La saison de Noël est ouverte ! À cette occasion, nous avons interrogé Daisy, maman d’un petit Lili dont le diagnostic de l’autisme est tombé il y a deux ans. Dans son article, elle nous parle des aménagements à privilégier pour le bien-être de son fils avec TSA en cette période de grande excitation. Elle vous donne ses conseils, ses pistes pour un Noël inclusif, en harmonie familiale et serein.

Pour beaucoup d’entre nous, cette période est synonyme de retrouvailles familiales chaleureuses, de repas à rallonge, d’ambiance scintillante, de bonnes odeurs, de cadeaux par milliers, le tout sur fond de Mariah Carey. Mais pour certains, cette saison peut-être une période de surcharge sensorielle et de modification d’habitude importante. Je parle bien sur de nos enfants TSA. Depuis 2 ans, suite au diagnostic de notre petit Lili, nous avons mis en place certaines astuces pour accompagner au mieux notre enfant durant cette période qui sollicite énormément nos enfants, tout en conseillant notre famille et amis sur certains comportements à adopter ou à éviter afin de passer un Noël harmonieux et inclusif.

Je vous en livre ici les grandes lignes en précisant évidemment qu’il ne s’agit en aucun cas de consignes universelles et strictes applicables à tous les enfants TSA. Il s’agit plutôt de pistes que vous pouvez envisager en famille et selon les besoins de votre enfant.

Le constat

Surcharge sensorielle : Noël, c’est chouette, mais c’est brillant et bruyant !

C’est un phénomène qui arrive à la plupart des personnes autistes. Lorsqu’il y a trop de stimulation autour d’eux. Trop de bruits, trop de personnes, trop d’odeurs ou de lumière. À Noël, tout ceci est décuplé par centaine pour nos enfants. Les rues, les foyers, l’école, la moindre parcelle sont envahis de lumière, de sons et d’odeurs. Il convient de comprendre que si la plupart d’entre nous apprécient cette ambiance, celle-ci peut être un vrai calvaire pour nos enfants et toutes les personnes autistes.

Routines perturbées : Noël, c’est chouette, mais tout est modifié

Déplacements, horaires des repas et du coucher, modification des habitudes alimentaires, c’est tout le quotidien qui est chamboulé à la période de Noël. Le temps semble s’allonger et les journées n’en finissent plus. Parfois même, on découche. On parcourt de nombreux kilomètres en voiture et les repères viennent à manquer pour nos enfants. Ces repères qui leur sont si chers au quotidien et qui leur permettent d’anticiper, de se rassurer et de contrôler leur environnement potentiellement anxiogène.

Sollicitations sociales multipliées : Noël, c’est chouette, mais ça en fait du monde !

Accolades, embrassades, bonjour, au revoir, remerciements… Viens dire bonjour à papi, fait un bisou à tata, dis merci à ta cousine, … On ne compte pas le nombre de contacts physiques, visuels et sociaux que Noël représente pour nos enfants extraordinaires. Quand on sait que ces mêmes contacts physiques et visuels peuvent être délicats dans l’autisme, il est important de prendre la mesure des sollicitations exponentielles en période de fête de fin d’année.

Ces constats sont importants, car ils nous permettent à nous parents, famille, amis de découvrir des leviers d’actions pour soulager ou anticiper un potentiel mal être de nos enfants. L’idée étant de ne léser personne et de tendre vers un Noël harmonieux où tout le monde pourra profiter à sa manière dans le respect des limites de chacun.

Enfant ayant des particularités sensorielles à Noël

>> À lire aussi : « Noël : des jeux qui font du bien et qui rassemblent ».

Les astuces

Proposer un espace de repli

Il semble essentiel de laisser la possibilité à l’enfant de s’isoler. Que ce soit chez vous ou ailleurs, vous pouvez tout à fait demander la mise à disposition d’un petit coin ou d’une pièce que votre enfant pourra utiliser s’il a besoin de se replier ou de s’isoler au milieu du tumulte général. Parfois, même un petit tipi en tissu facilement transportable suffira. Ce coin sera son espace « safe », loin des bruits et de l’agitation ambiante. Il pourra s’y replier, s’y ressourcer. Dans ce petit coin, veillez à ce que l’enfant y trouve quelques objets qu’il apprécie (couverture lestée, jouets à mordiller ou à manipuler, casque antibruit,… Vous saurez mieux que quiconque ce qui pourra potentiellement l’apaiser).

Ce lieu de repli est son espace. Il convient de prévenir tout le monde de respecter cela, et de ne pas y faire intrusion sans y avoir été invité. Cette mise à disposition d’une solution de repli est rassurante pour l’enfant.

Coin refuge

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Tente de repli

>> À lire aussi : « Comment créer un espace sensoriel, refuge et repère ? ».

>> Ou encore : Une chambre sensorielle à la maison !

