Notre société où se côtoient des individus de condition, de culture, d’origines notamment très diversifiées est le théâtre de rapports humains parfois très difficiles. La peur de l’autre et le besoin d’appartenance à un groupe sont souvent les générateurs de ces mauvaises relations. Ouverture à la différence, respect de l’autre, racisme… sont des sujets parfois jugés délicats à aborder avec de jeunes enfants. Mais ils sont pourtant essentiels ! Comment s’y prendre ? Et comment les y intéresser ? Les faire se sentir concernés ? 

Chez Hop’Toys, nous savons que les jouets que nous proposons à nos enfants feront les personnes et les citoyens qu’ils seront demain. Les sensibiliser, au handicap bien sûr, et, au-delà, à la différence, à la diversité est primordial pour en faire des adultes ouverts, curieux, tolérants et bienveillants. Nous vous proposons dans cet article des pistes pour aborder ce sujet, des idées d’activités et une sélection de jeux et d’outils permettant de mieux comprendre la diversité et sa force.

L’enfant et le monde qui l’entoure

Tout petit, l’enfant se rend compte petit à petit qu’il existe des différences entre lui et le monde. Cela commence dès qu’il est bébé, lorsqu’il commence à prendre conscience de son propre corps. Petit à petit, il va sortir du cercle familial proche et rencontrer des enfants ou des adultes différents de lui en apparence ou dans leur comportement et des questions ou affirmations peuvent apparaître. Si un jour, il rentre de l’école maternelle et vous dit qu’il n’aime pas les personnes avec la peau de couleur noire (ou grosses, ou blondes, etc.), pas de panique !
Avant l’âge de 6 ou 7 ans, comme l’explique la psychologue Virginie Bapt dans un article du Journal des Femmes, un enfant n’est pas raciste. Il exprime seulement ses pensées et ses choix de manière binaire : j’aime ou je n’aime pas. Par conséquent, il ne se rend pas compte de l’impact de ses mots ni des conséquences qu’ils engendrent. L’enfant peut exprimer un rejet de l’autre sur sa couleur de peau, mais également sur la couleur de ses cheveux, ses vêtements, sa taille, son poids, sa manière de parler ou se déplacer, etc. En fait, n’importe quel critère qu’il jugerait différent de lui. Un enfant n’est pas raciste de nature, mais il peut avoir des préjugés. Il est donc important de réagir et de comprendre l’origine et le sens de ce rejet.

3 petites filles

Comment réagir ?

Ouverture, discussion et bienveillance

Ne le grondez pas bien sûr, et abordez le sujet de manière positive. Vous pouvez essayer de comprendre d’où vient ce rejet. Peut-être a-t-il entendu des adultes et a mal interprété leurs paroles, peut-être, a-t-il eu aujourd’hui une petite dispute avec un ami qui ne voulait pas lui prêter un jouet… À partir de l’âge de 6 ou 7 ans, il est également tout à fait possible que l’enfant soit entraîné par un effet de groupe. Nous vous conseillons donc d’adopter une attitude ouverte et bienveillante.

En découvrant l’origine de son rejet envers une différence, vous pourrez déconstruire plus facilement ces propos. Expliquez-lui l’importance de construire son identité dans l’empathie et la tolérance. Chaque être humain a droit au respect, peu importe nos différences. Il ne s’agit pas de nier les différences, car ils les perçoivent, mais de leur dire que le monde est composé d’êtres différents, avec des couleurs de peau et des accents différents, avec des façons d’agir différentes, avec des habiletés différentes, de la même façon qu’il y a plusieurs variétés de fleurs, mais que toutes sont belles. Il est également important de les sensibiliser aux différences « invisibles ». Nous sommes tous différents à différents niveaux et c’est ce qui fait la richesse de notre monde.

Soyez un exemple d’empathie et de tolérance

L’imitation a une place prépondérante dans tout apprentissage, dans le langage, la transmission culturelle, mais aussi l’empathie.
À l’aide des neurones miroirs, votre enfant prendra conscience très vite que « l’autre » peut faire la même chose que lui. En imitant et en étant imités, les enfants apprennent que les êtres humains peuvent vivre les mêmes expériences qu’eux. Lors de son développement, l’enfant voit en vous le référent adulte à imiter. Ainsi lorsque vous témoignez de l’empathie, à des proches ou à des inconnus, vous éveillez votre enfant à l’empathie. Une façon simple de montrer de l’empathie à votre enfant est d’accepter avec grande bienveillance et reconnaissance n’importe quel petit cadeau qu’il pourrait vous offrir. Vous permettrez ainsi à votre enfant de développer son empathie réciproque.

