Les troubles du sommeil sont très fréquents chez les enfants porteurs de handicap. Ils entraînent souvent des difficultés au sein des familles, pour l’enfant lui-même, mais aussi pour les parents et même pour la fratrie. Voici quelques recommandations pour l’aider à mieux dormir, extraites du guide «Troubles du sommeil et Handicap », publié par le Réseau Lucioles et le réseau R4P.

Le sommeil : c’est quoi exactement ?

C’est l’un des deux états fondamentaux qui rythme notre vie au jour le jour, l’autre étant la veille. Lorsque nous dormons, nos interactions avec notre environnement diminuent tandis que notre cerveau, lui ne se repose pas.

Le cycle du sommeil dure environ 90 minutes. Il est composé de 3 stades successifs :

  • Le sommeil léger au cours duquel on peut encore être facilement réveillé même si notre activité cérébrale est ralentie.
  • Le sommeil lent profond durant lequel notre activité cérébral est très ralentie
  • Le sommeil paradoxal ou notre activité cérébrale est proche de l’état de veille mais notre relâchement musculaire est total.

Dans une nuit, plusieurs cycles de sommeil se suivent.

Notre horloge biologique se fie à des indicateurs appelés « donneurs de temps » ou « synchronisateurs » comme l’alternance lumière/obscurité, l’activité sociale, l’heure du repas…  La durée de notre période de veille est aussi un indicateur car plus notre journée est longue, plus notre besoin de sommeil, le soir venu, est important. C’est une régulation homéostasique.

Dormir : un besoin essentiel qui varie avec l’âge

Le besoin de sommeil d’un enfant varie selon son âge. Ainsi, un nourrisson ou un jeune enfant aura besoin de sommeil nocturne mais aussi de siestes dans la journée. On estime qu’à partir de 5-6 ans, son sommeil sera essentiellement nocturne. La durée des cycles de sommeil varie également selon l’âge de l’enfant.

Les troubles du sommeil

L’enfant en situation de handicap est plus fréquemment sujet aux troubles du sommeil que les autres enfants. On parle principalement de trois types de troubles : l’insomnie, la parasomnie et l’hypersomnie.

Votre enfant souffre peut-être d’insomnie si :

• Il met plus de 30 minutes à s’endormir
• Il se réveille plusieurs fois au milieu de la nuit et n’arrive pas à se rendormir seul
• Il se réveille très tôt le matin
• Il se plaint de fatigue la journée

Les parasomnies sont des manifestations indésirables qui surviennent durant le sommeil. Ce peut être des mouvements, des paroles ou des phénomènes sensoriels. Ce trouble peut apparaitre au moment de l’endormissement ou au cours du sommeil (terreurs nocturnes, somnambulisme, bruxisme, énurésie…).

L’hypersomnie est un état de somnolence anormale durant la journée ou une tendance à l’endormissement au cours de moments de socialisation comme une discussion, le repas… Cette somnolence peut être liée à des conditions environnementales, des maladies ou peut même être d’origine centrale comme la narcolepsie ou l’hypersomnie idiopathique.

Comment aider mon enfant à bien dormir ?

De manière générale :

• Etre attentif aux donneurs de temps, notamment l’alternance lumière/obscurité, la régularité du repas et de l’heure du coucher et du lever…

• Apprendre à son enfant à s’endormir seul car s’il se réveille dans la nuit, il doit pouvoir seul retrouver le sommeil.

• La chambre doit servir au repos, n’y mettez pas de télévision ni d’ordinateur.

Voici quelques recommandations données dans le guide Troubles du sommeil et Handicap :

  • Si les difficultés d’endormissement de votre enfant sont dues à une cause environnementale comme par exemple la peur du noir, l’angoisse de la séparation,  une approche comportementale est alors à privilégier. Procédez progressivement en lui expliquant qu’il doit s’endormir seul. Vous pouvez voir la démarche détaillée ici.
  • S’il souffre de troubles du rythme circadien, il y a un décalage entre son horloge biologique et le rythme ordinaire jour/nuit. Dans les cas extrêmes, il peut même y avoir inversion entre le rythme veille/sommeil et le rythme jour/nuit ! Pour l’aider, vous devez lui apporter des « donneurs de temps ». Par exemple, le matin, ouvrez les volets pour lui amener la lumière du jour à une heure régulière. Dans la journée, exposez-le à la lumière du jour. Planifiez ses séances de kinésithérapie ou d’orthophonie toujours à la même heure. Évitez alors le tout début d’après-midi et la fin de celle-ci !
  • En fin de journée et le soir, ne proposez pas d’activité physique ou des jeux trop excitants.
  • Le bain peut être une bonne préparation au sommeil. Attention cependant, l’eau ne doit pas être trop chaude et la pièce trop éclairée !
  • Offrez-lui une séance de détente avant le coucher, en particulier s’il a des spasmes ou qu’il manque de tonicité musculaire.

 

  • Portez une attention toute particulière à son installation dans sa chambre et à son lit : pièce normalement humidifiée, protégée du bruit, pas trop éclairée (le mieux étant de dormir dans le noir…). Sachez qu’une luminosité même faible peut empêcher la sécrétion de mélatonine… Si vous n’avez pas de volet, optez pour des rideaux obscurants.
  •  Si votre enfant est anxieux, laissez-lui une veilleuse à condition que sa luminosité soit moins de 40 watts.
  • Si votre enfant est très excitable, évitez les objets trop colorés trop contrastés dans sa chambre.
  • Apportez une très grande attention au confort du lit. Choisissez le matelas et les couvertures en fonction de votre enfant. Certains enfants dorment mieux s’ils sont emmaillotés. Vous pouvez alors utiliser une turbulette à sa taille.
  • Élevez la tête de son lit si votre enfant souffre de reflux gastro-œsophagien, d’un problème cardiaque ou respiratoire.
  • S’il transpire beaucoup, utilisez des draps très absorbants.
  • S’il sort de son lit, utilisez un sac de couchage fixé au matelas ou optez pour un lit avec des montants ou un filet. Certains parents choisissent de faire dormir leur enfant dans une tente…
  • Si vous devez intervenir durant la nuit pour un changement de position ou un soin, faites-le de manière neutre, sans lui parler et sans éclairer sa chambre.
  • Si votre enfant souffre d’un troubles respiratoires comme l’apnée du sommeil, une position semi-assise est alors recommandée.
  • Si votre enfant est appareillé, le guide Troubles du sommeil et Handicap donne des conseils précieux pour l’aider à mieux dormir…

Un guide « Troubles du sommeil et Handicap » à télécharger gratuitement

Ce document est une publication R4P & Réseau Lucioles.  Il a été élaboré à partir d’un état des lieux réalisé auprès des familles et des médecins, a été enrichi des connaissances et conseils de professionnels du sommeil et/ou du handicap, tout en laissant la part belle aux témoignages de parents d’enfants handicapés.

Vous trouverez dans ce dossier :

    • Des informations générales sur le sommeil de l’enfant,
    • Des informations sur les particularités et les troubles du sommeil chez l’enfant en situation de handicap :
    • Des conseils précis, tout au long des chapitres, pour améliorer le sommeil des enfants en situation de handicap
    • Des suggestions pour vous faire aider, trouver du soutien
    • Des fiches techniques pratiques pour le quotidien

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 A lire aussi les apnées du sommeil.

Véronique est la cofondatrice de Hop'Toys et directrice commerciale. Elle rédige principalement des articles et dossiers de fond, des conseils.

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