Essayer de conserver des rituels/habitudes

Pour aider l’enfant à traverser cette faille spatio-temporelle des fêtes de fin d’année ou rien ne se passe comme d’habitude, il convient d’essayer de conserver quelques rituels fixes. Il peut suffire de quelques petits détails tout simples. Vous dormez ailleurs ? Emportez sa housse de couette de référence. Vous êtes invités ? Prenez sa marque de chips préféré. Il a l’habitude d’aller à la boulangerie chaque matin ? Essayer de conserver ce rituel. De cette manière, l’enfant conservera des points d’ancrage de son quotidien, ce qui facilitera les choses.

Toc toc toc, qui est là ?

Nous tenons notre enfant informé à l’avance de qui il va être emmené à côtoyer. Pour cela, on va s’aider de photos ou de pictogrammes. En effet, nous nous sommes rendu compte qu’il était difficile pour lui de voir notamment des personnes qu’il apprécie, sans y être préparé en amont. L’effet de surprise est trop intense pour lui. On le tient donc informé de la liste des invités.

Nous lâchons aussi prise sur les codes sociaux, au lieu de lui demander 15 fois de dire bonjour, merci, au revoir ou encore d’embrasser qui que ce soit. Nous lui proposons d’accueillir les personnes en ouvrant la porte. Et de les saluer à leur départ en les raccompagnant. Ce processus est très rassurant et logique pour lui.

Nous conseillons également à nos familles et amis de privilégier la qualité à la quantité. J’entends par là de partager des moments en tête-à-tête avec nos enfants et chacun son tour, plutôt que de l’étouffer avec l’effet de groupe.

Anticiper Noel

Et les cadeaux alors ?

Ici encore, nous demandons de privilégier la qualité à la quantité. Notre enfant a peu de demandes de ce côté-là, et si nous avons bien conscience que tout le monde a envie de lui offrir quelque chose, nous avons cependant émis un OLA. Je ne vous compte pas le nombre de jouets qu’il n’a jamais utilisés et qui sont encore emballés.

On va par exemple lui proposer une alternative : une cagnotte. Notre fils peut avoir une demande précise en avril par exemple. Nous utilisons les fonds de la cagnotte pour lui offrir au moment de sa demande. Ainsi, il profitera d’un cadeau qu’il a choisi et qu’il apprécie réellement. C’est beaucoup plus plaisant pour tout le monde.

Une enfant tient un cadeau de Noël

>> À lire aussi : « Noël différent : des cadeaux concertés ».

Et le Père Noël dans tout ça ?

C’est une affaire très personnelle et chaque famille fait ses propres choix concernant cette croyance de bonhomme rouge. De notre côté, si notre ainé (neurotypique) a cru au Père Noël jusqu’à ses 8 ans, nous avons très vite constaté que Lili n’en n’avait que faire du Père Noël. Il n’a jamais manifesté un quelconque intérêt pour ce personnage. Aussi, nous n’avons jamais insisté à ce sujet. Il sait donc que le cadeau lui a été offert par telle ou telle personne. Cela participe vraiment au développement de ses relations sociales.

Je sais que certaines familles d’enfants TSA ont témoigné de la violence qu’ont ressenti leurs enfants en découvrant que, non, le Père Noël n’existe pas. Ainsi, il me semble important d’avoir une vraie réflexion à ce sujet. Cette décision, c’est la vôtre en fonction de votre enfant.

>> À lire aussi : « Le Père Noël et Maria Montessori ».

Il est facile d’abandonner certaines habitudes pour que tout le monde profite

À Noël, on se fait beau ! Certes, mais les robes à sequin et les chemises à paillettes ça gratte ! Privilégiez des vêtements que l’enfant apprécie et dans lesquels il se sent à l’aise. Les meilleurs souvenirs seront ceux d’une soirée réussie et harmonieuse pas celui du petit Chino bien repassé.

Nous adorons manger de petits toasts au saumon, à la dinde, au marron et de bûches décorées de champignon. Et bien oui, c’est la fête ! Alors faites en de même pour votre enfant. Proposez-lui uniquement des mets qu’il apprécie. D’ailleurs, côté repas, il pourrait être éprouvant de devoir s’asseoir à table avec 15 autres personnes. Là encore, nous sommes d’accord pour qu’il mange dans son petit coin le soir de Noël.

L’important, est que chacun éprouve du plaisir en cette période de fête. Il convient de garder en tête que notre plaisir n’est pas universel, que nous apprécions tous des choses différentes. Faites en sorte que Noël ne soit pas éprouvant pour l’enfant et faites en sorte de rendre ce moment hors du temps pour lui également, à sa manière, avec tout votre amour. Respectez sa mise en retrait. Prévenez-le, anticipez, essayer de conserver certains rituels rassurants. Et puis toujours… Formez et informez votre entourage.

Alexandra, chargée de communication.

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