Le TDAH (Trouble Déficit de l’Attention avec/sans Hyperactivité) est un trouble du neurodéveloppement. Il combine notamment 3 caractéristiques : l’inattention, l’hyperactivité et l’impulsivité. Le nombre de personnes qui sont concernées est bien difficile à estimer. Notamment car le TDAH est difficile à diagnostiquer, mais aussi à cause des clichés et des mythes sur son sujet. Aujourd’hui, nous vous proposons de briser les clichés en décortiquant 10 mythes du TDAH et des choses à ne plus dire.

Mais d’abord, un petit rappel

Avant de briser les mythes du TDAH, revoyons rapidement ce qu’est le TDAH. Comme rappelé en introduction, il s’agit d’un trouble du neurodéveloppement. Il existe 3 types de TDAH : Dominante hyperactive, Dominante inattentive et Combinée. Pour résumer très simplement, chez une personne ayant un TDAH, le cerveau ne traite pas ses gestes et ses idées de la même manière que pour une personne dite neurotypique. Ce qui implique que les comportements ou les réactions peuvent parfois paraître « exagérés », « pas adaptés » ou encore « fait exprès ».

Certes, le TDAH n’est pas une excuse passe-partout. Mais il affecte sérieusement la vie des personnes concernées sur de nombreux points. Chose que l’entourage de la personne, ou la société en général, peut avoir du mal à comprendre. Ainsi, il subsiste encore de nombreux clichés, fausses idées ou mythes du TDAH.

>> À télécharger : Infographie : Le TDAH 

1. On est tous un peu TDAH, non ?

Une phrase que l’on entend souvent après avoir parlé de nos symptômes TDAH, de notre vécu. C’est surtout lorsqu’on parle des difficultés de concentration, des problèmes à focaliser notre attention sur LE sujet que cette phrase revient, mais pas que ! D’autres expériences communes aux personnes TDAH, lorsqu’elles sont racontées, créent ce genre de réaction. Mais, si on analyse bien, la fréquence et l’impact sur la vie sont bien plus importants quand on a un TDAH !

Certes, on a tous plus ou moins vécu ce moment où l’on n’arrive pas à se concentrer sur nos devoirs, où l’on a préféré naviguer sur les réseaux sociaux… Mais, chez une personne TDAH, l’effet est non seulement plus fréquent, mais aussi plus intense. Si on devait expliquer simplement, c’est parce que le cerveau a des défauts sur sa production de dopamine. Et il lui en faudra beaucoup plus pour démarrer et maintenir la concentration sur une tâche.

Que faire à la place ?

Comprenez les problèmes de la personne et comment le TDAH l’impacte. Certains des symptômes du TDAH se retrouvent chez les personnes neurotypiques. Mais, quand on a un TDAH, c’est bien plus intense. Prenez donc le temps d’écouter ce que ressent la personne.

Un enfant écrit en se tenant la tête

2. Ça s’efface avec l’âge, tu verras

Avant, on pensait que les enfants se débarrassaient du TDAH au fur et à mesure qu’ils grandissaient. Aujourd’hui, de nombreuses études, comme celle de l’Académie Américaine de Pédiatrie, ont pu noter que le TDAH persistait très souvent dans l’adolescence et durant la vie adulte. Même si certaines personnes n’ont plus de symptômes TDAH ou des symptômes plus faibles, pour la majorité, un enfant TDAH sera un adulte TDAH. À noter aussi que certains adultes ayant été des enfants TDAH peuvent aussi « masquer » ce trouble et donc ne plus présenter les symptômes en public, mais tout en restant impacté par celui-ci.

Que dire à la place ?

En tant que parents d’enfants ayant un TDAH, il faut préférer élaborer des solutions viables, et non pas laisser des promesses comme « Peut-être que plus tard les choses iront mieux ». Il faut aider le plus possible.

