De l’anglais, voulant dire « s’épuiser », le burn-out est, selon la définition du dictionnaire Larousse, un syndrome d’épuisement professionnel caractérisé par une fatigue physique et psychique intense, générée par des sentiments d’impuissance et de désespoir. Issue du burn-out professionnel, le burn-out chez l’enfant est une notion assez récente. Néanmoins, ce syndrome touche de plus en plus d’enfants. En effet, en 2014, l’UNICEF dénonçait déjà le malaise grandissant des enfants et adolescents en France1 dans une grande étude dans laquelle, notamment, 45 % des 6-18 ans interrogés affirmaient « se sentir vraiment angoissés de ne pas réussir assez bien à l’école ». Dans cet article, nous vous donnons des pistes pour repérer un burn-out chez votre enfant et des conseils pour l’aider.

Quelles sont les causes ?

Nous vivons dans une société qui promeut le culte de la performance. Il faut toujours faire plus, faire mieux que l’autre… Pour certains enfants, cette pression est trop grande. Même si le stress n’est pas toujours mauvais et peut permettre de dépasser des situations problématiques, il peut aussi être dangereux lorsqu’il est présent trop souvent et en trop grande quantité.

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Les raisons du burn-out sont multiples chez l’enfant :

  • des exigences scolaires élevées avec une pression parentale ;
  • un besoin de perfectionnisme ;
  • un emploi du temps surchargé (activités scolaires et parascolaires) ;
  • un divorce des parents avec une perte de repères.

Les symptômes à surveiller

Souvent, les enfants victimes de burn-out sont des enfants consciencieux, qui s’appliquent à bien faire et veulent faire plaisir et rendre fier leur entourage. Ils sont perfectionnistes et très exigeants envers eux-mêmes.

Les symptômes du burn-out débutent souvent de façon progressive. Dans un premier temps, on remarque que les enfants sont fatigués, épuisés physiquement et tombent souvent malades. Ils sont plus facilement irritables et font des crises de colère. Puis s’installent une anxiété et une perte de motivation dans les activités. L’enfant a un sentiment d’échec permanent et perd confiance en lui. Malgré ces efforts, ces résultats scolaires chutent. Il a le sentiment de travailler, et de faire tout ce qu’il faut, mais la pression lui fait penser que ce n’est pas suffisant ou alors son anxiété grandissante l’empêche d’avoir accès à toutes ses fonctions cognitives.

Burn-out : un enfant découragé, fatigué.

Cela entraine un repli sur soi et des troubles du sommeil (insomnie, cauchemars, réveils nocturnes). Cela peut parfois aussi entrainer des troubles du comportement alimentaire. L’enfant est triste et pleure souvent. Son anxiété devient plus forte. L’enfant ne veut plus se rendre à l’école et rien que l’idée d’y aller l’angoisse fortement. Une phobie scolaire apparaît alors.

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Conseils : comment prévenir ?

D’un point de vue de parents, pour prévenir le burn-out chez l’enfant, il faut d’abord nous analyser nous-même. Quelles pressions mettons-nous sur notre enfant face à l’école et à l’avenir ? Est-il encouragé à dépasser ses camarades, à toujours faire mieux que les autres ? Cette comparaison avec les autres peut être mal vécu par les enfants et générer du stress. Il est donc important de laisser son enfant apprendre à son rythme.

Ensuite, il faut être vigilant sur les réactions de votre enfant. Comment réagit-il lorsqu’il se trompe, fait des erreurs ou a une mauvaise note ? Réagit-il de manière excessive ? Votre rôle dans ce cas, sera de le rassurer, lui redonner confiance et le rassurer sur ses capacités.

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En effet, faire des erreurs n’est pas synonyme d’échec. C’est en faisant des erreurs que nous apprenons ! Mais attention, il faut que cette erreur soit remarquée par l’apprenant et qu’elle ne soit pas sanctionnée afin de ne pas créer de stress, car le stress est un inhibiteur d’apprentissage. Alors on va plutôt utiliser la valorisation et les encouragements plutôt que les sanctions.

La peur de se tromper inhibe nos capacités. Catherine Gueguen2

>> À lire : Non, l’erreur n’est pas synonyme d’échec et ne doit pas lui être assimilée !

Les enseignants ont également un grand rôle à jouer, car le burn-out de l’enfant est souvent lié au domaine scolaire. En effet, une étude menée en 2014 dans un lycée suisse a mis en exergue que le facteur de stress ressentis par les adolescents est essentiellement lié aux valeurs de conformité, autrement dit le fait de se plier aux attentes des adultes (parents et/ou enseignants), suivi du stress lié au succès et à l’avenir. Passant beaucoup de temps avec les enfants, ils pourront être les premiers à déceler les signes du burn-out et alerter les parents et les professionnels compétents au sein de l’école.

Enseignante, enfant et parent.

Mon enfant présente des symptôme de burn-out, que faire ?

Il est important d’être attentif à l’état de santé physique et mental de son enfant et de consulter rapidement le médecin traitant ou le pédiatre de l’enfant dès les premiers signes de fatigue excessive. Sur les conseils de votre médecin, n’hésitez pas à mettre votre enfant aux repos quelques jours, voire semaines pour qu’il retrouve des forces et relâche la pression. Vous pouvez lui proposer des activités simples telles que se promener dans la nature, aller rendre visite à ses grands-parents, jouer seul ou en famille, cuisiner… On peut également proposer à l’enfant de faire des activités manuelles, comme du dessin, de la peinture, de la pâte à modeler, etc. Mais cette activité devra se réaliser sans avoir un but de création précis afin que l‘activité reste uniquement du plaisir sans pression.

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Activité méditation et respiration pour les enfants et jeunes adultes

S’il s’en capable, pourquoi ne pas faire une petite séance de sport (sans compétition bien sûr ;-)) ? Le sport, qui mobilise le souffle et la force musculaire, est un excellent antistress. En se dépensant physiquement, on libère des endorphines et on se sent mieux dans son corps et dans sa tête.

Pendant  cette période, évitez tout particulièrement de lui imposer des devoirs ou leçons et alléger le plus possible son emploi du temps. Dans certains cas, un suivi par un psychologue ou un pédopsychiatre s’avèrera nécessaire, n’hésitez pas à consulter si c’est le cas. La thérapie peut être longue afin de laisser le temps à l’enfant de se reconstruire et de retrouver la légèreté et l’insouciance caractéristiques de l’enfance.

 

Sources :
1. Adolescents en France : le grand malaise, Unicef, 22 septembre 2014
2. Catherine Gueguen, « Pour une enfance heureuse’’ e‘’Heureux d’apprendre à l’école ». Éditions Pocket

Burn-out chez l’enfant, Ooreka
Du stress au burn-out scolaire : définitions, déterminants pychosociaux, évaluation et pistes de prévention, A.Lebert-Charrona, E.Boujuta, M.Beaudoinb, B.Quintardb, sciencedirect.com, 8 mars 2019
Burn-out scolaire et pratiques éducatives : Facteurs de risque et de protection, mémoire professionnel, Mercedes Rodrigues et Joël Meylan, HEP Lausanne, juin 2017

Mathilde est coordonnatrice Tiers-Lieu chez Hop'Toys et rédactrice sur ce blog.

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