>> À découvrir : c’est quoi les neurones miroirs ?

petite bouteille en verre et coeurs

Comment se développe l’empathie ?

Serge Tisseron, psychiatre, psychanalyste, Docteur en psychologie et auteur de nombreux ouvrages, représente l’empathie sous la forme d’un bateau avec 3 niveaux. Selon lui, « l’empathie est une capacité complexe semblable à un édifice qui se construit en plusieurs étapes, et possède, dans sa forme achevée, plusieurs composantes. »

les trois étages de l'empathie de Serge Tisseron

L’empathie directe : la coque du bateau

Spontanément, l’humain a la capacité de développer les trois formes d’empathies directes : l’empathie affective, l’empathie cognitive et l’empathie mature. Respectivement, ces formes d’empathie sont la reconnaissance de l’émotion de l’autre, la compréhension que l’autre est différent de soi, la capacité à se mettre à la place de l’autre et à changer sa perspective émotionnelle.
L’empathie directe comporte également l’auto-empathie, c’est à dire l’identification de ses propres émotions et leur acceptation. L’auto-empathie, c’est avoir de l’empathie affective, de l’empathie cognitive et de l’empathie naturelle envers soi-même.

L’empathie réciproque : le pont et les cabines des passagers

L’empathie réciproque est la capacité à développer le sens moral. Elle permet à l’être humain de reconnaître à une autre personne ce qu’il reconnaît pour lui-même, que ce soit dans le domaine de l’estime de soi, dans le droit d’aimer et d’être aimé·e et au sujet des droits citoyens.

L’empathie intersubjective : la cheminée

Quand la fumée sort, le bateau avance. L’empathie intersubjective, c’est la capacité à accepter qu’une autre personne puisse nous découvrir et, ainsi, nous éclairer sur nous-mêmes. C’est la capacité à se dévoiler à autrui, à accepter que les autres voient en nous des choses que nous ignorons nous-mêmes.

>> À lire également : 10 jeux pour développer l’empathie

Sensibiliser tôt aux différences

Dès son plus jeune âge, vous pouvez introduire dans les jeux de vos enfants des personnages avec des différences visibles. Il est important d’agir tôt, de permettre à votre enfant d’être en contact avec des personnes différentes de lui et de lui proposer des jouets incluant différentes représentations de la famille et des êtres humains. Vous banaliserez ainsi les différences et permettrez à votre enfant de se construire une représentation du monde où la diversité est la norme.

>> Pour aller plus loin – Ecole inclusive, conseil n°1 : sensibiliser à la diversité

Voici quelques suggestions d’activités et de jeux pour sensibiliser vos enfants aux différences :

Dès 1 an

My family builders

My family builders

My family builders : un magnifique jeu de construction magnétique en bois hyper résistant, pour composer toutes sortes de familles modernes et aborder la mixité en général. Votre enfant pourra mixer et créer de nombreux petits personnages et inventer des histoires. Différents coffrets disponibles : 48 pièces, 32 pièces ou 16 pièces. Jusqu’à 2000 combinaisons possibles avec le plus grand coffret. Dès 1 an.

Aborder la différence de façon ludique avec les enfants de 3 à 5 ans

Les poupées Myla et Noa

Myla et Noa sont des poupée et poupon ayant les caractéristiques physiques d’enfants porteurs de Trisomie 21.

Myla et Noa sont des poupons ayant les caractéristiques physiques d’enfants porteurs de Trisomie 21. Ils permettent de sensibiliser les enfants à la différence en incluant la notion de handicap de manière naturelle dans les situations de jeux. En mêlant à d’autres poupées, des poupons comme Noa et Myla, vous banalisez la différence et démontrez « l’air de rien » aux enfants que des personnes différentes, « exceptionnelles », ont toute leur place à côté des autres. 2 modèles sexués : Myla/fille et Noa/Garçon.

Activité : les familles de pâtes (adapté de l’activité de Jeux et Compagnies)

Matériel : des pâtes de différentes formes et différentes couleurs

Placez les pâtes (spaghetti, macaroni, lasagne, penne, coquillette, torsade 3 couleurs…) dans un grand récipient. Encouragez les enfants à explorer les pâtes mélangées dans celui-ci. Discutez avec eux des différences de forme, de couleur, de taille.
Invitez les enfants à trier chaque variété de pâtes dans des contenants plus petits. Demandez-leur ensuite de décrire une caractéristique particulière pour chaque variété : longue, orange, plate, etc.