Une adolescente a l'air triste et a sa main posée sur son front

>> À lire aussi : Le portrait d’Angélique, adulte TDAH

3. Si tu t’organisais, ça irait mieux

Autre classique parmi les phrases couramment entendues, le manque d’organisation ! Bien au contraire, chez les personnes plus âgés, elles essaient de s’organiser, tout comme les parents impliqués travaillent à structurer et à organiser la vie de leur enfant au mieux ! Mais même avec une bonne organisation, les troubles persistent. En plus, les ressources « classiques » pour aider à l’organisation ne marchent pas forcément pour le TDAH. Il n’existe pas de solution unique et adaptée à tous, mais il y a des idées qui peuvent servir de base de réflexion.

Chez les personnes avec un TDAH, la mémoire de travail est affectée. Ce qui implique qu’on oublie facilement les dates, ce qu’on allait faire à l’instant, voire perdre des objets. « Out of sight, out of mind« , ou en français « Hors de la vue, hors de l’esprit », c’est une phrase qui colle beaucoup à cette expérience. Quand on n’a plus quelque chose en vue, on l’oublie très vite, d’où le fait que les instructions auditives sont plus complexes à mémoriser. 

Que dire à la place ?

Les aides visuelles peuvent par exemple aider la personne. « De quelles solutions as-tu besoin ? » « Qu’aimerais-tu essayer pour que ça aille mieux ? ». Il est important de chercher avec lui la solution qui lui conviendra le mieux. Cela prendra du temps, mais ça sera d’autant plus efficace.

Un sac à dos auquel sont accrochées des aides visuelles

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4. Tu ne fais aucun effort

Dans la même idée, mais plus violent dans la tournure, certaines personnes pensent que le TDAH, c’est une excuse pour ne rien faire, ne faire aucun effort. Bien sûr, le TDAH ne peut pas tout excuser, mais les apparences sont trompeuses. Les personnes vivant avec ce genre de trouble font des efforts, font de leur mieux pour compléter leurs tâches et bien organiser leur vie, mais ce n’est pas aussi facile que l’on pense.

Quand on vit avec un TDAH, on est tout aussi conscient qu’une personne neurotypique de l’importance d’une tâche, voire même encore plus dans certains cas. Mais il n’est pas aussi facile de se lancer dans ladite tâche, et surtout, ce n’est pas constamment aussi facile. Là où, certaines fois, on se sentira pousser des ailes et on va ranger entièrement la chambre, des fois, le simple fait de démarrer est « trop dur ». Notamment parce que le cerveau est en mode « tout ou rien ». On ne se dit pas « Je vais déjà ranger le lit puis l’armoire puis passer l’aspirateur », mais on pensera « Je dois tout faire, d’une traite, sinon je n’ai pas réussi ». Et c’est ce tout ou rien qui paralyse nos actions.

Que dire à la place ?

« As-tu besoin d’aide pour commencer ? » « Je peux t’aider à démarrer si tu veux », c’est souvent cette main tendue qui amène à la réussite. Beaucoup de personnes TDAH témoignent qu’en étant guidés de manière positive, quand quelqu’un les soutient, les tâches se font bien mieux ! Aidez-donc la personne en la guidant, en la motivant sans la rabaisser. Pour l’aider à ranger sa chambre par exemple, proposez-lui de faire ça ensemble au début, et une fois qu’il est dedans, laissez-le faire !

Enfant dans une chambre non rangée

5. Tu te concentres bien sur un sujet, pourquoi pas sur ça ?

L’un des « pouvoirs » du TDAH, comme certaines personnes aiment l’appeler : c’est l’hyperfocus – ou hyperfocalisation. Commun avec l’autisme (appelé intérêt spécifique), l’hyperfocalisation, c’est être absorbé par une tâche ou un sujet au point d’ignorer tous les signaux autour de soi. On peut passer 4h à dessiner sans réaliser qu’on n’a pas bu d’eau entretemps par exemple. Se concentrer sur un sujet qui est dans notre hyperfocalisation est bien plus simple, le cerveau délivre largement assez de dopamine pour démarrer et finir la tâche. Mais ce n’est pas aussi simple pour une tâche autre ou, encore pire, ennuyante. Et quand on vit avec un TDAH, les répercussions de cet hyperfocalisation sont parfois grandes.

Que faire à la place ?

