du temps, de l’énergie et parfois beaucoup d’adaptation. Prendre soin de soi, accepter de demander du soutien lorsque cela est nécessaire ou échanger avec d’autres familles peut permettre de préserver son équilibre.
Accorder de l’attention à ses propres besoins n’est pas incompatible avec l’accompagnement de son enfant. Au contraire, cela permet souvent d’être plus disponible et plus serein au quotidien.
Et vous, comment accompagnez-vous votre adolescent dans cette période de changements ? Quels outils, ressources ou astuces vous ont été utiles ? N’hésitez pas à partager votre expérience en commentaire.
Publié le 4 juin 2019, mis à jour le 12 juin 2026.



Bonjour,
Ces conseils peuvent même s’adresser aux jeunes « ordinaires »…Mais, concernant les handicapés, ce n’est adaptés qu’à ceux ayant un certain niveau de compréhension 🙁 Ma fille est lourdement handicapée, avec un niveau d’à peine 2,5 ans !!! Comment faire ? Croyez-vous sincèrement qu’une petite fille d’à peine de 2,5 ans comprendra les changements du corps, le fait qu’elle perdra du sang tous les mois etc… Non, donc pour ma fille, c’est pareil…Et c’est terrible 🙁
Louise
Bonjour Louise,
Ces conseils aident également les parents qui peuvent se sentir désemparé par la période de l’adolescence lorsque leur enfant est porteur d’handicap 🙂
Tous les enfants, qu’ils soient porteur d’handicap ou non, vivent les mêmes changements durant la puberté. Même si l’enfant a un retard ou un handicap mental, ce retard ne va pas avoir lieu du côté de sa physiologie : son corps grandit, sa puberté apparait, l’enfant devient adolescent, et même s’il n’est pas en mesure de comprendre ce qu’il se passe dans son corps, c’est dans son corps que ces changements s’opèrent, avec parfois, des réactions qui peuvent surprendre.
Je vous comprends, ce sont de grands changements qui peuvent perturber les enfants. C’est pourquoi nous essayons d’accompagner et d’apaiser au mieux les familles. Nous avions réalisé un article sur les règles qui pourra sans doute vous intéresser juste ici.
Concernant les menstruations, et c’est un sujet qui revient fréquemment dans les interrogations des parents, il existent plusieurs solutions comme la suppression médicale des menstruations, que vous gérerez en fonction de nombreux facteurs : la situation de votre famille, l’éducation et la situation sociale de votre fille, le degré de handicap de celle-ci, les médicaments que votre fille prend, vos propres capacités, et ce qui serait le mieux pour la santé et la qualité de vie de votre fille.
Le dernier point est le plus important. Qu’est-ce qui donnera à votre fille la meilleure qualité de vie possible ?
Je vous souhaite de trouver une voie qui vous conviendra à toutes les deux,
Belle journée,
C.
Bonjour,
On a 2 garçons TSA en âge de pré-adolsence (15 ans et 13 ans). Celui de 14 ans est en âge d epuberté avec des rituels quotidiens de mastrurbation (frictions contre l’oreiller qu’il met entre ses jambes). En plus, au fil du temos il refuse de se coiffer, sans parler du rasge des parties intimes et refuse de s’en approcher même pour y passer le savon…SVP des conseils pour pouvoir remédier et pour bien préparer le second .
Merci BCP
Ahmed et Leila
Bonjour,
Pour nous c’est particulier également. Comme nous soupçonnons depuis un moment que notre fille est Aspeger, nous allons lui faire passer des tests, elle a 17 ans. HPI avéré par des tests, suivi pédopsy pour dépression depuis 3 ans, traitement médical très dur (antidep, anxiolytique, stabilisateur d’humeur), questionnement de genre (dysphorie)… Un cauchemar qui nous épuise!! Mais comme les psy qui l’ont suivie jusqu’à présent n’ont toujours pas envisagé de lui faire passer les tests, disant que l’urgence étaie de soigner sa dépression (elle ne va guère mieux) j’ai demandé à mon propre psy (oui parce que quand on a un enfant en pareil souffrance il vaut mieux soi même être accompagné) qui m’a dit qu’il fallait absolument les lui faire passer car elle a besoin de comprendre pourquoi elle se sent différente, pourquoi elle est en détresse psychologique et lui apporter des réponses claires. Il s’agit d’une série de 2 fois 60 questions environ qui permettent d’évaluer le niveau du spectre autistique Asperger. Nous allons donc les lui faire passer avec l’aide d’un psy pour analyser les résultats. Mais notre parcours est un parcours du combattant dont on ne voit hélas pas encore l’issue car la question de « genre » très dans l’air du temps, a pris au piège notre fille via les réseaux sociaux. Et voilà qu’elle se dit trans…Oui parce que de nombreuses jeunes filles en particulier autiste se laissent embrigader sur les réseaux sociaux par les lobby transactivistes et engagent une transition de genre pensant que ce sera là la réponse à leur mal-être. Voir le site de l’Observatoire La petite Sirène (réunissant des professionnels de renom, très sérieux). Bref, pour nous, le combat continue pour la sortir de sa détresse.
Mon fils a 17 ans la nouveauté chez lui depuis l’âge de 15 ans c’est son agressivité qui Aug de plus en plus on arrive plus à le metriser il casse tout à la maison,frappe ,mord … Parfois c’est dû à ses problèmes sensoriel mais aussi quand il est contrarié.il veut faire ce qu’il veut quand il veut où il veut ce qui n’est pas évident et il ne comprend pas où n’accepte pas le refus et c’est là où il devient agressif et fait des crises de nerfs et colère où il peut tout faire frapper, mordre, donner des coups de poing et dieu sait la force qu’il a ça lui arrive de casser tout ce qui est à sa portée porte, armoire, placard , chaise, table bref tout ces derniers temps il se cogne la tête contre le mur et se blesse et dans ces moments y’a pas moyen de le raisonner il s’attaque à nous et n’écoute personne il doit juste faire sa crise nous on doit supporter ses cris ,sa colère son agressivité les coups et les morsures et attendre que ça passe. Donnez moi votre avis, que me conseillez vous, guidez nous ses sœurs n’ont plus de vie elles arrivent même pas à étudier dans le calme il peut s’attaquer à elles à n’importe quel moment même quand elles dorment