Discutez avec les enfants de l’idée que si les variétés de pâtes semblent différentes, elles ont aussi beaucoup en commun comme les ingrédients qui les composent, leur fabrication, leur cuisson, leur valeur nutritionnelle et le fait qu’elles appartiennent toutes à la famille des pâtes.

Optionnel : vous pouvez ensuite demander aux enfants de réaliser un collage avec les différentes pâtes sur des feuilles épaisses. Ils peuvent utiliser une ou plusieurs variétés. Cette activité encourage les enfants à reconnaître que nous avons tous de nombreuses différences, mais aussi de nombreuses caractéristiques en commun. Et que la diversité de ces pâtes permet de créer une œuvre bien plus intéressante.

La collection « Au cœur des différences »

Livre Pareil pas pareil

Une série d’albums tout en couleur qui présente des personnages attachants vivant une différence : allergie, maladie, syndrome. Les interrogations des enfants conduiront à d’heureuses découvertes. Par l’entremise de courtes histoires, ces livres permettront aux parents et aux éducateurs de sensibiliser les enfants à la richesse des différences.

Issu de cette collection, nous vous présentons le livre Pareil pas pareil : Je m’appelle Henri et j’ai 4 ans. Il y a quelques mois, mes parents m’ont annoncé qu’Hubert, mon frère jumeau, irait dans une école spécialisée. J’étais très en colère, car je voulais aller à la même école que lui. Je ne pouvais pas m’imaginer qu’on soit séparés toute une journée. J’ai expliqué à mes parents que je pouvais jouer aux mêmes jeux qu’Hubert. Moi aussi, je savais faire des activités pour les petits… 24 pages. Couverture rigide. Dès 4 ans.

Le nouveau jeu des 7 familles

Jeu des 7 familles

Un jeu de 7 familles avec lequel composer toutes les familles selon les schémas variés des familles d’aujourd’hui : familles multiraciales, familles avec des parents de même sexe, familles monoparentales, familles avec des membres ayant des besoins spécifiques, etc. 42 cartes dim. 10,4 x 6,8 cm. Dès 4 ans.

>> Pour d’autres inspirations : 10 idées pour apprendre aux enfants la tolérance

Des jeux et une animation pour des enfants de 6 à 9 ans

Activité : Pareil et Différent (adaptée de : Animations contre le racisme pour enfants)

enfants

Objectif : prise de conscience des différences.
Nombre d’enfants : 2 et plus

Les enfants se mettent par 2. La consigne est qu’ils doivent trouver 5 (ou plus) différences physiques entre eux. On partage rapidement les différences qu’ils ont trouvées. Ensuite, en groupe ou à 2, on trouve les ressemblances entre les joueurs : « On a tous des cheveux. » ; « Est-ce qu’il y a quelqu’un qui n’a pas d’ongles ? »… On peut également regrouper les enfants selon leurs goûts, leurs loisirs préférés, etc.

Les hinvisibles

les hinvisibles

Ce jeu de 50 cartes sensibilise et permet de mieux connaître tous les types de handicaps invisibles. Le processus pédagogique est conçu pour comprendre et enrichir ses connaissances sur 80 % des handicaps et développer de nouvelles attitudes plus justes dans la relation. Dim. 13 x 7 cm. Dès 8 ans.

Retrouvez notre sélection Éducation à la diversité

Et vous, que faites-vous pour sensibiliser votre enfant aux différences et à la diversité ? Partagez votre expérience en nous laissant un petit mot.

 

Sources :
Comment parler de racisme avec mon enfant ?, Le journal des Femmes, 21 mars 2019
Jeux et activités pour aborder le racisme et la différence avec les enfants, Jeuxetcompagnies.fr

En savoir plus : « Le navire empathie », Pocket films – Empathie
Animations contre le racisme pour enfants, Marie-Pierre Binamé, Stagiaire psychologue au MRAX, Étudiante en deuxième licence à l’UCL, Février 2007 – Juin 2007

  •  
  •  
  •  
  • 4

Mathilde est coordonnatrice Tiers-Lieu chez Hop'Toys et rédactrice sur ce blog.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Taper la réponse pour valider votre commentaire * Time limit is exhausted. Please reload the CAPTCHA.