L’hyperfocalisation est importante pour une personne avec un TDAH, c’est ce qui la rend heureuse. Une passion, une activité, comme pour une personne neurotypique, c’est important pour grandir. Il ne faut pas l’en priver totalement, mais l’aider à faire attention aux autres tâches. Pour l’aider à quitter cet hyperfocalisation et passer sur une autre tâche, il faut prendre du temps pour discuter avec, proposer une pause de 5 minutes sans rien et se lancer dans la nouvelle tâche. La transition sera plus simple et on se sentira bien mieux. D’ailleurs, pensez aussi à discuter avec la personne sur cette hyperfocalisation. Non seulement vous la valorisez, vous reconnaissez ses passions mais vous lui permettez aussi de parler, que du positif !

Un enfant adossé à un mur décoré avec des éléments de l'espace

6. Tu n’as pas été bien éduqué

Si vous êtes parent d’un enfant avec un handicap mental, vous avez peut-être déjà entendu de telles phrases. Laissant penser que c’est de votre faute si l’enfant est comme ça, qu’il n’a pas été bien éduqué. Vous savez que c’est faux, que vous faites ce que vous pouvez pour l’aider et bien l’éduquer, mais que son TDAH ne lui permet pas de gérer les émotions, le travail et tout le reste, comme tout le monde.

Bon, oui, le TDAH n’excusera pas certains comportement, bien sûr. Mais penser que le moindre comportement « anormal » d’un enfant doit être réglé par une éducation… C’est destructeur pour l’enfant.

Que faire à la place ?

Il faut prendre le temps de discuter avec la personne, l’écouter. Mais surtout, savoir que tous les comportements ne peuvent pas se contrôler. Si vous êtes parent et qu’on vous dit cette phrase, dites-vous que la personne n’a jamais eu à gérer votre enfant et ne saurait pas forcément faire mieux que vous !

Un homme pointe son index vers une enfant

7. C’est à cause de l’alimentation

Un argument souvent entendu avec les reproches sur l’éducation, c’est l’alimentation. Ça ne veut pas dire qu’il faut relancer le buffet à volonté sur les bonbons ou que vous pouvez le laisser manger n’importe comment, non. Oui, il y a des aliments qu’il vaut mieux limiter, mais ils ne sont pas à bannir (sauf autres soucis de santé) ! Mais si manger mieux réglait magiquement le TDAH ou d’autres troubles du neurodéveloppement, il y a longtemps qu’on le saurait !

Comme pour tout le monde, la nourriture « simple » est souvent celle vers laquelle on se dirige le plus facilement. Mais, chez une personne neurotypique, cette tentation est plus facile à combattre. De par le TDAH, on a parfois tendance à être impulsif, et ce même au niveau alimentaire. Donc oui, il faut faire attention à ce que l’on mange, mais comme pour une personne neurotypique !

Que faire à la place ?

On sait que le TDAH cause quelques problèmes dans la gestion de son alimentation, aidez-donc la personne à gérer son impulsivité en la « distrayant », par exemple en lui demandant ce qu’elle a fait aujourd’hui. Généralement, on finit par oublier cette impulsivité alimentaire !

Sinon, dans le cas inverse, proposez des outils de rappel et d’alarme pour rappeler de bien manger ! Des post-it, des Time Timer, bref un support qui l’aide à se reconcentrer sur lui-même !

Un enfant mange un donut au chocolat

>> À lire aussi : Encourager une alimentation saine chez les enfants 

8. Pourquoi tu réagis comme ça ?

Quand on a un TDAH, les émotions sont souvent aussi en pagaille. Le cerveau ne peut les contrôler toutes à la fois. Généralement, on n’a pas envie de réagir comme ça. On n’a pas envie de s’énerver, mais les surréactions et la gestion émotionnelle sont complexes. On peut aussi avoir tendance à interrompre les personnes, car on a vraiment envie de dire quelque chose, et avoir du mal à attendre son tour.

