En tant que parent ou aidant, vous vous demandez peut-être ce que vous pouvez faire pour accompagner votre proche vers plus d’autonomie et pour faciliter les apprentissages. Dans cet article, on vous parle du prompting et de ses différentes déclinaisons, pour aider à la réalisation des tâches du quotidien de façon plus autonome. 

Qu’est ce que c’est ?

Prompting vient de l’anglais « to prompt », voulant dire inciter, provoquer, susciter. C’est un mot servant à montrer le lien cause à effet, une réaction suite à une situation. Utiliser le prompting, c’est aider la personne que vous accompagnez à faire ses tâches. L’idée est de provoquer une situation, une réaction de par un « prompt » ou un indice. On va ainsi pouvoir lui présenter des situations, la faire participer, être avec elle. Le but est de la guider pas à pas vers les décisions et vers l’autonomie. En l’aidant à travers ses tâches quotidiennes, vous l’aiderez à mieux comprendre comment on fait et pourquoi on le fait !

Le prompting se divise en 4 grandes catégories, que nous allons énumérer ici.

Le prompting auditif

Il s’agit de ce que l’on dit, d’instructions dites à haute voix pour guider vers l’action. On va lui indiquer, à l’oral, les différentes étapes et séquences de la tâche. Par exemple, on peut dire « Allez, on y va » pour inciter à démarrer la tâche. On peut aussi inciter une réponse orale de la personne par exemple : « De quelle couleur est ta chemise ? » et l’inciter à répondre « Bleue ». Le but du prompting auditif, c’est de guider par la voix, c’est la forme la plus courante.

Les signaux verbaux, peuvent être directs et indirects. Un signal direct sera de dire précisément l’action à réaliser, en l’indiquant clairement et simplement comme Lave ton visage », « Lave tes bras ». Une autre technique dans le signal direct est le début de réponse. Par exemple, si votre enfant doit ranger ses jouets dans le coffre, commencez par lui dire « On range les jouets dans le co… ». Et laissez-le chercher la réponse de lui-même !

Si la tâche est un peu plus connue, on peut utiliser le signal indirect. On va indiquer qu’une étape suivante arrive, mais sans la mentionner, en demandant par exemple : « Et après ça, on fait quoi ? ». De cette manière, on va indiquer qu’il y a des étapes, une marche à suivre et on va essayer de le faire réfléchir et de faire appel à sa logique. Il est conseillé d’utiliser des mots simples et des phrases courtes afin d’être clair et d’éviter toute confusion !

Une enseignante donne des instructions à deux élèves

Le prompting visuel

Quand on a un trouble neurologique, il est souvent difficile de visualiser quoi faire, mais surtout comment le faire. C’est là que les supports visuels peuvent entrer en jeu. Un planning, des pictogrammes, des réglettes… Il existe beaucoup d’idées ! Les mots sont parfois flous dans la tête de certaines personnes, là où un visuel clair et représentatif sera plus marquant et reconnaissable. Si le prompting auditif n’est pas ou peu possible avec la personne que vous accompagnez, alors le prompting visuel peut être envisagé.

Les aides visuelles aident avant tout à gérer des transitions en représentant ce qui va arriver, étape par étape. Ce sont des aides graphiques faciles à reconnaître, qui peuvent fournir une journée ou une semaine de structure et d’orientation aux enfants et aux adultes. Ils aident à réduire l’anxiété et les soutiennent pour améliorer la communication et l’autonomie. Avec le prompting visuel, on guide vers la bonne réponse/action par une image. Par exemple, en mettant un pictogramme de jouet sur le coffre pour indiquer comment ranger.

On peut aussi utiliser le prompting visuel pour aider à découper une action en petites étapes, comme celles pour se laver ou s’habiller ! On peut représenter le planning de la journée ou de la semaine par ce type de système comme avec l’horloge Synopte pour aider à visualiser la journée !

Le prompting visuel avec un des pictogrammes accrochés à un sac à dos

>> À lire aussi : « Les aides visuelles pour faciliter l’autonomie »

Le prompting gestuel

Le prompting gestuel, c’est donner des informations par le biais de gestes. Les indices gestuels peuvent consister à pointer ou à toucher un objet, un lieu. On peut aussi hocher de la tête pour indiquer si c’est la bonne décision ou étape. Attention, le prompting gestuel,  ce n’est pas faire avec la personne, au contraire, on ne participe pas à la tâche. Pour reprendre l’exemple du rangement de jouets, le prompting gestuel consistera à pointer un jouet à l’enfant et lui pointer où le ranger ou hocher de la tête s’il le met bien dans le coffre.

Le prompting gestuel peut se combiner avec le prompting visuel, en pointant le pictogramme de l’action à réaliser pour attirer l’attention sur l’indice. Dans le cas d’une histoire ou d’un exercice de devoirs, on peut pointer pour l’enfant vers des indices pour répondre à la question ou vers le sujet de l’histoire. Encore une fois, on retrouvera les indices directs et indirects, mais la différence est plus floue. Un prompting direct pointera directement vers l’image, tandis que l’indirect pointera vers la zone à regarder pour trouver l’image.

Des parents pointent du doigt une feuille à leur enfant

>> À lire aussi : « Aide-moi à faire seul, nos aides pour l’autonomie »

Le prompting d’imitation

Une autre façon, un peu plus « intrusive » dans l’autonomie de la personne, c’est de faire du prompting dit d’imitation. Le principe est très simple, vous faites l’action vous-même et la personne va tenter de vous imiter pour apprendre le geste. L’imitation, c’est une très bonne méthode d’apprentissage, notamment chez les enfants, car ils cherchent à interagir avec leur entourage et reproduisent ce qu’ils voient. En regardant comment la personne fait, on peut apprendre les gestes, la méthode.

Le prompting d’imitation, vous l’avez déjà sûrement fait sans vous rendre compte. C’est par exemple, vous laver les dents avec la personne, en lui montrant comment se brosser les dents en le faisant soi-même. Un autre cas de figure, c’est faire le mouvement de mettre ses chaussures ou son manteau et de laisser votre enfant faire « tout comme vous, comme papa ou maman ! ».

Un enfant imite sa maman qui se brosse les dents

Le prompting physique

Enfin, dernière technique de prompting, c’est celui qui est dit physique. C’est celui qui vous demandera le plus d’implication et qui permet le moins facilement l’autonomie chez la personne. Le prompting physique, c’est accompagner vous-même le mouvement de la personne vers l’action. Reprenons l’exemple de la brosse à dents. Le prompting physique, c’est alors prendre la main de la personne et lui faire se brosser les dents en accompagnant le mouvement avec votre main.

Si certes, il est adapté dans certains cas, il est recommandé de passer par les autres techniques de prompting. En effet, les autres méthodes guideront plus facilement vers l’indépendance d’une personne. Elles seront plus faciles à apprendre et à comprendre pour ensuite les refaire soi-même plus tard.

Un père aide sa fille à passer la serpillère

Connaissiez-vous le prompting avant cet article ? Que pensez-vous de cette méthode, l’avez vous essayée chez vous ? Si oui, quels ont été les retours ? Racontez-nous nos expériences en commentaires !

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