D’autre part, une des composantes peu connues et récemment découvertes du TDAH est la sensibilité au rejet. Les personnes atteintes de TDAH ont tendance à surinterpréter les réactions des autres, et à penser qu’ils ont fait quelque chose de mal, qu’ils vont être réprimandés… Alors que, bien souvent, ce n’est pas le cas. L’empathie est aussi plus présente chez les personnes avec un TDAH. Il faut aider la personne à mieux comprendre les réactions, en étant plus clairs dans nos échanges, pour limiter de telles surinterprétations.

Que faire à la place ?

Vous devez prendre conscience qu’un enfant TDAH n’agira pas comme un enfant neurotypique. Soyez compréhensif avec les réactions qui peuvent sembler « anormales » pour vous (tant qu’elles sont exprimées sainement). Communiquez de façon claire à la personne et soyez empathique.

Un enfant a sa tête posée sur ses bras

>> À lire aussi : TDAH et hypersensibilité

9. Tu n’es pas hyperactif…

Ce n’est pas pour rien qu’on précise « avec ou sans hyperactivité » dans le nom complet du TDAH, c’est bien parce que l’hyperactivité n’est pas présente chez tout le monde, et encore moins présente toute le temps ! De plus, on n’est pas forcément visiblement hyperactif, à sauter partout ! Les caractéristiques de cette hyperactivité, c’est aussi ne pas s’asseoir d’une manière fixe et longuement, ne avoir besoin de jouer avec quelque chose dans ses mains… Le fidgeting est justement une des meilleures choses pour aider les personnes avec TDAH.

Mais il y aussi une hyperactivité invisible, l’hyperactivité mentale. Dans le cerveau d’une personne TDAH, les pensées vont à cent à l’heure et en grande quantité. Les pensées se bousculent, quasiment non traitées, sans filtre. Et cette pagaille, ces pensées à gérer, peuvent aussi fatiguer plus vite, d’où le fait qu’on ne soit pas forcément cette « boule d’énergie » que certaines personnes ont encore comme cliché du TDAH.

Que faire à la place ?

Pour aider cet afflux chaotique de pensées, vous pouvez utiliser un journal d’émotions/de pensées, pour poser ça et limiter leur interruption dans les tâches du quotidien. Pour l’aider avec l’hyperactivité physique, le sport ou autre activité physique est une bonne solution. Mais il faut prendre en compte que ça plaise à l’enfant !

Un enfant casse un crayon en deux

10. Tu n’avais pas de signe de TDAH avant, non ?

Soyons clairs, le TDAH ne se déclare pas du jour au lendemain. Mais le TDAH peut être plus visible dans d’autres situations. Un enfant TDAH qui aura été élevé dans un environnement où tout est fait pour lui sera complètement perdu quand il sera seul. Ça ne veut pas dire qu’il ne faut rien faire pour eux. Mais plutôt qu’un environnement facilitateur et un accompagnement vers l’autonomie doivent être mis en place, comme pour une personne neurotypique.

Quant aux adultes avec TDAH, il faut savoir que nombreux sont ceux qui « masquent » leurs symptômes. Certains tentent tant bien que mal de les cacher, de peur d’être jugé, rejeté, incompris. Et s’efforcent donc à un comportement neurotypique. Mais ce masque n’est pas facile à tenir. Et, quand il tombe, on peut être surpris de savoir que la personne à un TDAH. C’est un handicap invisible mais il faut éviter les jugements hâtifs, et surtout, laisser parler les personnes concernées.

>> À lire : Donner la parole aux premiers concernés

Que faire à la place ?

Comme pour le premier point, écoutez la personne. Comprenez ces problèmes, comment le TDAH l’impacte. Si la personne vous dit qu’elle a un TDAH, ce n’est pas pour demander de la pitié ou avoir de l’attention, c’est une demande d’aide, et il ne vous coûte rien de l’écouter.

Un homme est dans ses pensées. Une pile de livres est posée devant lui.

Avez-vous déjà entendu de telles phrases sur le TDAH ? Quelles sont les autres phrases qui vous énervent et que vous aimeriez ne plus entendre ? Dites le nous en commentaires ! 

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Infographie : 10 idées reçues sur le TDAH


10 idées reçues sur le TDAH

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